‹ Montcalm et le Canada français [microforme]Chapitre 57 sur 62 · INSTITUTIONS. PROFESSEURS ÉLÈVES · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS. PROFESSEURS ÉLÈVES

Population et Religion. — Suivant le recensement de 1881, la province de Québec contient 1 3590927 habitants, classés comme suit, savoir : d’origine française, 1073820; anglaise, 81515; irlandaise, 193 149; écossaise, 54 9923 ; allemande, 8 048. Il ya 515 sauvages. Le reste est d’origines diverses.

D’après les religions, la population est divisée comme suit : Catholiques, 1 170 718; église d'Angleterre, 68 797; méthodistes, 39 221 ; : presbytériens, 00 287; juifs, 989; le reste appartient à divers cultes.

La population de la province a augmenté de 247461 âmes depuis le recensement de 1871.

Sauvages du Bas-Canada.—Les principales nations sauvages qui habitent encore le Bas-Canada sont les [roquois, les Algonquins, les Abénakis, les Nippissingues, les Hurons, les Micmacs, et les Montagnais. Les [roquois sont réunis en village au Sault-Saint-Louis, et à Saint-Régis, sur la frontière des États-Unis; les Algonquins avec les Iroquois et les Nippissingues, au lac des Deux-Montagnes; les Abénakis, à Saint-François, près du lac Saint-Pierre, et à Bécancour ; les Hurons, à Lorette, près de Québec; les Micmacs, avec quelques familles de Malécites et d'Abénakis, à Ristigouche, vers l’entrée de la rivière de ce nom, à Cascapédiac, etc. Il y a aussi une centaine d’Algonquins dans le voisinage de Trois-Rivières. Les Montagnais n’ont point de séjour fixe et ils errent au loin dans les montagnes du nord, vivantuniquement de chasse et de pêche. Ils viennent traiter

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avec les blancs aux postes situés à l'embouchure des principales rivières de la côte nord-est. D’autres tribus, ou restes de tribus, sont les Petits-Esquimaux, les Naskapis (Montagnais), les Têtes-de-Boule, les Warmontashings, etc. Ceux qui sont réunis en village ont des champs de blé d'Inde, de froment, de légumes, etc., et quelques animaux; mais une grande partie de leur temps est employée à la chasse et à la pêche. Ils ont des églises, et des missionnaires demeurent avec eux ou les visitent régulièrement!

1. A proprement parler, il n’y a plus guère de sauvages aujourd’hui dans les possessions de l'Amérique du Nord, si ce n’est dans la Colombie anglaise, le Manitoba et le pays de la baie d'Hudson, où on en compte encore environ 80 000. En contaït avec la civilisation, cette race disparaît tous les jours, avec une rapidité remarquable, sans qu’on puisse découvrir la loi physique qui condamne à l’annihilation les descendants de tant de nombreuses tribus.

Les Peaux-Rouges du Canada n’ont pas à se plaindre pourtant des vexations et des violences auxquelles on a pu attribuer leur dégénérescence en d’autres pays, dans les États-Unis, par exemple, les derniers débris des peuplades vivant sous la direction de leurs chefs, sur des territoires dont la propriété leur est garantie par des traités toujours observés. Ils ne peuvent pas non plus se plaindre d’être trop à l’étroit: leurs territoires sont immenses et la plus grande partie, encore inexploitée, leur est ouverte pour la chasse et la pêche.

Néanmoins, là comme ailleurs, la disparition s’accélère, et l’on peut calculer le jour où mourra le dernier rejeton de cette race infortunée,

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