SCENE XVIII
DELPHINE
Puisque c’est le docteur !...
CHAMBOCHDON.
Oui!... ah! c'est un être d’une grande dépravation !... nous avons tort de le fréquenter !...
DELPHINE
Et ce mari fera fort bien.
CHAMBOURDON.
De le massacrer ?... c’est ce que je lui ai dit...
DELPHINE
Cela lui apprendra à tromper les femmes.
CHAMBOURDON.
Tu veux dire les maris... mais enfin Planlin est notre ami... Ah! s’il y avait moyen d’apaiser cet horloger!
DELPHINE
Comment !
CHAMBOURDON.
As-tu quelque chose de bon ?... si nous l’invitions à diner?...
DELPHINE
L’horloger ?...
CHAMBOURDON.
. Je donnerais... je ne sais quoi... pour éviter ce malheureux duel où je ne suis que témoin.
DELPHINE
Eh bien. Monsieur, invitez-le.
CHAMBOURDON.
Non... toi !... de moi, il n’accepterait peut-être pas.
Comme il vous plaira, mais je vous préviens d’une chose.
CHAMBOURDON.
Après tout, c’est un galant homme.
DELPHINE
Trop galant, car il me fait la cour.
CHAMBOURDON.
A toi?
DELPHINE
Depuis ce matin.
CHAMBOURDON j avec éclat.
Ah ! le gredin ! le misérable !
DELPHINE
Faut-il que je l’invite ?
CHAMBOURDON 5 avec force
Non!... je ne veux pas lui donner à manger !...
VOIX DE BIEN ASSIS, dans la coulisse»
C’est bien ! c’est bien !
CHAMBOURDON.
Lui!
Sa voix !
DELPHINE
CHAMBOU.iDON, à part ».
Sapristi ! si je l'accuse devant ma femme, il m’accusera à son tour.
DELPHINE
Que vas-tu faire ?
CHAMBOURDON.
L'inviter à dîner décidément !
DELPHINE
Quoi !...
CHAMBOURDON.
Tour Plantin... toujours pour Plantin.
DELPHINE
Je n’y comprends plus rien.