SCENE II
MONTCALM et JOENSTONE MONTCALM
Bonsoir, Johnstone, quoi de nouveau ?
JOHNSTONE
Rien. — Il y a du mouvement entre Montmorency et la flotte anglaise ; l’on dirait que nos ennemis se préparent à tenter demain un nouveau débarquement sur la côte de Beaupré. C’est le point le plus accessible et ce soir même, plusieurs des gros vaisseaux de l'amiral Saunders se sont rapprochés de la Canardière. Des barges chargées
de marins se sont rangées au bout de l’Ile d’Orléans. Le bombardement de la ville redouble et se prolonge jusque sur les battures de Beauport. Est-ce une nouvelle attaque sur notre camp?
Je ne le crois pas ; car nous les avons repoussés il y a quelques jours.
JOHNSTONE Ne craignez-vous pas une descente au Foulon ?
MONTCALM Il y a là un poste qui veille. Et les batteries de Samos et de Sillery ne sommeillent pas, j’espère. Il y a de plus le régiment de Guienne qui a reçu ordre de s’avancer sur les hauteurs d’Abraham, et même de descendre jusqu’au Foulon.
Avec ces précautions de notre part, Wolfe ne
commettrait pas l’imprudence de venir se placer entre Bougainville et moi.
JOHNSTONE S'il l’osait pourtant ?
Ce serait un coup d’audace ; mais il n'aurait pas le temps de ruuger ses troupes que je tombe-