MONUMENT DE MONTCALM ET DE WOLFE, A QUÉBEC
C'était, avec sa dette, payer celle de la France, où pas une pierre ne garde le souvenir de Louis de Montcalm.
L'homme de guerre assez brave pour recevoir cinq blessures le même jour, le général qui calmait par sa parole la sédition de ses soldats affamés et rempor-
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tait avec eux la victoire de Carillon, avait atteint « le orand »; 1] touchait à la gloire, la mort l’arrêta en chemin, et il n’est demeuré que le martyr de l’honneur national. Est-ce assez pour le serviteur fidèle qui, voué par son pays à la mort, ne laissa échapper contre lui ni plainte, ni murmure expirant ainsi sans reproche, comme il avait vécu sans peur ?
Si la France n’éleve des statues qu’aux victorieux, elle devait au moins à Montcalm un tombeau. Les Canadiens s’en sont souvenus pour elle. Essayez de chasser de l’histoire la poésie, il y a une place d’où l’on ne peut la bannir, c’est le cœur de l’homme : Montcalm tombant sous les murs de Québec est resté et restera, pour le peuple qui fut vaincu avec lui, comme le dernier défenseur, corame le dernier ami. Dans cette victime chevaleresque, les Canadiens n’ont pas cessé de voir l’image de la patrie perdue, de leur pauvre France, à qui l’on pardonne beaucoup, parce qu’elle a beaucoup aimé. Le tombeau que la mérepatrie devait à son héroïque représentant a été élevé par souscription nationale des habitants de Québec et béni le 14 septembre 1859, anniversaire centenaire de la mort du vaincu. La Nouvelle-France et Montcalm; le malheur avait autrefois uni ces deux noms, l’histoire ne les séparera jamais.
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