‹ Montcalm et LévisChapitre 9 sur 111 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

j'espère que les Anglais ne l’ont pas brûlée comme la Vierge de Domrémy.

LEVIS

Oh! non. Elle s’est mariée, et elle a eu beaucoup d'enfants. Nous ferons certainement connaissance avec plusieurs de ses descendants.

LOUIS

C’est une histoire admirable. Et vous, M. de Lévis, - cela vous plaît d’aller au Canada!

LEVIS

Beaucoup. Traverser les mers, parcourir les forêts vierges, sillonner les grands lacs et les fleuves, guerroyer l’été, s’amuser l’hiver; c’est une vie que j'aimerai.

LA MARQUISE DE MONTCALM

Je comprends cela pour un célibataire, mais s’en aller guerroyer s1 loin quand on est père de famille!

Ah! ma chère amie, c’est la patrie qui demande ce sacrifice. Le Canada est au bout du monde, c’est vrai, mais c’est encore la France, et c’est elle qu’il faut servir

pour la rendre toujours plus grande et plus glorieuse.

Le palefrenier entre et dit :

Général, les chevaux sont sellés.

C’est l’heure, il faut partir. Allons mère, allons Louise, il faut nous dire adieu, ou plutôt au revoir.

Montcalm embrasse sa mère, son épouse, ses enfants et sort suivi

de Bourlamaque et de Levis. Madame de Saint-Véran s'est levée, et accompagne son fils jusqu'à la porte avec les enfants. La Marquise de Montcalm s'est laissée tomber dans un fauteuil et sanglotte.

MADAME DE SAINT-VERAN revient vers elle et lui dit :

Soyons fortes, ma fille, et souvenons-nous du Dieu du Calvaire. Des femmes chrétiennes ne doivent pas être moins courageuse que ne le furent tant de matronnes romaines qui croyaient en Jupiter. Courage ma fille.

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