‹ Montcalm et LévisChapitre 68 sur 111 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

JOHNSTONE

Ne craignez-vous pas une descente au Foulon!

Il y a là un poste qui veille. Et les batteries de Samos et de Sillery ne sommeillent pas, j'espère. Il y a de plus le régiment de Guienne qui a reçu l’ordre de s’avancer sur les hauteurs d'Abraham, et même de descendre jusqu’au Foulon. Avec ces précautions de notre part, Wolfe ne commettrait pas l’imprudence de venir se placer entre Bougainville et moi.

JOHNSTONE

S'il l’osait pourtant!

Ce serait un coup d’audace; mais 1l n’aurait pas le temps de ranger ses troupes que je tomberais dessus avec l'artillerie. Bougainville, au bruit de la canonnade, accourrait avec ses deux mille hommes, et Wolfe serait écrasé entre deux feux. Il est vrai que le gouverneur vient tous les jours contrecarrer mes ordres, et qu’on ne les exécute souvent qu’à moitié. Mais enfin 1l me semble que toutes les mesures sont prises pour rendre une surprise impossible.

JOIINSTONE

Vous avez raison.

Je le crois, et cependant, je vous l’avoue, je ne suis pas rassuré. On ne raisonne pas avec les pressentiments. Sans savoir pourquoi, je me sens attristé, comme si quelque mystère de malheur m’enveloppait.

JOTINSTONE

Le Dieu des batailles s’est toujours déclaré pour vous, depuis que vous commandez les troupes du Canada.

Oui, mais il peut changer de côté. Les deux Frances se montrent-elles bien dignes de ses faveurs!

Ah!Je voudrais bien avoir Lévis près de moi. C’est un malheur qu’il ait fallu l’envoyer à Montréal. Et Bourlamaque, mon grand artilleur, éloigné aussi. Sans eux, je suis borgne et manchot...

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