‹ Montcalm et Lévis [microforme]Chapitre 56 sur 107 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Là, un commissaire que nous choisirons et que nous musirons de toutes les preuves contre ces brigands, les livrera à la justice du roi.

VAUDREUIL C'est jouer gros jeu.

Evidemment. Dans toutes les batailles on joue gros jeu. Mais ce n’est pas une raison pour reculer devant cet ennemi intérieur qui nous conduit à la ruine, et qui vient de vous provoquer insolemment.

VAUDREUIL

Tout de même, c’est une dangereuse initiative. Et comme Bigot l’a dit, c'est un abus de. pouvoir.

C’est un coup d'autorité.

VAUDREUIL Contre la loi.

Contre la légalité. Mais il est un droit supérieur qui n’est pas écrit dans la constitution, et qui justifie les illégalités quand elles sont nécessaires au salut public.

VAUDREUIL

Si je vous comprends bien, c’est moi qui devrais agir, et signer l'ordre d’arrestation.

Evidemment : c’est vous qui êtes gouverneur, le représentant du roi. Et c'est à ce titre que je vous crois revêtu de ce droit supérieur non écrit que je viens d’invoquer.

Mais sur mon honneur, je vous soutiendrai de mon épée, et je vous défendrai, ici, et à Versailles,

VAUDREUIL C’est une dictature que vous proposez ?

Soit, le mot ne m'’effraie pas. Songez-y.

Quand la nuit descend sur un peuple, ce sont les éclairs de l'épée qui doivent dissiper l’ombre.

VAUDREUIL

Ce sont de brillantes paroles ; | mais moi je suis l’esclave de la loi.

Alors, nous sommes perdus.

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