‹ Montcalm et LévisChapitre 92 sur 111 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Dans l’autre chambre, la discussion continue.

FIEDMOND

Alors, tout est perdu?

VAUDREUIL

Non, mais tout est ajourné.

FIEDMOND

Ajourné! quand l'ennemi vainqueur se retranche à nos portes! Et l’armée, qu’en faites-vous!

VAUDREUIL

Elle est dispersée. Il faudra quelques jours pour la rallier, et 1l est probable que nous rassemblerons nos forces à Jacques-Cartier, en attendant Lévis.

FIEDMOND

Et dans l'intervalle, vous allez capituler! Ouvrir les portes aux Anglais! Et c’est nous qui serons obligés d’assiéger Québec! C’est lamentable. Et c’est tout ce que vous croyez pouvoir faire.

BIGOT éclatant de rire.

Vous n’y entendez rien, Fiedmond, c’est un trait de génie!

Vous n’avez pas le droit de rire, Monsieur Bigot,

car cette situation est votre œuvre. Quand vos criminelles spéculations ont affamé notre ville, il faut bien en sortir, misérable! |

BIGOT

Vous me rendrez compte de vos injures.

VAUDREUIL

Quand vous voudrez. Et si vous en voulez une autre, vous êtes un voleur!

BIGOT

Et vous, un assassin; car c’est vous qui avez tué Montcalm.

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