ACTE TROI8IEMB
avaient déjà reçues, et j'ai fait Téloge de nos troupes. Mais j ai dit aux ministres de Sa Majesté : cela ne peut pas durer toujours. Plus nos efforts sont grands et glorieux et plus nos forces s'épuisent. Il faudrait remplacer les morts, et fournir aux \ivantfi des munitions et des \i\Tes.
Décimés dans trente batailles, nous n'avons pas retrouvé dans la victoire les forces perdues ; et ce n'est pas la gloire qui peut nous nourrir. Les ennemis sont plus nombreux et plus forts que jamais. Ils ont des vaisseaux de guerre, et nous n'avons pas de marine. Dès le mois de mai prochain, ils entreront dans le fleuve Saint-Laurent comme chez eux. Québec tombera fatalement en leur pouvoir si des secours puissants en honunes, en munitions, et en vivres ne nous sont pas envoyés.
— Quelles forces voulez-vous donc, m'a dit M. Berryer, le ministre de la marine.
— Dix mille honmies, (ai-je répondu) et de quoi les nourrir.
— Dix mille homme -un^ez-vous ? a repris M. Berrjer.
— C'est ce qu'il faudrait pour sauver la Nouvelle-France, et nous serions encore bien inférieurs en nombre à nos ennemis.
— Alors, dit le ministre il faut la sacrifier. Quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries I
BOURLAMAQUE
Honte! honte!
BOUGAINVILLE
Savez-vous ce que j^ai répondu ?
VAUDREUIL
Dites-le nous.
BOUGAINVILLE
J'ai répondu : M. le ministre, on ne dira pas au moins que vous parlez en cheval.