‹ Montcalm et le Canada françaisChapitre 37 sur 39 · hQ mille ai(glai&- équivaut à 1,609 mètres 4 dépimètreii · texte numérisé non relu

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APPENDICe* 181

Moïsic, dont l'embouchure est près des Sept-TIes, le Manitou, à mi-distance entre Sept-Iles et Mingan, le Saint-Jean et le Nitigamiou vers le détroit de Belle-Isle ; au sud, le Chambly, le Saint-François et la rivière de la Chaudière.

Lacs. — Le lac Témiscaming, Traverse par TOutaouais; le lac Abbitibbi, dont les eaux coulent v ers la baie d'Hudson ; le lac Sain! -Jean, qui reçoit les eaux de sept grandes rivières et les déverse dans le Saguenay : le lac Champlain, situé presque entièrement entre les Etats de New- York et de Yeriiiont, et dont la partie comprise dans la province de Québec s'appelle la baie de Missiskoui; le lac Memphrémagog et le lac Méganlic, sur la. frontière du sud-est ; les lacs Long, Témiscouata, Métis et Matapédiac^ dans les comtés de Témiscouata et de Rimouski; le lac des Deux-Montagnes, embouchure de TOutaouais; les lacs Saint-Louis, Saint-François, Saint-Pierre, qui sont autant d'élargissements du fleuve Saint-Laurent, et une foule d'autres.

Iles. — Les principales sont : l'île de Montréal, située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de l'Outaouais, longue de 34 milles et large de 11; l'île Jésus, séparée de celle de Montréal par un chenal qu'on nomme la rivière des Prairies, longue de 22 milles et large de 6; l'île d'Orléans, située dans le fleuve, à 3 milles et demi de Québec, longue de 19 milles, large de 5, qui renferme cinq petites paroisses; enfin, l'île d'Anticosti, si" tuée à l'embouchure du fleuve, longue de 140 milles et large de 35.

Canaux. — Le canal Beauhamois, entre le lac Saint- François et le lac Saint-Louis, le canal Lachine, sur l'île de Montréal, vis-à-vis le rapide Saint-Louis. Le canal Chambly et les autres travaux exécutés sur le Richelieu font communiquer le Saint-Laurent et le lac Champlain, et, par suite, Montréal , Québec et New-York; le canal Grenville, commun aux deux provinces, rend l'Outaouais navigable jusqu'à la ren/cAutra du canal Rideau à Ottawa.

Climat f sol et productions. — La province de Québec es( exposée à un long hiver, el, pendant quelques jours sea. lement, à des chaleurs extrêmes. Personne n'ignore combien il est commun, au Canada, de voir arriver les changements de temps après trois jours consécutifs de pluie, de froid, de chaleur, etc. Malgré ces brusques variations de la température, on peut dire qu'il n'y a guère en Amérique de pays dont les saisons soient plus salubres ou plus agréables. Le sol est généralement fertile en froment, en seigle, en avoine, en sarrazin, en toutes sortes de légumes. Parmi les arbres fruitiers, les plus communs, sont les pommiers, les pruniers: les cerisiers, les noyers, etc*

A Montréal on a d'excellentes poires et le 'raisin franc. Les melons, les courges, les concombres, se voient dans la plupart des jardins. Les arbustes à baies remplissent les bois et les savanes. Les forêts renferment encore d'immenses richesses, les lacs et les rivières abondent en poissons d'eau douce ; vers le golfe, on a la morue, le hareng, le maque reau, etc.

Mines. — La vallée de la Chaudière renferme de l'or en assez grande abondance; on rencontre le cuivre dans les cantons de l'est, surtout à Acton ; le fer des meilleures qualités abonde dans les montagnes du nord, dans les vallées du Saint-Maurice et de la rivière Bastican, à la baie Saint-Paul, dans les cantons du sud-est.

La rivière Moïsic possède les plus vastes et les plus •riches gisements de fer magnétique que l'on connaisse.

Commerce *. — Traversée d'une extrémité à l'autre par le Saint-Laurent, que plusieurs vastes canaux rendent désormais navigable jusqu'au fond du lac Michigan, et jus-: qu'à la tête du lac Supérieur, sillonnée par des lignes de i chemins de fer qui se rattachent aux grandes voies ferrées

1. Au point de vue commercial, nous renvoyons le lecteur à la dernière édition des Notes sur le Canada^ publiée en 1880 à Québec par M. Paul de Gazes. En dehors des indications commerciales, la notice de M. de Gazes abonde en renseignements de toute nature sur la confédération canadienne. Nous y avons fait des emprunts dont le lecteur nous saura gré.

de la confédération', riche en productions naturelles; partie intégrante d'un empire dont les flottes sillonnent toutes les mers et visitent toutes les terres du globe, la province de Québec, de même que celle d'Ontario, offre d'immenses facilités aux échanges avec les autres pays. Les principaux articles d'importation sont : les tissus de coton, de laine, de soie, de lin, les articles de modes.

Les exportations se composent des articles suivants : bois de construction ; madriers, douves, etc. ; blé, pois, orge, avoine et farines ; vaisseaux neufs; potasse ; lard et bœuf salé ; poisson et huile ; pelleteries ; animaux, beurre, saindoux, biscuit, etc.

Québec et Montréal sont les deux principaux ports d'entrée et les deux grands centres commerciaux de la province.

Industrie. — L'attention du pays parait se tourner sérieusement vers les moyens de développer ses ressources industrielles. Parmi les manufactures en grand, nous pouvons citer avec éloge les superbes fonderies des trois villes de Québec, des Trois-Rivières et de Montréal ; les filatures de Chambly et de Sherbrooke ; les moulins à papier de Portneuf et de Sheribrooke et le Valleyfield; les tanneries de Montréal et de Québec; les machines à clous, à cadres, la province de Québec compte aussi environ deux cents fabriques de fromage el de beurre et des manufactures de sucre de betterave, etc.

Agriculture. — Cette grande et noble occupation, seule base de la prospérité des peuples, est pratiquée par la très grande majorité des habitants de la province. Ils n'ont cessé d'y trouver, non seulement une honnête subsistance, mais encore les moyens d'entretenir les importantes rela* tiens commerciales dont nous venons de parier. La fertilité du sol et l'immense étendue des forêts promettent à la

1 . Parmi ces ^andes voies il faat citer le Grand Padftqiie Canadien actuellement en construction, le futur rival du célèbre Raikuay Pacific qui, à travers les États-Unis, unit les deux océans. La longueur du chemin de fer canadien, de Itfontréal, point de départ, à Temboachure de la rivière Fraser sur Tocéan Pacifique, sera de 4302 kilomètres.

génération naissante le même bien-être matériel et moral, pourvu qu'en améliorant la culture des terres anciennes elle se hâte de saisir et de faire valoir le riche héritage qui lui est légué par la Providence en défrichant les forêts vierges. Depuis quelques années un élan nouveau a été acquis à l'agriculture, notamment sur les rives du Saguenay et autour du lac Saint-Jean. Un grand avenir paraît réservé à ces régions jusqu'ici à peine exploitées ^

Villes. — Québec, place militaire de premier rang, principal centre du commerce maritime, siège du gouvernement local, d'un archevêché et d'une université catholiques, est situé au confluent du fleuve Saint- Laurent et de la rivière Saint- Charles, sur le penchant d'un promontoire appelé Cap-Diamant. La Haute-Ville s'élève majestueusement en forme d'amphithéâtre au-dessus du fleuve et des campagnes voisines, présentant de tous côtés les plus beaux points de vue qu'il soit possible d'imaginer. La Basse-Ville est construite presque entièrement sur un terrain que baignaient autrefois les eaux du fleuve. C'est â sa situatix)n exceptionnelle, et aux sites pittoresques des lieux d'alentour, que Québec doit cet ensemble de beautés qui le place au rang des plus agréables villes du monde, et ne lui laisse peut-être d'autre rivale que la ville de Naples. Sa vieille enceinte bastionnée, ses maisons généralement mal bâties, ses rues mal pavées, courtes, étroites, qui courent irrégulières et sans ordre, la distinguent entre toutes les villes d'Amérique, et lui donnent ce cachet d'antiquité qui rappelle les vieilles cités européennes. Puissamment défendu, par la nature, Québec ne l'est pas moins par sa citadelle dont les ouvrages immenses excitent l'admiration de tous les étrangers. Population 62 446 âmes en 1881.

La rade de Québec est sûre, commode, et assez vaste pour contenir les flottes les plus nombreuses.

!• Si le lecteur veut se rendre compte du développement vraiment prodigieux de l'agriculture dans ces régions, nous rengageons à consulter le volume si intéressant que vient de publier M. Arthur Buies : Le Saguenay et la vallée du tac Saint-Jean, étude historique, géographique, industrielle et agricole. — Québec, 1880.

Montréal (autrefois Ville-Marie) y fondé en 1642, sur la côte méridionale de l'Ile Montréali au pied d'une petite montagne qui lui a valu son nom, est la ville la plus peuplée de l'Amérique anglaise, le principal dépôt des marchandises importées de la Grande-Bretagne, le centre du commerce intérieur des deux provinces d'Ontario et de Québec. Ces avantages^ elle les doit à sa position, à la tète de la navigation transatlantique, à la facilité des communications avec le lac Ontario, les bords de l'Outaouais, le lac Ghamplain et toutes les parties d'un grand et fertile district agricole ; — plus encore peut-être au zèle et à l'activité de ses citoyens et aux progrès toujours croissants de son industrie. Il y a une foule de puissantes compagnies commerciales et de fondations charitables, des sociétés de littérature, d'histoire naturelle, d'agriculture, d'arts mécaniques, d'éducation, etc., etc. Les édifices publics, les quais, l'entrée du canal Lachine et de la plupart des maisons sont en pierre de tailles tirées des superbes carrières de la montagne. La population était de 140 747 en 1881.

La ville des Trois-Rivières, après Québec la plus ancienne du pays, est agréablement située sur la rive nord du fleuve, à l'embouchure du Saint-Maurice, qui se jette dans le Saint- Laurent par trois bouches différentes, circonstance qui a valu à la ville le nom qu'elle porte. La position des Trois-Rivières, peu avantageuse pour le commerce intérieur, fait qu'elle augmente beaucoup moins rapidement que les autres villes. Elle possède un évéché, et un collège pour les études classiques. Les célèbres mines et forges de Saint-Maurice, situées à 3 lieues de la ville, sont exploitées depuis deux siècles. Population, 9296 habitants, en 1881 •

La petite ville de Lévis, vis-à-vis de Québec. Population 7597 habitants.

Il y a un bon nombre d'autres localités qui mériteraient une description particulière, si les bornes de cet abrégé le pouvaient permettre.

Gouvernement de la province. — Son siège est à Québec. Gè gouvernement se compose d'un lieutenant-gouverneur

nommé pour cinq ans par le gouverneur-général du Canada en conseil, d'un conseil exécutif de 7 membres, d'un conseil législatif de 24 membres nommés à vie, et d'une assemblée législative de 65 membres élus tous les 5 ans par un suffrage limité.

Législation civile. — C'est sur l'interprétation des Coutumes de Pam, dont nous avons parlé au commencement de cet ouvrage, que les tribunaux appuyèrent toujours la jurisprudence civile du Canada français jusqu'en 4866. A cette époque, les lois en vigueur dans le Bas-Canada, après avoir été soigneusement condensées par un comité composé de savants légistes, furent publiées sous le titre de Code civil du Bas-Canada. Ce code renferme, à peu de chose près, les dispositions du code civil français. Devant toutes les cours de justice de la province de Québec, l'avocat comme le plaideur peuvent user de leur langue maternelle.

Éducation publique^.

Écoles supérieures ou universités. — Trois universités ont le pouvoir, en vertu de chartes royales, de conférer les degrés pour les sciences et les lettres : l'université catholique Laval à Québec (avec une succursale à Montréal) et les universités protestantes M*^ Gill à Montréal et Bishop's collège à Lennoxville.

Écoles secondaires. — Se composent de 26 collèges classiques et 13 collèges industriels, et 204 académies, la plupart pour les filles.

Écoles normales. — Sont au nombre de 3.

Ecoles spéciales. — On en compte 17, et elles comprennent 2 écoles des sciences appliquées aux arts, 12 écoles des arts et manufactures, un institut des aveugles, 3 instituts des sourds-muets.

1. Nous ne saurions trop engag;er le lecteur, curieux de se rendre compte du développement extraordinaire de l'instruction publique au Canada, et en particulier dans la province de Québec, à consulter le livre publié sur ce sujet en 1876 par M.Ghauveau, ancien ministre de llnstruction publique dans la province de Québec, Tun des écrivains canadiens dont le talent fait le plus d*hoaneur aux lettres françaises.

Ecoles primaires. — Elles se divisent en deux sections : les écoles primaires supérieures et les écoles élémentaires ; les premières sont au nombre de 365 et les secondes au nombre de 4159.

Le système de l'enseignement primaire franco-canadien a été reconnu et proclamé à la grande exposition de Paris en 1878 comme l'un des plus parfaits en vigueur dans le monde entier.

On peut dire que l'instruction est obligatoire, en ce sens que chaque père de famille est tenu de payer une certaine contribution annuelle affectée au soutien des écoles de son canton, pour chacun de ses enfants âgés de 7 à 14 ans, qu'ils suivent ou ne suivent pas les classes.

Sans entrer dans des détails d'organisation, nous ajouterons que la province est divisée en municipalités scolaires dont chacune est régie par cinq commissaires d'écoles. Mais quand une localité compte un certain nombre de familles qui ne partagent pas les croyances religieuses de la majorité des habitants, ces familles ont le droit d'avoir pour leurs enfants des écoles séparées, qui sont contrôlées par trois syndics. Chacune reçoit alors du gouvernement une subvention proportionnée au nombre des écoliers.

Ce dualisme est le corollaire du dualisme des religions et des nationalités qui se partagent ce pays. L'État protège également le Français et l'Anglais, et partant les deux croyances religieuses. Les deux corps de commissaires et de syndics représentent le peuple : ils administrent, suivant la loi, chacun pour ceux dont ils sont les mandataires; donc pas de conflit de religion ni de nationalité.

Le tableau suivant donne pour l'année scolaire 1878- 18791e chiffre exact des maisons d'éducation ou écoles, des professeurs, instituteurs ou institutrices qui les dirigent, et des élèves qui les fréquentent, de chacune des grandes divisions qui constituent î'élat scolaire de la province de Québec.

Étant admis que le chiffre de la population de la province soit aujourd'hui de 1 256000âmes^ on trouve qu'il y a 1 élève par 5,5 habitants environ.

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