‹ Montcalm et Lévis [microforme]Chapitre 95 sur 107 · LE SECOND · texte numérisé non relu

LE SECOND

Alors, tout n’est pas perdu. Ils seront pour nous des consolsteurs et des conseillers.

DE LERY Les termes de la capitulation sont bien durs.

BOURLAMAQUE

Que voulez-vous ? — Toute résistance ultérieure était impossible, et nous avons subi le væ viclis du général Amherst, qui a commis l’injustice la plus criante, en nous refusant les hon-

neurs militaires.

LAPAUZE

Ah! Si vous aviez vu Lévis, à Sainte-Hélène. Il était furieux. Et quand il a été informé que M. de Vaudreuil avait cédé et consenti à cette clause déshonorante, le noble chevalier nous a réunis, il a fait apporter les drapeaux, et quand ils furent plantés en terre de manière à former un faisceau, il y fit mettre le feu. Alors, il tira son épée, et nous dit: ‘“ Soldats, regardez-la bien cette épée. Je vous prends à témoins qu’elle est sans tache, et qu’elle n’a jamais connu ni la défaite, ni le déshonneur. C’est en pleurant que je lui dis adieu.” Alors, il la porta à ses

lèvres et la brisant sur ses genoux, il en jeta les tronçons dans le feu.

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MALARTIC

Murray ne nous aurait pas infligé ce dés-

honneur.

LAPAUZE

L’Angleterre l’effacera, j'espère, d'elle-même. MALARTIC Je le crois. Peut-être consentira-t-elle même

à nous rétrocéder le Canada dans le traité de paix qui sera signé à la fin de la guerre.

BOURLAMAQUE

Non, mon cher Malartic, c’est une illusion.

MALARTIC

Cependant, Murray le disait lui-même hier à M. de Lévis, en lui souhaitant une heureuse traversée. — Et sais-tu ce qu’il ajoutait en souriant, et quelle condition il y mettait ?

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BOURLAMAQUE Eh! bien, quoi ?

MALARTIC

L’Angleterre, a-t-il dit, rendra peut-être le Canada à la France, mais à condition que vous

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