‹ Montcalm [microforme]Chapitre 37 sur 56 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

(Les mêmes, puis Philippe par la porte à gauche. Il vient s'asseoir à la petite table et Van dreuil s'approche de Montcalm)

VAUDREUIL.—A propos comment s'appelle done votre nouveau secrétaire?

MONTCALM.—Mr Philippe d'Hastrel

VAUDREUIT, (s'assied sur banquette) —Franchement, Mr le Marquis, voilà une excentrici bien étrange. Certes, je n'ai pas la prétention de vous donner des conseils sur le choix de votre per sonnel. Je vous ferai cependant remarquer que la défence du pays est chose trop grave pour être li

à la merci des indiserétions

MONTCALM —D'un aussi petit personnage?

VAUDREUTI:.-—Oui assurément

MONTCALM.-—Mon Dieu! Marauis, si mince ou'il puisse un cheveu fait de l'ombre. C jeune homme : recommandé par vos amis, Flè ve bien noté des Jésuites, il est fort convenable, ie vous assure

VAUDREUIL, Un palopin, m'a-t-on dit, qui ne se gène pas pour escalader les murs

MONTCALM.-Tant ou'il v aura des heanx veux derrières les persicnnes, j uitares et des échelle Nous avons toits passé , Marquis

VAUDREUIL.-Mais, Monsieur. vous n'ignorer pas, sans doute, que ce milicien réfractaire est sous le coup d'une accusation grave et aue son coloner aurait le droit de le meitre an cachot?

MONTOATM.—Sans mes ordres?

VAUDREUIL,.—Te pourrais peut-être les lui dcmner.

MONTCALM.—Mordiou, faites, Mr le Marquis, et je l'enverrai chercher par mes grenadiers. (il remonte vers le fond.)

BIGOT (à Maurin).—Aie aie! gare l'oragel

VAUDREUIL.-Oh! oh! Marquis ne vous em portez pas! Et commençons. (11 s'assied et exa mine les papiers sur la table, il en distribue aux trois hommes.) Ah! voilà, Défence de Québec, ar mement, ressources, équipement, Ainsi, Général, vous persistez à croire que les cilorts de nos ennemis se porteront contre Québec ?

MONTCALM.—Enhardis par la prise de Louis bourg, Wolie n'attendra pas le résultat des opéra. tions d'Amherst sur le lac Champlain, pas plus que ceux de Prideaux contre Niagara. Le dinger est ici où nous serons attaqués au printemps

VAUDREUIL.-—Mais, sapristi, vous voulez dé

air la colonie et tout concentrer à Qué'ec, mais

t vérouiller la poterne et onvrir la grande por te. Refoulons les anglais au sud, protéjeons nos

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que Dieu et la nature lui ont assigné: celut la gardienne vigilante du St-Laurent.

TCALM.—Mr. le Gouverneur, nous ne nous

catendrons jamais. Je vous parle de la guerre, et vous faites de la rhétorique.

VAUDREUIL.—Je fais mon devoir comme Gouverneur, monsieur, bien que vous m'en rendiez la tâche difficile, Enfin qui peut répondre qu'il y ain un seul navire anglais d'ici à Terreneuve, qui?

PHILIPPE (descendant ) .—Moi...

CADET (se lève el dégage à gauche).

tin! c'est qu'ille croit!

BIGOT (se lève et va rejoindre Cadet ).—1Il les nommerait méme!

CADET (à la cheminée) —Oui, oui nommez les vaisseaux... (à part) Voilà qui va l'embéter.

PHILIPPE (se tourne vers Cadet )}.— Faut-il commencer par ceux que Vous avez empruntés au Roi, Mr. Cadet? (mouvement de Cadet, Philippe vient à Vaudreuil, Montcalm descend.) Peine inutile, n'est-ce pas? Ceux des anglais se nomment Le Neptune, Vaisseau amiral, l'intrepide, Sterling Castle, Royal William

VAUDREUIL Gironique ). Mes compliments, yénéral, votre porte-parole répète très bien. Le Roi sera sans doute enchanté d'un auxiliaire aussi précieux

MONTCALM.—Monsieur,

PHITIPI érreur, Mr. le Gouverneur, ce n'est pas le Général; c'est le peuple qui parle mar ma bouche. Oui, le peuple qui assiste impuissant à la démolition de léditice qui lui a coûté deux cents ans de travail et de luttes incessantes à ériger. Tandis que le St-Laurent se couvre de voiles anglaises, on parle de défendre un territoire plus vaste que l'Europe. Marche7, pauvres soldats, sans suïde, sans souliers! A vous la gloire! Aux délateurs les prolits! Ah Mr; le Gouverneur vous avez autant d'amour pour votre pays que le général a de cour et de courage à le délendre… Vous n'êtes pas d'accord sur leS movens de déiense du pays parce que vous ne l'êtes pas sur les causes qui l'entraîne a sa perte. (tous sont consternés. )

VAUDREUIL.—Quel affront!. Sortons, Mes sieurs

BIGOT.—C'est une indignité,

CADET. —Je suifoque! Ah! le gueux!.… (Bigot, Vaudreuil, Cadet sortent fond Maurin se dissimule dans la porte à gauche.) (Philippe tombe sur la

un peu clfravé de tant d'audace.)}

lie. (Maurin paraît à gauche.) Auriez-vous été conseillé par Maurin? Parbleu! on aime la nièce, il faut plaire au tuteur. qui nous protège. On commence par étre dupe et l'on finit par devenir fripon.

PHILIPPE (grand eri, se lève) .—Ah, mon général, je vous jure que vous vous tromper. Maurin cherche ma perte parce que j'ai refusé de lui vendre vos secrets. (Maurin se retire vivement.

MONTCALM (vient à ni). Mais tune comprends donc pas que je suis solidaire de tes paroles et que tu viens de fournir des armes à mes pires ennemis auprès du Roil

PHILIPPE (dégage à droite). Et qu'importe le Rois vous possede, l'aflection profoude, la vénération de tout un peuple, le Roi pourrait-il elfacer de nos cœurs le souvenir de votre courage et de vos vertus?

MONTCALM (gagne près de la cheminée }.—Asse! ile suifit qu'il puisse briser ma carrière

PHILIPPE (va se placer devant le portrait du Roi).—Ainsi, c'est toi qu'on redoute, à Roi cadue endormi dans la Volupte, toi qui, d'un regard atone assiste indifférent à la spoliation d'un des plus beaux joyaux de ta courotne, toi qui signes des traités honteux dans le Loudoir de tes maîtresses! Mais iln'y a done pas un homme de cœur pour débarasser la terre de cet afireux satvre! et pour te châtier comme je vais le faire... (il va pour s'élancer sur le portrait, épée haute.) *MONTCALM (vient se placer devant le portrait saisissant le bras de Philippe) Arrête, malheu reux! A genoux! On ne soufflète pas son père

PHILIPPE (recule épouvanté)}.—Mon père!

MONTCALM (ee ma'trigant) —Le roi est le père de tous ses sujets

RIDEAU

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