ACTE DEUXIEME
MONTCALM Done, il faut vaincre pour vivre.
LEVIS Et il faut vivre pour vaincre !
LES SOLDATS jubilent, et poussent des acclamations
Bravo ! Bravo! Bravo! Vive Montcalm !
Vive Lévis! Vive la France! — ('allégresse est à son comble.)
Leur joie me rappelle un épisode de mon histoire romaine : Les cohortes de Rome commandées par Quintus Cicéron, et bloquées par les Gaulois, manifestèrent la même joie quand elles virent arriver les légions de Labiénus.
Et maintenant, mon cher Lévis, nous avons une rude journée à faire. Les Anglais sont là-bas, auprès des ruines du fort William-Henry, et ils ont une armée de vingt-six mille hommes : Tu entends ? vingt-six mille hommes !
LEVIS
Oui, et nous sommes un peu plus de trois mille. Un contre huit.
À peu près — C’est assez ?
LEVIS
Oui, c’est assez Pour vaincre ; mais ce n’est Pas assez pour poursuivre l'ennemi vaincu, et l’anéantir.
Non, tu vois d'ici le terrain, les lignes de retranchements, le fort, la rivière, et voici mon plan de bataille.
Au rremier appel des clairons, les bataillons marcherc:1: en avant, et borderont les retranchements, en se Broupant plus nombreux aux angles des redans.
Derrière eux, les grenadiers rangés en bataille attendront l’ordre de marcher où besoin sera.
Là-bas, dans la pente qui borde la forêt, les Canadiens se battront en tirailleurs, en se cachant derrière les arbres.
Bourlamaque est chargé de la gauche avec les régiments, LaSarre et Languedoc.
Toi, tu prendras la droite avec Guienne, Béarn, et la Reine.
Moi, je me tiendrai au centre avec le premier de Berry, et le Royal Roussillon.
Le deuxième bataillon de Berry, commandé par Trécesson, gardera le fort.