ACTE TROISIEME
i.rvis
CV>t vrai, mais (•«* sera la fin de la ^erre.
Quelle eu sera l'issue, je l'ignore. J'espère toujours que nous vaincrons encore, et que fatiguées de leurs luttes prolongées, la France et l'Angleterre feront la paix.
C'est l'incertitude de ce dénoûment qui fait
l'aT * de mon cœur. Songez, Gaston, à ce
qu< 1 ((irait notre amour si le sort des batailles
nous était contraire. Si la France allait être séparée de Ha fille, comment ne serions-nous pas fuwi^-tiiAiiu»^ réparés "^
\ oiià C()nniif:ii -mi;- •, .,ii^ T"i;r!;:«':.t» / toujours en prévoyant tlv^ catasiruplies. Dans nuire petit parterre où fleurit la fleur d'amour, vous prenez plaisir à cultiver les épines.
Non, Giselle, ne croyez pas à vos pressentiments funestes. Nous serons vainqueurs, et la victoire protégera nos amours. Et d'ailleurs, pourquoi vouloir absolument que la perte de la Nouvelle-France soit la fin malheureuse de nos amours ? Si vous ne m'aimez pas assex pour me suivre en France, je vous aimerai asses pour faire du Canada
ma patrie. Hélas ! Je sais trop l'accueil qui nous attend dans la mère-patrie, si nous y rentrons vaincus et désarmés. Toutes nos luttes glorieuses seront oubliées, et quand on parlera de nous on dira: ce sont eux qui ont perdu la Nouvelle-France.
Ce sera faux, et souverainement injuste ; mais on le dira quand même ; et la faute de nos gouvernants qui nous abandonnent retombera sur nous.
Il y a vingt ans que je me bats pour la France et que je risque ma vie pour elle. Ne lui ai-je pas payé ma dette ?
Oui, j'ai assez vécu pour la guerre. Il me semble que j'ai mérité, comme les oiseaux migrateurs qui nous reviennent en cette saison, d'avoir aux bords du Saint-Laurent un nid de repos et d'amour.
GISELLE toute grisée par ce discours, et emportée par l'admiration s'écrie :
O mon chevalier, que je vous aime !