SCENE VI
( Maurin, entre par la gauche. )
MAURIN. — Il a mordu la main cpii le caressait. Si c'était un chien, il faudrait le museler; mais... .
CONSTANCE ( se retourne et vient à lui ) .— Mais parce que c'est un homme d'honneur, parce qu'il a refusé de servir vos vils complots, vous voulez le faire périr! Mais souvenez-vous que s'il tombe un cheveu de la tête de Philippe, ce n'est pas le général qui vous en demandera compte; c'est le Roi.
MAURIN ( surpris ) .—Le Roi?... ( lui saisissant les mains.) Que sais-tu? Voyons, parleras-tu?
CONSTANCE (se débattant ) .—Oh ! vous me faites mal! De grâce,, abandonnez vos projets funestes. Je ne puis rien vous dire...
MAURIN. — Comment, malheureuse, tu me caches un secret qui peut me perdre?... Est-ce la récompense de ma tendresse et de mes sacrifices pour toi? Va-t-en, je te chasse! Va retrouver ce mal-
heureux fils de déportée. Tu n'auras jamais un sou de ma fortune...
CONSTANCE.— Hélas! ni votre fortune ni votre influence ne pourraient surmonter l'obstacle qui me sépare de l'homme que vous cherchez à perdre... ( Maurin va pour lui parler. Bruits de voix, lui fait signe de se taire et remonte un peu avec elle. )