IT INTRODUCTION
où le patriotisme s’émoussait, où le respect des traditions militaires n'existait déjà plus qu'à titre de souvenir, l’on se plaît à s’arrêter quelques instants devant les héroiques défenseurs de la patrie.
Tous ces martyrs du devoir, qui soutinrent toujours la gloire de nos armes et accomplirent les plus beaux exploits de nos antiales militaires, méritent notre admiration nationale; mais, à notre avis, Montcalm est celui qui a ie plus de droits à notre souvenir, et nous croyons le moment venu de montrer à la postérité = qu’il fut et ce qu'il à toujours été «17 Là sa mort.
En accomplissant cette tâche, nous nous efforcerons de venger sa mémoire de l’indifférence que ses victoires, et sa mort même, rencontrèrent à la cour et parmi ses contemporains.
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utin- È t aC- na ri > nos à 1 mira- #4 lont- CHAPITRE PREMIER.
its à 6 Origines de la famille de Montcalm.
ment La terre de Candiac. qu'il # v’'à sa 4 N Sur les bords du Vistre, à trois kilomètres de la petite ville de Vauvert, chef-lieu de canton impor- | nous ltant du département du Gard, s'élève le château de : l'in Candiac. Construit en 1630 sur une terre assez étendue, et considérable encore, il y a quelques an- FAR * nées, par son revenu, ce château flanqué de quatre mises
ours carrées était autrefois entouré d’un village “ct d'une paroisse connus sous le nom de Saint-
Pierre. Le village et la paroisse ont disparu depuis longtemps; seul, le château est resté debout et #semble avoir défié le temps et les révolutions. Des 4 1
dépendances importantes forment avec le château un ensemble de constructions suffisant pour mériter le nom de hameau de Candiac qu'il porte généralement dans la contrée.
La terre de Candiac passa, en l’année 1494, dans le patrimoine de la famille de Montcalm. A cette époque, Marguerite de Joyeuse, fille de Louis IT du nom, baron de Joyeuse, devenue veuve de Jean le Forestier, mort sans enfants, et duquel elle avait reçu les terres de Vauvert, de Marguerittes et de Candiac, épousa en secondes noces Gaillardet de Montcalm, maître d'hôtel des rois Charles VIIT et et Louis XIT, bailli de Gévaudan, gouverneur de Marvéjols, et comme elle n’en eut point d’enfants, elle lui donna, le 15 avril de l’an 1500, avec la terre de Candiac, celles de Vauvert et de Marguerittes.
Gaillardet de Montcalm acquit, en 1503, la portion que possédait Jean de Blauzac sur la terre de Candiac, et en fit hériter son neveu Jean II de
Montcalm, seigneur de Sainvéran et de Tournemire. Le parlement de Toulouse, saisi de la réclamation et des prétentions formulées par la maison de Lévis et basées sur un droit de substitution audit héritage, enleva à Montcalm les terres de Vauvert et de Marguerittes, mais lui assura, définitivement,
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la possession de la terre de Candiac. Aussi voyonsnous, depuis, la terre et le château de Candiac se transmettre sans interruption aux héritiers de Jean de Montcalm (1).
Bientôt au titre de seigneur de Candiac la famille de Montcalm put joindre, grâce à des allances, des faveurs ou des héritages, ceux de seigneurs de Sainveran, Tournemire, Cornus, Gabriac et tant d’autres. Elle forma alors plusieurs branches, et à côté de Montcalm-Gozon on vit la branche des seigneurs de Montcalm-Sainvéran et celle des seigneurs de Montclus.
Il est inutile d’esquisser la généalogie de cette grande famille; ces détails n’ont rien à faire dans le sujet qui nous occupe et seraient de nature, peut-être, à ralentir l'intérêt de l’œuvre que nous entreprenons d'écrire. Qu'il suffise de savoir que la famille de Montcalm est issue du Rouergue, qu'une grande illustration s'attache à ce nom bien connu et noblement porté.
Nous savons, en effet, par les Mémoires de Rohan, que le seigneur de Candiac fut l’intermédiaire choisi par ce duc pour négocier les condi-
(1) Ménard, Histoire de Nîmes, t. VILLE, p. 623.
si tions de la paix de 1629, connue dans l’histoire sous le nom de paix d’'Alais (1).
C'était, à coup sûr, un grand honneur pour la famille de Montcalm, qui comptait parmi les meilleures et les plus anciennes maisons nobles de nos provinces méridionales. L’on rapporte également que l’un des aïeux maternels de Montcalm, Dieudonné de Gozon, étant chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, s’illustra en délivrant, au quatorzième siècle, l’île de Rhodes d’un dragon affreux qui la dévastait depuis longtemps.
Ce trait de courage lui valut la grande maïtrise de l’ordre lorsqu'elle vint à vaquer (2). Sa famille s’éteignit dans celle de Montcalm, au seizième siècle, et c’est depuis cette époque que cette dernière ajouta à son nom celui de Gozon.
C’est dans cette famille déjà glorieuse par tant de titres et de personnages, si digne en quelque sorte de le recevoir, que naquit le marquis Louis- Joseph de Montcalm de Sainveran, le dimanche 28 février 1712, au château de Candiac.
Nous sommes heureux de reproduire ici, en lui
(1) Mémoires du duc de Rohan. — Documents originaux et inédits contenus dans le Bulletin de la Société de l'Histoire du pro-
testantisme français.
(2) De Vertot, Histoire des chevaliers de Saint-Jean.
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conservant sa forme et son originalité, l’acte de naissance de Montcalm, complètement inédit :
« L’an mil sept cens douze et le sixiesme Mars, Toseph Louis de Montcalm, fils de M" Louis Daniel de Montcalm, S5' de St-Véran et austres lieux, et de dame Marie Thérèse de Castellane, a esté baptisé dans l’église de Vauvert, estant né le vingt-huitiesme du mois dernier. Son parrein a esté M°° Joseph Mathias de Castellane, marquis d’Ampus, sa marreine madame Marie de Guillaumont, dame de Vaux. Présens Louis Saporta et M" Joseph François de Castellane soussignés, avec Messieurs le père, le parrein et M"°la marreine, par moi Vincens, curé.
« ViNGENS, curé, ST-CHATTES, SAINVÉRAN, « CASTELLANE D'AMPUS, M. DE Guic- & LAUMONT, CASTELLANE D'AMPUS, SA- « PORTA, Signés (1). »
(1) Archives communales de la ville de Vauvert (Gard), reg. G.