‹ Montcalm et Lévis [microforme]Chapitre 58 sur 107 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

4ÆEVIS et GISELLE LÉVIS

Madame de Vaudreuil s: moque de nous.

Elle sait bien que ce n’est pas pour nous le temps de gémir.

Ne pratiquons pas l’art d’être malheureux.

Mon hivernement à Montréal a été loin d’être gai ; mais les jours que je passe à Québec me le font oublier, et grâce à vous, ils sont les plus beaux de ma vie.

GISELZE

“Grâce à moi” me paraît exagéré. Vous oubliez les bals, les dîners, le jeu et les autres amusements dont je ne suis pas, et qui vous aident À passer le temps.

LEVIS

Oui, cela m'aide à passer le temps que je ne passe pas dans la rue du Parloir. Mais vous savez bien que mon bonheur, quand je suis à Québec, est d’être auprès de vous.

GISELLE

S’il en ess ainsi, votre bonheur fait le mien, — mais voici l'été qui arrive, et vous allez repartir

90 MONTCALM ET LEVIS pour vos campagnes lointaines et périlleuses. Où irez-vous, cette année ?

LEVIS

Je ne sais pas encore exactement ; où besoin sera.

GISELLE

Dites plutôt : où danger sera.

LEVIS

C’est bien ainsi que je comprends, et que j'aime la guerre : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

GISELLE

Hélas !

LEVIS

Oh ! n'allez pas gémir, « mme disait Mme de Vaudreuil. Soyons tout à la joie de nous revoir. L'hiver a été si long.

GISELLE

Mais l'été sera bien long aussi pour moi, puisque vous allez recommencer vos expéditions lointaines, et livrer des batailles partout où les cnnemis oseront franchir nos immenses frontières.

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