SCÈNE Xt
COSTAS.
Soit. Mais si vous m’empéchez do dormir, laissez-raoi bâiller au moins. (Il Mille largement.)
bihautou, à pari, le regardant.
Quel bec de Pélican !
costas, remontant, allant poser son bougeoir sur la table et
s'asseyant.
Je vous écoute.
mu Aïnou.*
Je suis amoureux, Monsieur; ça vous étonne vous autres.
COSTAS.
Mon Dieu, non, de la part de vous autres.
BIHAUTOU.
Celle que j’aime est dans cet hôtel.
COSTAS.
Celle que vous aimez est partout, je crois.
B1RAUTOÜ.
Monsieur, je vous ai permis de bâiller mais non pas de railler.
COSTAS.
Oui, j’ai tort de vous interrompre. Allez vite, finissons. Bref!...
BIRAUTOU. •
Bref, elle a juré à une parente de ne plus me voir et c’est à cause de ça qu’elle refuse de se mettre en mesure pour m’épouser.
costas, toupillant.
Eh bien?
BIHAUTOU.
Et je suis aimé, Monsieur.
costas.
Eh bien?
. BiRAirron.
Depuis longtemps.
COSTAS.
Eh bien?
BIHAUTOU.
Je n’ai que vous d’intime ami dans l’établissement. costas, de même.
Eli bien ?
BIRAUTOU.
Rendez-moi le service de faire sa connaissance, c’est facile aux eaux. Parlez-lui de moi, de mes qualités.
costas, se levant.
Ça ne serait pas long... mais avec la meilleure volonté du monde, ce que vous me demandez est impossible.
* Costa», Birautou,
28 UNE TASSION DU MIDI
BIRAUTOU, fâché.
Alors, c’est vous qui me cherchez dispute? j’accepte!
COSTAS.
Du tout, mon épouse est arrivée, mon espion, mon cauchemar, et si elle me voyait parler à une autre femme !
, BIRAUTOU.
Monsieur, c’est un prétexte.
COSTAS.
Un prétexte !
BIRAUTOÜ.
Évident.
COSTAS.
Ah ! on voit bien que vous ne connaissez pas Rolande?
mu AO TOU.
Hein?
Oui, Rolande !...
BIUAUTOU.
Rolande ? cette belle femme qui loge là au n° 3.
COSTAS.
C’est mon épouse.
BiRAUTOU, emporté.
Votre épouse ! mais je l’ai aimée, moi, et je l’aime encore \ Costas, enchanté.
Pas un mot de plus ! monsieur Birautou, j’ignore l’état de votre fortune et je ne veux pas vous offenser; mais je vous offre dix mille francs pour me débarrasser de ma femme.
BIRAUTOU.
J’allais vous en offrir quinze mille pour divorcer, pour me la céder... c’est cinq mille francs que je vous dois.
costas, lui présentant la main.
Je vous donne quittance.
BIUAUTOU.
Généreux Costas. {Ils s’embrassent.)
costas.
Malheureusement, cher ami, ca sera difficile. Vous connaissez le caractère de ma femme !
BIRAUTOU.
Mieux que vous.
costas.
Vous savez donc ses délicatesses, ses scrupules fruit de son éducation?
birautou, réfléchissant.
Elle tient ça de sa tante Frigoule.
COSTAS.
Elle me déteste, elle vous aime et malgré ça elle ne se prêterait pas à l’éclat d’un divorce.
BIRAUTOU.
Si on lui forçait la main?