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Ces résultats combinés donnent lieu à observer que
le plus grand nombre de conceptions a eu lieu en Avril et Mars, et le moindre nombre en Septembre et Octobre. Fait remarquable : les mois d'Août , de Juillet , de Septembre, qui sont les moins favorables à la génération, sont également ceux où il y a eu le plus de décès. Décembre et Mars^ deuiL des mois, où il y a eu le plus de naissances, sont les deux mois où Ton compte le moins de mariages -, et Mai, un des mois où Ton voit le plus de mariages, donne le moindre nombre de décès. Août et Juillet, qui ont peu de naissances, présentent, au contraire, le plus de décès. Enfin, Juin est un des mois où Ton trouve le moins de naissances et de décès. Ces résultats montrent assez d'analogie avec ceux qu'on obtient en opérant sur le chiffre delà population géné-
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raie du département de l'Hérault, pendant les mêmes périodes décennales.
Oa a trouvé * que la durée de la vie Dioyenne des habitants de Montpellier était de SI6 ans 3 mois 20 3/7 jours; et, en décomposant ce nombre, on est arrivé à 24 ans 3 mois 15 1/3 jours pour le terme moyen de la vie des hommes; et à 28 ans 3 mois ^8 3J4 jours pour celui des. femmes* Cette différence de 4 ans, ou 4/6 en sus en faveur des femmes, d'ailleurs très^ingulière et très-remarquable, puisque les résultats sont puisés au même lieu et dans les mêmes registres » s'explique par les divers accidents auxquels les hommes sont particulièrement exposés.
Au surplus 9 il est évident qu'ici, comme ailleurs, Vair de la campagne doit offrir encore plus de chances de salubrité que la ville même. Une atmosphère plus pure, une vie plus sobre et plus tranquille, constatent et assurent cette vérité générale. Les maladies sporadiques, dépendantes surtout des travaux, des passions , du tempérament , s'observent notamment dans les grandes villes. Montpellier est sans doute une des plus saines : cependant elle a ses maladies et ses affections particulières. On a remarqué que la phthisie inflammatoire était plus commune dans les parties de la cité les plus immédiatement soumises à Faction des vents du nord et du nord-ouest. ^ Leroy a observé que le nord-ouest, qui amène ordinairement le beau temps à Montpellier, est le plus salubre pour les personnes bien constituées, et que, lorsqu'il est trop sec,
* Eisai de statistique, par Hoargue ; an IX.
il mcommode celles qui ont la poitrine délicate. — Les vents du sud produisent des effets opposés. — Fouquet
a reconnu qu'en général les habitants des quartiers bas , principalement des faubourgs qui tiennent à ces quartiers y étaient plus sujets aux fièvres intermittentes, aux rémittentes bilieuses, aux érysipèles, aux ophthâlmies, que ceux des quartiers hauts , qui, à leur tour» sont plus disposés aux maladies de la gorge, aux rhumes et aux autres affections de poitrine. — Il parait, en un mot, que les maladies qui régnent du côté du midi sont plus sérieuses que celles qui existent du c6té du nord.
Ckimme nous n'avons rien dissimulé de Tinfluence du climat de Montpellier et des divers quartiers de la ville sur sa population , nous devons dire aussi que les habitants jouissent généralement d'une bonne santé, et qu'on y voit beaucoup de vieillards.
Si la longévité, dit M. Poitevin*, est la mesure de la salubrité de Tair et des autres circonstances dont la réunion doit rendre les habitations plus ou moins saines, la ville de Montpellier peut ôtre considérée, sous ce rapport , comme une de celles de nos départements méridionaux qui ont été le plus favorisées par la nature.
M. Mourgue, que j'ai déjà cité, a encore trouvé qu il y a une personne sur 7 4/2 qui parvient à la période de 70 à 80 ans» et une sur 45 4/SI qui parvient à 80
ans; tandis que le docteur Price, sur l'exactitude duquel on peut compter , a obtenu des rapports incom-
* Eisai sur le climat de llontpellier , p. 41.
POPULATIOH. 55
parablement moins favorables pour Vienne , Londres , Berlin^ Bresldu, le Brandebourg, et môme le pays de Yaad » en Saisse » qui passe toutefois pour une des contrées les plus salubres de l'Europe,
Concluons, avec ces auteurs, que rien n'autorise et ne justifie mieux le voyage des étrangers de toute nation , qui viennent en foule respirer Fair bienfaisant de Montpellier.
« Si j'étais en état de vivre dans le lieu qui me serait le plus agréable , s'écrie loseph Scaliger , je choisirais la ville de Montpellier, et j'en ferais le nid de ma vieillesse. 11 n'y a point d'endroits où Ton puisse passer plus doucement ses jours, soit qu'on ait égard à la bonté deFair, soit aux mœurs des habitants et aux commodités de la vie. » Et ce qu'il disait alors de cette ville , n'aurait-il pas eu plus de raisonencore de le dire aujourd'hui ?