‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 109 sur 109 · DE LERY · texte numérisé non relu

DE LERY

Mais ne croyez- VOUS pas que la science de la guerre est moins nécessaire ici qu'en Europe?

BOURLAMAQUE

Ecoutez, mon ami, moi, je suis un homme de guerre, et vous ne me ferez pas admettre qu'il y a des pays où l'art militaire est inutile.

DE VILLIERS

Non, mais dans un pays comme le nôtre, il y a des opérations militaires que les Canadiens et les sauvages accomplissent, et que les troupes régulières ne sauraient pas faire.

BOUGAINVILLE

Une chose certaine, mes chers amis, c'est que la vie est bien dure dans votre beau pays, et nulle part nous n'avons tant souffert des rigueurs du climat, des longs et pénibles' voyages, des fatigues de toute sorte, et même de la nourriture. Nous conamençons à nous lasser de manger du cheval et de la soupe aux pois.

DE VnXIERS

La vie des Canadiens n'est pas moins dure que la vôtre. S'il y a un poste dangereux à garder, c'est là qu'on nous envoie. Et les expéditions d'hiver, au milieu des bois, sur les rivières glacées, avec des partis de sauvages, c'est nous qui les faisons, pendant que vous vous amusez dans vos quartiers d'hiver.

BOUC» Ai s i ii.i.r.

Vos misères ne soulagent pas les nôtres. Et puis, vous ôtes chez vousi C'est votre pays que vous défendez.

DE VILUER8

C'est la France que nous défendons.

BOl'GAINVILLE

Alors, ne nous traitez pas comme des étrangers.

DE VILXJERS

Nous vous traitons comme des compatriotes. Mais nf)us nous plaignons que vous ne rendez pn- iustice aux* milices canadiennes.

LEVI8 ■'■flrr— nt à BonriaaiAauv rt Rouoitrrilfe \'<iii« nyo'/ ii'iri pio*; ii?f>i-

iJeuxtème vananU.

La scène ne du troisièine acte comiiiençait ainsi :

MONTCALM. LE\1S «t BOURLAMAQIE MONTCALM

Bonjour. Ik)uriamaque ; as-tu trouvé un remède contre ta nostalgie ?

BOURLAMAQUE

Oui, c'est un remède homéopathique : l'ennui par Tennui.

Il n'y en a pas d'autre ici. Et j'en étais à dire à Lévis que nous avons eu bien tort de nous éloigner de la mère-patrie.

BOURLAMAQUE

A qui le dites-vous ?

Avec nos goûts pour la guerre, notre expérience, nos états de service et «nos relations de famille, nous nous serions assurés là-bas une brillante carrière, tandis qu'ici. . .

BOURLAMAQUE

Evidemment, mon général, vous avez raison. Nous ferions plus brillante figure sur 4es bords de l'Elbe ou du Weser que sur les rives sauvages du Saint-Laurent et des grands lacs. Les yeux de la France ne se détournent guère de l'Europe pour regarder ce qui se passe ici. Mais que voulez-vous. La faute est commise ; le vin est versé, il faut le boire.

APPENDICK 159

MONTCAI

H ' v,r II t\st pas le vin qui

1 1 lie ; et je la trouve an • • • 1

autre.

N'importe, nous ferons notre devoir jusqu'au out, et si la France nt)us oublie aujourd'hui, lie sera bien forcée de se souvenir de nous, un »ur. Siu" ce théâtre obscur et ignoré où nous luttons, nos actions d'éclat auront fait la lumière, oi la postérité \'erra et comprendra ce que nos >ntemporains n'auront pas même soupçonné.

LBVI8

Bravo, général, c'est parler noblement.

MONTCAI^M

Ah ! si j'étais le chef ! Si je pouvais vrai-

ent commander, mais tu sais comme moi [i quel régime funeste nous sommes soumis. T^ gouverneur prend plaisir à renverser mes plans,

à contremander mes ordres. Nous ne sonunes pa- . m:î, ri . nt les subalternes du gouverneur, nou.N M>iiiiiii's les humbles suppliants de l'Intendant qui nous entretient, qui nous équippe, qui

•us fournit des armes, des munitions, drâ approvisionnements, et qui nous fait jeûner avec nos troupes pendant qu'il vit lui-même dans Tabondan-

. le luxe, au milieu des plaisirs et derimmoralité.

LEVIS

Cette division de l'autorité entre le gouverneur, l'intendant et vous-même, est vraiment malheureuse ; elle a pour but une certaine pondération des pouvoirs ; mais elle ne produit que des conflits inévitables et désastreux. Que voulez-vous ? Votre poète favori l'a dit :

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.

Je le sais trop, mon cher ami ; et Corneille ajoute :

Mais on doit ce respect au pouvoir absolu De n'examiner rien quand un roi l'a vovilu.

Le roi veut, soumettons-nous, et allons nous battre puisqu'il n'y a guère pour nous d'autre droit que celui de mourir.

LEVIS

Calmez-vous, mon général, et regardez les choses avec plus de sang-froid.

Du sang-froid ? Tu oublies que je suis du midi, et que mon sang est chaud. Quand je vois dans quelle position humiliante nous sommes ici, j'enrage, c'est plus fort que moi.

As-tu jamais lu les commissions du Gouverneur et de r Intendant ?

Non, et j*avoue que j'en ignore absolument les termes.

Ecouta un peu, en voici des extraits : *' I^ gouverneur a le pouvoir de conmiander tant par mer que i>ar terre, de faire les opérations de guerre suivantes: assiéger et prendre les places et les châteaux . . . (quand il le pourra, naturellement, et s'il n'y a que lui pour prendre les forti» l'ennemi y dormira tranquille) . . . faire conduire et exploiter les pièces d'artillerie; établir des jçarnisotis, et enfin commander tant au iK»uple qu'à tous nos autres sujets, ecclésiatiques, nobles et gens de guerre et autres, de quelque qualité et condition qu'ils soient. . ."

Ce sont des pouvoirs bien grands. — Et l'Intendant ?

MUNTtAI.M

iio bien ; tu en croiras à |m'iiu' tes

" L'Intendant est à la tête de la justice

et de la police, et tous les citoyeiu^, même les

'^ gens de guerre (entends-tu ? les gens de guerre) *' sont ses justiciables. Il préside le Conseil Sv^ " périeur et il fait partie même des conseils de '^ guerre. — Il a droit de juger toutes matières " tant civiles que criminelles, de faire des règle- " ments et des ordonnances. Il a juridiction sou- ^^ ver aine en tout ce qui concerne la levée et la '' perception des impôts et autres droits de la '' Couronne. Et enfin, il est chargé de Tadminis- " tration des finances et de la marine. Il a la *^ direction du maniement et distribution des " argents de la couronne pour Ventretien des gens ^' de guerre, pour les vivres et munitions, fortifi- " cations et réparations, etc. etc. "

LEVIS

C'est énorme.

Notre position est celle-ci : quand nous jugeons, comme gens de guerre, qu'il faudrait faire telle campagne, s'emparer de tel fort, et le détruire, ou toute autre opération militaire, nous devons en demander humblement la permission au gouverneur, et quand nous l'avons obtenue, supplier Bigot de vouloir bien subvenir aux dépenses nécessaires, sans rien retrancher de son luxe et de ses plaisirs. Si j'avais connu cela avant de quitter la France, jamais je n'aurais

APPVNDICB 16S

accepté un poste comme celui-ci. Et ce qui est terrible, vois-tu, c'est que le seul pduvoir qui pourrait remédier à cet état de choses, est au delà des mers, à douze cents lieues de nous, et que des mois et des années de correspondance ne suffiraient pas à renseigner le roi exactement sur ce qui se passe ici.

C'est un mal sans remède, et il ne nous reste i nou8 que le devoir de lutter jusqu'à la fin contre les ennemis de la France, et le droit de donner notre

! KVI8

C'est plus qu'un droit, c'est un privûèife, et tous ne l'ont pas.

Tu as raison, le gouverneur et l'Intendant li ont pas cette prérogative suprême, qui nous assure la gloire dans les siècles futurs. Jusqu'à la fin nous nous battrons donc ; et si Dieu le \'eut nous nous ensevelirons sous les ruines de la colonie. — Ce n'est pas quand la tempête gronde que le capitaine abandonne son navire. Accomplissons nos destinées. — Et du lac Ontirio au lac Champinin, et du lac Champlain ju>qu'à Québec, que l'herbe ne pousse plus sous les pieds de nos soldats. . .

( ««t à «• «MUMSt q<M VAodrtoU «atimit. «1 •'■■iiiiH à» •'êxn fait mttmàn

Troisième variante.

Voici comment se terminait le tableau final des " adieux " au cinquième acte.

GISELLE et LEVIS

Je VOUS vois encore à votre retour de Carillon, tout triomphant au côté de Montcalm, et je n'ai pas oublié nos doux entretiens mêlés à ces souvenirs de gloire.

Je me souviens qu'un jour vous m'avez dit que j'incarnais pour vous la Nouvelle-France. C'était un doux mensonge, sans doute ; mais, à mes yeux, il était strictement vrai que vous incarniez la Vieille France.

Hélas ! ces beaux jours sont passés et ne reviendront plus.

LEVIS

Il dépend de vous de .les faire revenir.

Non, Gaston, c'est Dieu qui a conduit les événements, et nous devons nous soumettre.

Pourquoi la Providence des nations a-t-elle voulu séparer : la mère de la fille ? L'avenir le dira. Peut-être ce malheur, irréparable pour la Vieille France, sera-t-il pour le plus grand bien de la Nouvelle.

Elle est jeune. Un sang giénéreux coule dans ses veines» et lui assure des siècles de vie.

USMB

(W rôves sont nobles et beaux : mais ce sont dos rrves.

11 > rêves qui se réalisent.

L*AiiLii i. rre nous a vaincus, mais non externûiu's. L'avenir sera sombre sans doute ; mais nous vivrons de la foi et de la gloire du passé. Songez aux rayons de bonheur qui traverseront encore ma vie, quand j'entendrai mes compatriotes chanter les gloires de Lé vis et de Montcalm, et surtout votre dernière victoire.

Nous resterons attach^»s au sol natal, et à Tamour de la France, comme le lierre aux grands ch^*nes, et Ton sera bien étonné, un jour, de retrouver en Amérique une Nouvelle-France vi- \antc et florissante en plein territoire britannique.

LKVIM

Mais sur qui pouvea-vous compter pour réaliser de si l>elle8 espérances ?

0I8ELLE

Sur les quelques milliers de colons qui se sont montrés des héros^ qui ont cultivé le sol de

la patrie, qui l'ont arrosé de leurs sueurs pendant la paix et de leur sang pendant la guerre, et qui pour cela même ne veulent pas l'abandonner. Ceux-là ne sont pas des jouisseurs ; ils sont des souffrants, et ce sont les souffrants qui rachètent les peuples.

Montcalm et vous, général, avez écrit à la pointe de Tépée la plus glorieuse page de notre histoire; mais cette histoire n'est pas finie, et c'est à nous. Canadiens et Canadiennes, de la continuer.

Nous compléterons l'œuvre de la France, eelle qu'elle voulait faire à l'origine, et que Dieu ne lui a pas permis d'achever.

Comme elle, nous incarnerons l'héroïsme miUtaire ; et nous resterons fidèles à Dieu, de qui seul dépend l'avenir des nations.

LEVIS

Quelle âme patriotique vous avez, Giselle !

C'est l'âme de ma grand'mère, Madeleine de Verchères. Il y a deux mois, je suis allée prier sur son tombeau, et c'est elle qui m'a dicté mon devoir, et qui m'a inspiré de vous dicter le vôtre. Au nom de notre amour, Gaston, partez — la Prance vous réclame.

Lévis M tooTM van W portrait âm Montra hn :

' O mon général, inspirez-moi ! "

On «ntcnd la paa màamté àm toldata qui paaaaat «4 qui voat a'aoïbarqiMr 4 bord dea navirta Ib aoal aoivia parvaa foula iounaaaa d*hoaiaMa. da faaMnaa atd'anfanu. TotttàeoapaBgraMlcriratatttitdaaabraa: Viva la PVaaea I

GiaeO» court à la faaêira at dit :

C'est la France qui part.

" O France adorée, adieu '

D'autrea cria rafantiaBant aor la plaaa éa Cb4Uau.

i.rviî; (est la France qui reste.

(ilSEIXE

L ( >t la mienne, et sa devise sera : ** je me souvieiLs. "

Souvenez-vous aussi, Gaston ; dans la vie nouvelle qui va s'ouvrir pour vous, au milieu du hasard des batailles, n'oubliez pas votre petite France d'Américiue pour laquelle vous avez si glorieusement comlmttu ; et dites-vous bien alors qu'ici, sur les bords du grand fleuve, il y aura une amie qui priera pour vous, et qui restera fidèle au souvenir, et à Tamour sacrifié . . .

Séparons-nous, Gaston ; suivez la France qui s'en va.

I^VIft tomba à

Je vous en prie, Giselle, suives-la avec moi.

Impossible ! c'est l'heure des adieux.

I^vi» saisit les deux main? do Giselle et les baise avec effusion. (IvC rideau tombe.)

Quelques détails historiques sur mes personnages

Tous ceux qui ont lu les deux beaux volumes de l'abbé Casgrain sur Montcalm et Lévis, et le magnifique ouvrage de l'Honorable M. Chapais consacré à Montcalm connaissent déjà les détails historiques qui suivent. Je les ai empruntés à leurs ouvrages.

Montcalm a été une des grandes gloires militaires de la France. Mais c'est ici qu'il est mort, et qu'il repose depuis un siècle et demi dans notre chapelle des Ursulines.

Mieux que la France, croyons-nous, nous avons

i^ardé sa mémoire, et nous le considëronA justement, il me semble, comme une des gloires du Canada.

Dans un discoun» que j'ai fait à Paris en 1875, j'ai pu dire aux Parisiens que dans leur admirable ville, 'O de statues, j'avais vainement cherché >ntcalm. Et dans Ténorme dictionnaire d'histoire et de géographie de Bouillet, où quelques lipnos souloniprit sont consacrées à Montralm, je lis ce <l('tail au nom de Lévis : '* Lévis fut envoyé au Canmla pour remplacer Montcalm, tué devant Québec. '*

Il faut adniottre que les PVançais d'aujourd'hui -ont mieux rcnsfignéa sur notre histoire.

Ij& mère de Montcalm, marquise de Saint-Véran, qui paraît dans le pn)Iogue du drame, était une femme tout à fait remarquable», et une grande chrétienne. Son mari était né huguenot. Mais elle l'avait converti à la foi ratholic|ue. Tout ce que notre héros avait de T)oble. de généreux et de chevaleresque, il le devait à -a mère.

11 avait épousé, le 3 octobre 1736, Angéli ne-Louise r v.n du Roulay. Elle était bonne, <f '

lit pa»* Ir ti,oùi de la guerre des pleura sincèrement son mari, et hal)ita le chAtcni (le Candiar jusqu'à sa mort.

Elle eut deux fils et quatre fille, i cjui prit le titre de marquis de Saint-Véran, fut député «Ir la noblesse aux Etats Ciénéraux. Il resta à V ■ pendant la Tt'rrnir. s4»iirîH'Us<'irH'îit rnrlu' ïH»iir (n la guillotina.

\\i retour d«■^ Bouil>on.s Louis XVIII !<• i. min i l^ i

tenant général. Il avait épousé Jeanne-Marie deLévis, nièce du vainqueur de Sainte-Foie.

Dans les deux dernières années de sa vie, Montcalm habita une maison de la rue des Remparts, à Québec, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le maison No 49.

Lévis

Le héros de Sainte-Foie appartenait à une famille noble très ancienne dont les origines remontent au XII® siècle. Il descendait des Lévis d'Ajac de la branche cadette de cette famille, et il était né en 1720.

Militaire précoce, il fut nommé à 15 ans heutenant au régiment de la marine ; et à 17 ans, il était capitaine.

En 1748, après les campagnes d'Autriche, de Bohême, d'Allemagne et d'Italie, il fut fait colonel et chevalier de Saint-Louis.

Il fit la guerre en Canada sous Montcalm, de 1756 à 1760 ; et de retour en France, il continua de guerroyer pour elle.

Il épousa Gabrielle-Augustine Michel de Tharon, et il occupa successivement les postes les plus brillants, entre autres celui de gouverneur de la province d'Artois. Enfin, il devint maréchal de France, et duc héréditaire. Il mourut en 1787 à l'âge de 67 ans, et sa veuve fut guillotinée pendant la Terreur.

Son fils, Gaston-Pierre-Marc de Lévis suivit d'abord, comme son père, la carrière militaire, et il y occupa de hautes positions. Plus tard, il est devenu un homme

<le lettres tr^8 distingut', ot il publia plusieurs ouvrages, qui le firent admettre à T Académie française.

Il mourut comblé d'honneurs le 15 février 1830.

La famille de Lanaudière

Giselle de Lanaudière, mon héroïne, a-t-elle existé ? Je lis pas.

Kli i(> de mon imagination, et je regrette beau-

oup qu'elle n*ait pas été vraiment la petite fille de M i. '. ti(» de Verchères.

I !! rivant l'histoire de ses amours avec le chevalier de Lévis, j'ai conçu pour elle un véritable attachement ; je n'ai pu faire davantage pour sa gloire que lui ••r une illustre grand'mère, en imagination. >< enfants de la fiction ont cela d'avantageux que Uui jniti'ur jMMit leur donner une illustre famille, et leur faire accomplir de beaux gestes, qui sont de la !»ction. Ce qui est historique, c'est qu'au temps où ^^ 'Il et Ivévis demeuniient i\ Quélxx", Charles

l :..:., . Tarrieu de Lanaudière y vivait aussi dans l'ancienne rue du Parloir ; qu'il était pour eux un brillant (<.iiîpn«rnon d'armes, en sa qualité de capitaine <lan.s 11. s tr()U|)e« de la Marine, et un ami ; que Madame ie Lanaudière, né<» de Boishébert, était une femme '\ lK>lle, charmante et très hospitalière, que

i. : Montealm fré(|uentaient beaucoup; et je

ne vois pas pourciuoi M. de Lanaudièrei qui avait alors près de 50 aim, et qui était fils de Madeleine de Ver^

chères, n'aurait pas eu chez lui une fille ou une nièce aussi accomplie que Giselle, et dont M. de Lé vis, célibataire, serait devenu amoureux.

Oui, cela aurait dû être, mais cela n'a pas été. Et, malgré mes recherches^ dans les familles de Charles François de Lanaudière et de Jean-Baptiste, les deux fils de Madeleine de Verchères, je n'ai pu y trouver ma patriotique Giselle.

Mais chose curieuse, j'y ai fait la connaissance d'une Marie-Anne de Lanaudière, fille de Madeleine de Verchères, qui s'est mariée trois fois, et qui a été sur le point d'épouser en quatrièmes noces le célèbre M. de Bougainville.

Et si le malheureux Bougainville n'est pas venu au secours de Montcalm sur les plaines d'Abraham, c'est peut-être parce qu'il flirtait quelque part avec Marie- Anne de Lanaudière. L'amour ne rend pas seulement aveugle, il rend sourd aussi, et a empêché Bougainville d'entendre les détonnations de l'artillerie française.

Cela n'a pas empêché Bougainville de devenir, plus tard, un illustre marin, de faire le tour du monde, de sillonner les mers en tous sens, et d'acquérir une grande célébrité.

(4) Bigot et ses complices

Ceux qui hront mon drame ou qui l'entendront jouer,

(1) J'ai à remercier Mde Neilson, née de Lanaudière, et notre éminont archiviste, M. Roy, ix)ur m 'avoir assisté dans ces recherches.

>ncevTont sans douti; pour ces autres personnages,

(|u'il» auront vus à la Hrène, l)eaucoup de mépria et

de haine. Kt ils seront curieux de savoir quel accueil ce

grand s<<'>l<^rat, chef de oe qu'on appelait le Grande

à Versailles à son retour en France.

irtion sera grande «l'apprendre que la

•lice Royale l'arrêta, et le renferrau à la Bastille, avec

: 'lices.

'nmission présidée par le lieutenant-général ' police et composée de vingt -sept juges au ChAteict, fit le ! îiiés, qui se défendirent par

tou« leî< m . célératease leur suggéra.

Le procès dura quinze moi». Bigot et Varin furent 1)1 • ifé du royaume, et leurs biens con-

fia, it condamne"» à un bannissement de

-uf ans et à restituer six millions. Les autres concus- M eurent à restituer des sommes variant de

tir je à six cent mille li\Tes*.

(t) (Voirr«bb6 Casgrain).

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