SCENE I
Le gouverneur se lève et s'approche de Lévis, debout à la gauche de Madame la Marquise de Vaudreuil.
Dites-moi, Lévis, le marquis de Montcalm est-1l malade? Il n’est pas encore arrivé.
LEVIS
Non, M. le gouverneur, je l’ai vu ce matin bien portant.
VAUDREUIL
Tout le monde s’informe de lui, et demande à le voir.
LEVIS
Ah! c’est qu’on l’admire beaucoup, depuis son brillant
fait d'armes de Chouaguen. On ne parle que de lui. VAUDREUIL
Je n’en doute pas. J’ai été d'autant plus heureux du succès de cette expédition, que c’est moi qui l’ai proposée, et presqu'imposée à M. de Montcalm.
DE LAPAUZE qui Se lient près de Lévis.
En tout cas, M. le gouverneur, il est fort heureux que vous ayez trouvé un général comme M. de Montcalm pour exécuter votre projet. |
VAUDREUIL paraît un peu piqué.
Oui, sans doute, et je lui rends justice.
DE LAPAUZE
Grâce à Dieu, M. le gouverneur, ils sont passés, les jours néfastes de Dieskau. Son humiliante défaite planait encore sur l’avenir de la Nouvelle-France comme un nuage sombre. Le bel exploit de M. de Montcalm a produit l’effet d’un orage électrique; 1l a dissipé l’ombre et purifié l'air.
M. DE VAUDREUIL S’éloigne. BOURLAMAQUE s'approche, et dit à part :
Bravo, Lapauze!
LAPAUZE continue, en s'adressant à quelques autres officiers :
Je dis.ce que je pense.