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2. Près du yillage de Stadaconé (aujourd'hai Québec), où régnait le grand chef lauvage Donacona, qui accueillit cordialement les nouveaux venus.
hiver *nage, son équipage ayant été décimé par le scorbut, il se vit obligé de retourner en France, de bonne heure, le printemps suivant.
Les premières tentatives qui furent faites pour coloniser le Canada^ ou la Nouvelle-France^ comme on appelait alors indistinctement l'immense territoire dont Jacques Cartier venait de doter la France, échouèrent complètement et celles qui suivirent ne réussirent jamais qu'à demi. Aussi, pendant près de deux siècles le développement de la population y fut-il à peu près nul. Dès 4541, François I" avait pensé à fonder une colonie dans le Nouveau- Mpnde. M. de Roberval, nommé lieutenant-général du roi pour les nouvelles possessions, avait été chargé d'en jeter les premiers fondements. Jacques Cartier, choisi pour diriger cette expédition, partit en avant le 23 mai 1541, avec cinq vaisseaux de quatre cents tonneaux chacun, munis de provisions pour deux ans, avec l'intention d'hiverner au Canada. Mais, malgré les précautions qu'il avait pu prendre, ses équipages ayant autant souffert que pendant l'hiver de 1535-36, il résolut de retourner en France dès le printemps venu, sans attendre l'arrivée de M. de Roberval. Chemin faisant, dans les parages de Terre-Neuve, il rencontra ce dernier quij parti de la Rochelle le 16 avril, venait le rejoindre avec trois vaisseaux, portant 200 émigrants et accompagné d'un certain nombre de gentilshommes. N'ayant pu réussir à persuader- à Cartier de revenir avec lui, M. de Roberval continua sa route et vint atterrir à Charlesbourg. L'hiver fut fatal au nouvel établissement, qui, dans l'espace de quelques mois, perdit près du tiers de ses membres.
Sur ces entrefaites, la guerre s'étant rallumée entre François P' et Charles-Quint, au lieu des renforts qu'il attendait, M. de Roberval reçut l'ordre de revenir en France et d'y ramener ses compagnons.
1. On a beaucoup discuté sur rorigine du mot Canada sans jamais pouvoir tomber d'accord.
Après la conclusion de la paix, M. de Roberval reprit^ avec Tassentiment de Henri II, qui venait de succéder à son père, ses projets de colonisation du Canada. Accompagné de son frère, il se remit, en 1549, à la tête d'une nouvelle expédition, qui dut périr en mer, car on n'en eut jamais de nouvelles. Le Canada resta oublié pendant le demi-siècle qui suivit celte catastrophe *.
Au commencement du xvi* siècle une société commerciale fondée à Rouen et patronnée par le commandeur de Chastes, gouverneur de Dieppe, obtint le privilège exclusif pour la traite des pelleteries dans le nord de l'Amérique, à la condition de coloniser le territoire.
Les associés dirigèrent vers le Canada une nouvelle expédition commandée par Pont-Gravé, pour continuer les découvertes de Jacques Cartier et fonder des établissements dans le pays. A l'expédition était attaché un navigateur déjà célèbre, nommé Samuel de Champlain, protégé par le roi Henri IV.
Le vaisseau partit de Honfleur le 15 mars 1603 et aborda à Tadousac sur le Saint-Laurent, au confluent de ce fleuve et du Saguenay. Les deux chefs de l'expédition remontèrent ensuite jusqu'au sault Saint-Louis où Jacques Cartier s'était arrêté, et ils pénétrèrent assez avant dans l'intérieur des terres. Champlain dressa une carte des lieux qu'il avait visités, et rentré en France il publia le récit de son voyage. Henri IV, qui prenait à ces découvertes un intérêt croissant, encouragea la compagnie des associés de Rouen et accorda à son agent le sieur de Monts le titre de «: lieutenant-général du roi en la Nouvelle-France ».
De Monts, emmenant Champlain comme « géographe du roi >, s'embarqua au Havre et le 6 mai 1604 son navire jeta l'ancre sur les rivages de l'Acadie au sud du Saint-Laurent, où l'on pensait trouver un climat moins rigoureux que celui du Canada.
Champlain resta trois ans en Acadie, dont il explora les
1. Tout ce qa*on vient de lire est extrait de la Notice historique sur le Canada par M. Paul de Gazes.
côtes et l'intérieur. C'est pendant ce temps que la colonie de Port-Royal (aujourd'hui Anapolis) fut fondée.
De retour en France^ en 1607, Champlaîn repartit de nouveau Tannée suivante, cette fois comme chef de l'expédition, et, poursuivant ses premiers projets, il remonta le Saint-Laurent avec deux navires. Devant l'ancien village de Stadaconé, dont il avait apprécié la situation incomparable, il débarqua avec tous ses gens, s'établit à terre et fit élever les premières maisons de la ville de Québec^. Dès lors l'installation des Français en Canada fut définitive.
1. Comme sur le sens du mot Canada, on a beaucoup controversé sur rétymologie de Québec, Ce nom paraît venir du mot KebeCj qu dans la langue des sauvages signifie : rétrécissement d£s eaux. — En effet, au pied du promontoire de Québec le Saint-Laurent se trouve subitement resserré par le rivage.