‹ MontcalmChapitre 4 sur 61 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

La scène se passe au Havre de Grâce en 1741.

La scène représente une vue du Port. Dans le fond la mer laissant voir une pointe de côte sur la gauche. A droite, on aperçoit un navire à l'ancre. Sur le pan de gauche, façade de l'Auberge du Dauphin blanc. Adroite bureau maritime. A la porte de l'Auberge deux tables, chaises. Tout au fond un grand banc de bois.

\u lever du rideau Picot et Basset sont assis à une table servie Clémence est affairée autour de la table. A la table voisine d'Aiguebelle est en train de consulter un livre ouvert. Un soldat se tient debout à gauche, près de lui.

PICOT (levant son verre ).— C'est bon tout de même, hein! le Basset? Ce vin brille comme les yeux de Clémence...

BASSET (avide).— Te! ne me parle pas, je me fais un fond ( il prend le plat et va pour enlacer Clémence) Soit clémente O! ma Clémence, encore un peu de ce divin paté.

CLEMENCE (le repoussant ).— C'est qu'il a une faim ce M. Basset...

PICOT.— Ça une faim? dites qu'il devient canibal. Malheureux tu veux donc commencer par le dessert? Voyons, ma gentille Clémence, lequel des deux postillons préfèrcz-vous ? de ce noble et imposant physique que voici, ou de cette rognure abandonnée du ciel et des femmes?...

CLEMENCE ( remonte au-dessus de la table ) .— Dame! M. Basset a bien des qualités, il chante à ravir, il joue du galoubet, et

BASSET ( riant ) .—Enfoncé Picot, je suis le préféré

PICOT.— Silence! ...

CLEMENCE— Mais lorsqu'il fait noir il est bcn d'avoir un défenseur comme M. Picot avec des bons bras solides...

BASSET. — Des bons bras, c'est parfait mais ce profil, cette tête hein!...

PICOT. — Oh! une tête vide ça ne vaut pas cher.

BASSET. — (ils se lèvent tous deux et embrassent Clémence par-dessus la table ) Ah c'est comme ça eh! bien au plus fort... (Clémence se sauve dans l'auberge).

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