I. BOUGAINVILLE
Plaignez-vous aux autorités.
DE VILLIERS
Ah oui, les autorités . . . Parkma-en !
Non, mon ami, n'en parlons pas. Les autorités sont impuissantes. Elles sont divisées, et je ne vois guère comment Tunité d'action serait possible avec le régime auquel la colonie est soumise.
M. DE VAUDREUIL m fmppffwlM
La division des pouvoirs dans le corps social est pourtant bonne, en principe.
Oui, mais à condition qu'ils soient centralisés au sommet dans une seule tête. Ici, la centralisation fait défaut, parce que la tête manque.
VAUDREUIL
Que voulez-vous dire ?
Je veux dire que la tête est en France.
VAUDREUIL
Oubliez- vous, général, que je représente ici le Souverain ?
Oh ! non, je ne puis pas l'oublier, car vous me le rappelez souvent, en me faisant sentir votre autorité.
VAUDREUIL
J'en use rarement, et je n'en abuse jamais.
Vous n'en abusez pas à l'égard de l'intendant.
VAUDREUIL
Que voulez-vous dire encore ?
ACTC PRCMIKR 37
MONTCApi
Je veux dire que Bigot et ses complices font des fortunes scandaleuses aux dépens du trésor public et des colons tandis que nos soldats sont mal équippés» mal nourris, mal payée, et que vous ne possèdes pas le pouvoir de mettre fin à ces désordres intérieurs qui vont conduire la colonie à la ruine.
VAUDREUIL
Général, vous voyez tout en noir ; mais laisses-nous au moins Tespérance, et n'oublies pas que la colonie compte sur vous pour être sauvée.
Je donnerai ma vie pour la sauver. Et je ne veux pas désespérer encore ; car il y a une force qui nous reste, c'est Tesprit militaire, et le courage de nos troupes. Le soldat français est le premier soldat du monde.
DE VILLIKRS Kl H- < anadien ?
11 tient de race, bon sang ne peut mentir.
VAUDREUIL
Voilà une bonne parole.
Elle est sincère et vraie. Et maintenant, gouverneur, l'heure est venue de nous retirer. Le jour va bientôt paraître. Nous allons nous remettre à l'œuvre et travailler de concert, pour assurer la victoire.
Tous serrent la main du gouverneur.
(Le rideau tombe).