‹ Montcalm et Lévis, drame historique en cinq actes avec prologue et six tableauxChapitre 42 sur 109 · ACTE TROIBIBlfC · texte numérisé non relu

ACTE TROIBIBlfC

LEVIâ

Oui, j'y pense souvent. Mlle de Lanaudiùre a pris sur mon cœur un empire que je ne vous cache pas. Mais un mariage est-il possible entre nous ? Voilà la question.

Il y a tant de péripéties dans notre carrière.

Quand finira cette longue guerre ? Quelle enseraTissue ? Nous n'en savons rien.

Tu sais bien, n'est-ce pas» que là-bas, au pays natal, ceux qui s'intéressent à ton sort, et qui te sont chers, font pour toi des projets de mariage.

Oui, je le sais trop, et cela complique encore la situation ; mais j'aime assez mademoiselle de l>anaudière pour la préférer à toute autre. La difficulté n'est pas là.

MONTCAL.M

Où donc (-t-cllr "

Je vais vous le dire. Ix* déDoûnient de notre idylle dépendra des péripéties de la guerre. Si nous sommes vainqueurs et si la Nouvelle-

France reste française : je consentirais volontiers à servir mon roi en Amérique. Et alors je pourrais épouser Giselle et fonder un foyer dans ce beau pays qui serait encore la France.

Mais si nous sommes vaincus, et si le Canada devient une colonie anglaise, évidenmient je ne pourrai pas y rester. Mon épée appartient à la France, et je ne voudrais pas vivre sous le drapeau d'Albion.

Mais dans ce cas, mademoiselle de Lanaudière ne consentirait-elle pas à te suivre en France ?

LEVIS

C'est là qu'est la difficulté. Giselle est canadienne, et très fortement attachée à son pays. C'est le berceau de sa famille ; c'est le tombeau de ses pères. Elle aime Québec, conmie vous aimez Candiac. Elle chérit le Saint-Laurent comme vous chérissez le Vistre. Je crains qu'elle ne veuille pas quitter son pays.

J'admire de pareils sentiments et je les comprends. N'est-il pas curieux que le sort de vos amours, mon cher Lé\is, dépende ainsi du sort de la colonie ?

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