Montjoye, Cécile
ACTl-: IV. 117
MONTJOYE, d'u.if voi\ sourdo.
Qui donc?...
(, i: Cl 1.1-:.
Lui!... oh I je suis muo iju un mot de moi le ramènerait à vos pieds... dans vos br.is!... Mon pèie... permeltez-ie-moi... ne nie rendez pas le bonheur à demi... je l'aime tant... Et souvenez-vous que si je l'aime, cpie si toute la vie de mon cœur est à lui... c'est vous qui l'avez voulu... Et je vous le dis... je vous l'avoue, sans lui... je crois... je sens que je ne vivrai pas!
Oui, nous verrons, je te promots... oui, nous allons en parler chemin faisant... mais viens... je t'en prie... songe que ta mèro
nous attend... (ll s'aperçoit que Cécile ne renlcnd jii.s ; elle écoute des rumeurs qui se font entendre nu dehors.)
CÉCILK.
Quel est donc ce bruit dans la rue. mon père?
Rien*., je n'entends rien!...
Mais... si... écoulez... des cris... un bruit de foule... vous n'entendez pas?
MONTJOYK.
Quelque accident peut-être... ( ArrtMnnt Céclle avec désespoir.) Ne va pas voir cela, je t'en [)rie!... (Les rumeurs redoubla nt et se rapprochent.)
Mais, c'est dans la cour, maintenant... Mon Dieu, que se pas.se-t-il donc?... vous avez l'air, vous-même, troublé... inquiet...
ah! je veux voir!... (EUe court ù la fon.tre. ) MONTJOVK.
Je t'en prie, ma fille, je t'en [)rie... ckcill:.
Je veux voir... (a la fenêtre.) Une voiture !... un homme blessé
qu'on en descend... Ah! .'KUe uousse un rrl ft demeure comme atterrée, les yeux fixés sur le terrible spectacle; .Monijoye se lient prrs d'elle Immobile, dans une
sombre stupeur. Elle se retoum» sou'liin, J? regarde, et comprenant tout, elle pousse un cri déchirant, écarte son père par un geste d'horreur, se sauve à l'autre extrémité de la chambre et tombe sans mouvement .)
MONTJOYE, fou de douleur.
Ma fille! nh! Dieu! grand Dieu! (ii ouvre la porte du fond et appelle. ) A moi!... quelqu'un!... Saladinl... à moi!...
SGliNE VII.
Les Mêmes, SALADIN, accourant^, ll comprend d'un regard ce qui s'est passé, et s'agenouille près de Cécile dont il saisit la maio.
Est-elle morte?... parle-moi... je ne sais plus... je ne vois plus!...
SALADIN
Elle va revenir... mais veux- tu me croire? qu'elle ne te voie pas là en rouvrant les yeux! celte émolion lui serait fatale... va-t'en....
MONTJOYE, hors de lui et balbutiant.
Que je m'en aille? que je la laisse? ma fille... malade... mourante peut-être ! tu crois qu'il le faut?...
SALADIN , se relevant.
Que vas-tu lui dire à son réveil?...
Tu as raison... Eh bien, eh bien!... je m'en vais! je m'en
vais... (n s'éloigne lentement d'un pas roide et automatique, répétant les mémos paroles avec égarement; arrivé près de la porte, il chancelle, se retient de la main ; puis il reprend sa marche sinistre et disparait. Baladin revient prùs de Cécile et la soulève toujours évanouie.)