‹ Montmartre et ses chansons: poètes et chansonniersChapitre 2 sur 64 · AU LE30XE3TJR · texte numérisé non relu

AU LE30XE3TJR

Ce livre n'est point un ouvrage de littérature fa Ohl sûrt » s'écrieront les bons confrères); il n'est que la réunion de compendieuses notes bio-bibliographiques, de dossiers — pourrais-je dire — mêlés d'anecdotes sur tous ceux, batteurs des tréteaux montmartrois, qui y ont embouché la trompette de Bellone ou les pipeaux de Tityre, pincé la lyre d'Apollon ou de Sapho, ou fait claquer le fouet cinglant de la Satire, clamant, chantant^ susurrant, grinçant^ sifflant et riant pour la plus grande gloire de ta Butte Sacrée, « cerveau du monde, chef-lieu de la Joie et capitale de l'Esprit ». Mû par le seul désir de fournir au lecteur du Bibliophile Parisien une série de fiches de renseignements littéraires et artistiques sur les rimeurs dont le talent a concouru à établir la renommée de la chanson de Montmartre^ Fauteur, en rédigeant ces pages, n'a eu d'autre souci que celui de Pexactitude.

Si quelques appréciations touchant les uns et les autres sont, de-ci, de-là, venues au bout de sa plume, ce<it en toute sincérité quil les en a laissées s'échapper, persuadé d'ailleurs que le nombre de ses amis n'en saurait être diminué.

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et ses CI^aiisoi;s

ËGLOSION

Vers la fin de Tannée 1881, Salis, ayant ouyert, boule- Tard Rochechouart, son cabaret du Chat-Noir, les Hydro- I)athe8, bande joyeuse de poètes et d'artistes, que présidait Emile Goudeau, s'en vint du Quartier-Latin à Montmartre et s'abattit sur le cabaret nouveau-né. Elle y institua — c'était fatal I — des réunions hebdomadaires où chacun débitait ses vers ou chantait sa musique, atténuant ainsi des doux parfums des fleurs du Rêve l'acre senteur des pétuns et des cervoises. D'intimes qu'elles étaient au début, ces réunions devinrent bientôt publiques : le premier cabaret chantant était créé, donnant asile à tous les talents naissants et livrant accès à Téglogue, à l'élégie, à la romance, à la parodie et au flonflon, indifléremment.

Hais ce concert ne fut réglementé que plus tard, lorsque le Chat-Noir eut transporté ses pénates rue de Laval. Alors les poètes et chansonniers furent appointés ; leur apparition en public devint une profession. C'est de ces professionnels de la rime que je vais m'occuper, laissant pour une autre étude les « évadés », dont la majeure partie est devenue célèbre et a atteint le pinacle.

Avant d'ouvrir la galerie chansonnière, je considère comme un devoir d'adresser un souvenir ému à ceux morts — croit-on — le couplet aux lèvres, tombés à leur (( champ d'honneur », ce champ qu'ils ensemencèrent de leur verve, de leur esprit ou de leur génie, pour que la foule y pût moissonner l'oubli des douleurs, le rire et la joie.

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