PROLOGUE
LOUIS
Voici : Sa Majesté était assise dans un haut. fauteuil tout doré, et la belle madame de Pompadour était sur un siège plus bas à sa gauche. Quelques princes étaient debout de chaque côté. Le roi dit d’abord à mon père qu’il le nommait maréchal de camp, et qu’il lui confiait le commandement de son armée au Canada. Mon père a.
répondu. . .mais dites plutôt vous-même, mon père.
LE MARQUIS
Eh! bien, je remerciai chaleureusement.
Sa Majesté de la confiance qu’elle me témoignait, et je lui déclarai: que je ferais tout pour m’en rendre digne. ‘“ Vous me confiez, Sire, une mission périlleuse et difficile, ai-je dit, mais c’est pour cela qu’elle me plaît et que je l’accepte avec enthousiasme. ”
“Quitter la France me sera bien pénible ; mais c’est elle qui par votre bouche me demande ce sacrifice ; je le ferai généreusement. Ma vie lui appartient, et je la voue à sa gloire et au service de Votre Majesté.”
LA MARQUISE
Très bien, mon fils. Le roi a-t-il répondu quelque chose ? .
LE MARQUIS
Oui, il m’a dit : Je sais, marquis, que nous vous condamnons à un exil lointain ; et que nous imposons à la patrie un grand sacrifice en hommes <t en argent, pour garder une colonie qu n’a peut-être pas une grande valeur ; mais l'honneur de la France est engagé, et il exige que nous combattions jusqu’au bout pour le sauver.
LA MARQUISE
Sa Majesté ne parle pas toujours aussi bien.
Et toi, mon cher petit, que faisais-tu pendant ce temps-ià ?
LOUIS
Je me tenais debout près de mon père.
Alors le roi m’a fait signe d'approcher, et il m’a dit : Toi, mon colonel, tu resteras au pays natal pour défendre la weille France, pendant que ton père ira sauver la nouvel.
C’est mon rêve, Sire, répondis-je ; mais Votre Majesté me donne un titre qui ne m’appartient pas.
“11 t’appartient, reprit Sa Majesté, je te nomme colanel de mon troisième régiment de cavalerie.”
LA MARQUISE
Ah! je comprends ta joie, cher enfant.