SCÈNE XV III
CHAMBOURDON, DELPHINE.
CHAMBOURDON j à lui-même **.
Un duel! pour une montre! pour une femme!
DELPHINE, s’avançant vivement.
Pour une femme?
CHAMBOURDON, sursautant.
Sapristi! la mienne!...
Voilà donc le mot de tout ce mystère.
CHAMBOURDON.
Delphine !
DELPHINE
Une intrigue!... un duel!... (a vec menace.) Ah ! monsieur Chatnbourdon !...
CHAMBOURDON.
Jamais de la vie!... (a part.) Elle est furieuse!... furens quid fœmina !... (Haut.) Je te jure... ce n’est pas moi !... je ne suis que témoin. (Apart.) Mentons franchement.
DELPHINE
Témoin?... et qui donc se bat? serait-ce?...
CHAMBOURDON.
Oui!...
DELPHINE
Le docteur?
CHAMBOURDON.
Juste ! (a part.) Lançons-la dans cet embranchement de la vérité.
DELPHINE
il sc bat avec cet horloger?
CHAMBOURDON.
Précisément! voilà.
DELPHINE
Mais pourquoi ?
CHAMBOURDON.
Pour ma montre.
DELPHINE
Encore cette malheureuse montre! Mais vous parliez d’une femme.
CHAMBOURDON.
Tu crois?...
DELPHINE
Celle de l’horloger sans doute.
CHAMBOURDON.
Juste!... Toujours le docteur... (a part.) V’ian... campons-lui tout sur le dos.
DELPHINE
Monsieur Chamhourdon, je vous préviens que j’attends une explication claire... sinon je supposerais...
CHAMBOÜRDON, balbutiant et s’embrouillant.
Mais, chère amie, est-ce qu’il y a au monde quelque chose de plus clair que ça. Voilà un Mexicain... non, urt horloger qui rentre chez sa montre... non, chez sa femme... Que trouve-t-il par terre? une femme... non, une montre.
DELPHINE
Eh bien?
CHAMBOÜRDON.
Naturellement, il ouvre la boite... et que voit-il dedans?.,, mon nom de Chambourdon... alors naturellement cet officier... non, ce Mexicain... cet horloger vient ici... croyant que c’est moi...
DELPHINE
Sans doute!...
CHAMBOURDON.
Et pas du tout!... c’est Plantin!...
DELPHINE
Comment?
CHAMBOURDON.
A qui j’avais prêté ma montre!... (a pan.) V’ian ! tout sur Plantin!... (Haut.) Et qui l’avait laissée chez cette femme... à onze heures du soir.
DELPHINE
A onze heures du soir!... Ainsi cet homme qu’on a vu se sauver de chez elle, au moment où le mari...
CHAMBOURDON, vivement.
Ce n’est pas moi !...