‹ Montre perdue, recompense honnete comedievaudeville en un acteChapitre 103 sur 113 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ROLANDE!

'Alors* laissez-moi m'en aller.

BIRAUTOU.

Je brûle ! mais ma ilamme est pure !

ROLANDE

Alors, laissez-moi m'en aller!

birautou, marchant sur elle. Elle recule à gauche .

Oh ! Madame, ne vous fâchez pas! si vous saviez, mon Dieu!., j’ai encore huit ou dix ans uc plateau, je voudrais vous les consacrer!

ROLANDE

Décidément, Monsieur, est-ce un parti pris de me compromettre?

BIRAUTOU.

Vous compromettre, moi!... (Brusquement.) Je vous offre mon nom et ma main.

ROLANDE

C’est impossible, d’abord.

BIRAUTOU.,

Parce que vous ne me connaissez pas; mais s’il faut vous apporter des certificats de bonne vie et mœurs... des certificats même de capacité... je suis guitariste, élève, ami, émule de Caroulli.

ROLANDE

Qu’est-ce que cela me fait à moi.

BIRAUTOU.

Le département de l’Hérault m’a donné le jour, et je ne pense pas qu’il en soit fâché.

ROLANDE

Mais, Monsieur, qu’ai-je besoin desavoir...

B1RAUTOU.

Je suis né à Montpellier, rue des Etuves, n° 9.

Rolande, étonnée.

A Montpellier.

Je me nomme Birautou.

ROLANDE

Ciel! (Elle tombe défaillante sur une chaise, à gauche.)

BIRAUTOU.

Madame, vous ne vous trouvez pas bien... Oli! Dieu! j’ai eu tort, je le sens et je m’en irais vite; mais, vous laisser dans cet état... (Il tombe uses pieds et lui prend la main.)

Rolande, à moitié syncopée.

Birautou !... Stanislas!. .

birautou, se relevant. ^

Elle sait mon petit nom... tu sais, vous savez...

Rolande, de même.

Va-t’en, laisse-moi. Si matante Frigoule te surprenait sous ma fenêtre.

il UNE PASSION DU MIDI

birautou, au comble de la stupéfaction.

Sa tante Frigouleî... Rolande! serais-tu Rolande!

Rolande, revenant à elle, et se levant.

Qu’ai-je dit!

BIRAUTOU.

Oui, tu l’es... I Auciel .) Mon Dieu ! c’est Rolande! (Ai Rolande.) Et nous voilà comme autrefois.

Rolande, passant à droite. *

Oh ! taisez-vous ! taisez-vous!... ne rappelez pas un moment funeste qui nous a séparés pour jamais.

BIRAUTOU.

Pour jamais? tu vois bien que non.

ROLANDE

Pour jamais, vous dis-je, car il est deux obstacles entre nous.

BIRAUTOU.

Quels obstacles?... Tu es veuve, je le sais.

ROLANDE

Je suis mariée !

BIRAUTOU.

Juste ciel!... Mais le divorce n’est pas encore aboli, cl nous pouvons, en nous pressant...

ROLANDE

Un nouveau scandale! Oh ! non!... Le premier, celui dont vous fûtes cause, a précipité la fin de ma tante.

BIRAUTOU.

Elle est morte à quatre-vingt-neuf ans !

ROLANDE

Elle voulait aller jusqu’à cent, et elle m’a fait jurer que je ne vous reverrais plus, que je ne serais jamais à vous.

Rolande, je ne connais pas ton mari, tu es arrivée seule ; mais si tu ne divorces pas. je le tuerai. La Providence a permis que je te retrouve, avant d’être arrivé au versant occidental.

ROLANDE, à part.

Ne lui disons pas que c’est Costas.

BIRAUTOU.

D’abord, tu ne partiras pas; ou si tu pars, je te suis.

ROLANDE

Eh bien ! non, calmez-vous, je resterai, nous causerons; je vous ferai comprendre.

BIRAUTOU.

Et moi, je te prouverai.

Rolande, prêtant l'oreille.

Chut! taisez-vous! j’entends dans le corridor...

9 birautou, avec éclat.

En voilà un qui va recevoir une danse !

ROLANDE

Et nia réputation •

* Birautou, Rolande.

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