‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 32 sur 109 · UN AUTRE OFFICIER · texte numérisé non relu

UN AUTRE OFFICIER

Pauvre garçon ! Tous, Français et Canadiens, se sont admirablement battus.

BOURLAMAQUE

Oui, certes, mais les Anglais aussi ont été braves ; et ce fut un moment terrible, quand, re-

ACTB DXUXIEMV 53

poussés avec pertes, ils sont revenus contre nous, et nous ont chargés à la baïonnette, en marchant sur les corps de leurs camarades expirants.

D(:8ANDROUIN8

Du poste que j'occupais, j'ai très bien vu ce choc formidable, et j'ai tremblé pour nos troupes.

A chaque décharge qui sortait de nos retranchements en jets de flamme, les rangs des ennemis s'éclaircissaioTit : mais à chaque fois leur colonne se reformait et les baïonnettes plus serrées continuaient d'avancer. Les Ecossais surtout étaient admirables. Leurs longues jambes nues se teignaient dans le sang des morts, et comme des géants invulnérables, enjambant par-dessus les grands arbres abattus, ils venaient tomber au pied des retranchements, et se couchaient dans les feuillages ensanglantés. Je n'oublierai jamais ce spectacle terrifiant.

DE I.A.NAI DIKRE

Mais si les assaillants furent si héroïques, que dire de ceux (|ui les ont vaincus !

Ix* poids de la bataille a pesé surtout sur notre droite, et c'était h\ notre point faible ; car la nature du sol ne nous fournissait aucune protection de ce côté, et les Anglais en contournant notre aile droite pouvaient nous prendre en flanc.

Mais Lévis était là, et vous savez qu'il n'a pas son égal pour faire la bataille à l'œil.

Page 1