SCÈNE II
DELPHINE, B1ENASSIS.
BIENASSIS *
Recevez, Madame, mes sincères hommages... et veuillez excuser l’incongruité d’une visite si matinale.
DELPHINE
Que désirez-vous. Monsieur ?
BIENASSIS
Je ne crAis pas me tromper... c'est bien avec vous que j’ai eu le bonheur de voyager il y a quarante-huit heures, railway d’Orléans, wagon 714, train de neuf heures vingt-trois.
C’est possible. Monsieur, mais...
BIENASSIS
Oh ! Madame, j’en suis sür !... vous avez des traits que l’on n’oublie pas., hier en vous entrevoyant de la rue à cette fenêtre, je pouvais douter... mais à présent qu’il m’est donné de
VOUS Considérer de [très... (Il ao colle «on lorgnon à l’œil.)
DELPHINE
Enfin, Monsieur... que voulez-vous?
BIENASSIS
Vous rendre un léger service... qui vaudrait tout au plus quinze sous pour un commissionnaire... un franc vingt-cinq pour un cocher de fiacre... mais qui pour moi est d’une valeur bien supérieure... puisqu’il me procure l’occasion d’admirer une lois encore... et chez elle...
DELPHINE
En vérité, Monsieur, j’ai beaucoup de patience, mais...
BIENASSIS
Je n’en abuserai pas... je vous rapporte un objet oublié par vous dans le wagon.
DELPHINE
Un objet ?
BIENASSIS
Ces gants.
DELPHINE
Ils ne sont pas à moi.
Bah !... (a tut— même.) Je m’en doutais... ce sont les miens.