‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 2 sur 109 · LA MARQUISE DE SAINT-VERAN · texte numérisé non relu

LA MARQUISE DE SAINT-VERAN

Voyons, raconte-moi cela.

LOUU

Voici : Sa Majesté était assise dans un haut fauteuil tout doré, et la belle madame de Pompadour était sur un siège plus bas à sa gauche. Quel(|iios princes étaient debout de chaque côté. Le roi dit d'abord à mon père qu'il le nommait maréchal de camp, et qu'il lui confiait le commandement de son armée au Canada. Mon père a répondu . . . mais dites plutôt vous-même, mon père.

LE MABQUI8

p]h ! bien, je remerciai chaleureusement Sa Majesté de la confiance qu'elle me témoignait, et je lui déclarai que je ferais tout pour m'en rendre digne. '' Vous me% confiez, Sire, une mission périlleuse et difficile, ai-je dit, mais c'est pour cela (lu'elle me plaît et que je l'accepte avec enthousiai^me. "

' Quitter la France me sera bien pénible ; mais c'est elle qui par votre bouche me demande ce sacrifice ; je le ferai généreusement. Ma vie lui appartient, et je la voue à sa gloire et au ser- \'ice de Votre Majesté."

LA MARQUISE

Très bien, mon fils, Le roi a-t-il répondu quelque chose ?

LE MARQUIS

Oui, il m'a dit : Je sais, marquis, que nous vous condamnons à un exil lointain ; et que nous imposons à la patrie un grand sacrifice en hommes et en argent, pour garder une colonie qui n'a peut-être pas une grande valeur ; mais l'honneur de la France est engagé, et il exige que nous combattions jusqu'au bout pour le sauver.

LA MARQUISE

Sa Majesté ne parle pas toujours aussi bien. Et toi, mon cher petit, que faisais-tu pendant ce temps-là ?

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