‹ Montcalm [microforme]Chapitre 17 sur 56 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

(Les mêmes, Constance, parait à laporte du ma gasin) J'en ai assez à la fin. Depuis dix meis que j'entends maudire les miliciens Canadiens Par des fréluquets galonnés...j'en ai assez. Le sang m'en monte la figure,

BERSOLLES (ironique).— Vraiment! Eh!

bien, il faudra dire au Major de vous en ôter un peu, mon garçon, et si cela ne suffit pas nous avons les verges pour tranquiliser les mutins, sachez-le..

PHILIPPE.—Des verges?.… des verges?.… Et c'est ainsi que l'on traite les hommes qui écluirent vos régiments, guident vos bateaux, portent vos provisions et vous donnent des victo res? All.

messieurs les beaux ofliciers, les bulletins ne parlent que de vous et le roi vous comble de faveurs Mais nous qui entre chaque campagne échangeons le fusil pour la charrue, la charrue pour le fusil et qui arrachons à la terre de quoi vous nourrir l'hiver, et tandis que vous vous reposez, oui, nous peinons comme des de somme... pas de titres, pas de récompenses, pas de croix pour les miliciens Tâches, nous?… mais regardez donc nos uniformes troués par les balles.

BERSOLLES.—Je ne vois qu'un rustre insolent.

PHILIPPE.—Ouil.. Un rustre qui était sur le front de bataille, à Carillon tandis que vous étiez derrière les murailles du fort

BERSOLLES.—Soldats arrêtez ce drôll A genoux misérable... (il arrache un fusil des mains des soldats et menace Philippe, )

CONSTANCE (s'élance entre eux) —Philippe!

PHILIPPE.—Constance! v… (elle se jette dans ses bras).

CONSTANCE.— Vous! vous que l'on croyait mort à Carillon.

BERSOLLES (à part). !... mon rival serait de la Milice

CONSTANC Que vous êtes changé... (entraine Ph‘lippe vers le fond.)

PHILIPPE.—Dix longs mois sur un lit d'hôpi-

Vrai, bien vrai, Vous ne m'aviez pas ou-

mes yeux rougis par les larmes. (prenant sa main) et mon coeur qui bat si fort en ce moment... Tout cela ne vous dit rien? Ingrat…

PHILIPPE (la regardant longuement } .— Ouil…. c'est bien vrai? Je vous adore.

CONSTANCE (veut l'entraîner) —Venez!

BERSOLLES.—Pardon cet homme n'est pas hbre

CONSTANCE.—Monsiéur, les c: ont droit au salut, comme le drapeau, m on dit. soyez kénéreux... (Philippe, va au sergent et lui parle, celui-ci lui fait de la morale.)

BERSOLLH Il n'y a pas de droits au Régiment, il n'ya que des devoirs Ce milicien mérite une punition sévère, (bas) Dites un mot d'encouragement, ma charmante et j'oublierai tout.

CONSTANCE.—Assez

BERSOLLES.—Mais avoue: done que vous ai mez ce drôle.

CONSTANCE.—Oui!.. autant que je vous méprise!

BERSOLLES.—Au cachot le mutin ( Constance se jette dans les bras de Philippe.) Sentinelles surveillez cet homme... Le colonel décidera GT entre au corps de garde. Le sergent remonte donnee cidre a Picot eni va descendre peu-.

peu.. puis le sergent sort avec ses hommes p gauche.)

CONSTANCE.—Ciel.. Que va-t-il se passer ?.....

Quoiqu'it artive acceptez cette dernière épreuve, pour votre mère, pout moi.

PHILIPPE.—Ra ez-vous … Colonel de Berrv me connaît cen un officier de salon aime ses soldats. Et qu'importe le reste n'ête

vous pas près de moi, souriante et heureuse comme aux anciens jours?

PICOT.— (descend tout à fait, Basset épie qu' ne sort personne du corps de garde.) Hum!

hum!

PHILIPPE.—Tiens, c'est toi mon brave Pic (lui donne la main.)

PICOT.—A la bonne heure on n'a pas laissé sa peau sur les bords du lac Champlain? Eh!

bien tant mieux? (bas) Le cadet est furieux tu sais. Il ne voudra pas garder ta mercuriale dans sa giberne, longtemps... Que vas-tu faire?

BASSET.—Tu lui demandes? T'es bi » Mon pauvre Picot, crois-tu qu'il obtienne une permission de ce petit maître?

PHITIPP Adieux, les amis je coure voir ma mère. Quand les murs de Québec crouleraient J'irais quand mème Venez... (Constance prend son bras, ) a

PICOT.—C'est ça, ni vu ni connu, nous montons la garde, bonsoir... Ventrebleu! Le lieutenant m'a fait monter la moutarde à la tête, tout u l'heure, et s'il revient nos fusils pourraient purtir tout seul, pas vrai le Basset?

BASSET.--Té.. ça c'est déjà vu (Constance et Philippe sortent par la droite.)

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