SCÈNE XDI, les mêmes, MONTBRISSON
montbrisson , accourant.
À Y Aigle noir, mon cher ami, à Y Aigle noir, c’est tout près d’ici. (S'arrêtant.) Ensemble! j’arrive trop tara !
LE COMTE
L’hôtel où nous sommes descendus!...
ALBERT
Je vous cherchais partout, comte, et j’avais chargé monsieur Montbrisson de s’informer... [A Montbrisson.) Merci, cher ami. ( Plus bas.) Brigand, qui ne me dis pas qu’il est son mari...
MONTBRISSON
Tu n’as jamais voulu m’entendre.,.
ALBERT
Taisez-vous ! et occupez un instant le comte ; montrez-lui les ressources de votre esprit ! (// revient vers la comtesse.) * montbrisson, à part.
Mais, je suis son domestique, moi ! il va me faire porter sa livrée! Mille millions de nom d’un petit bonhomme ! ( Albert montre des yeux le comte à Montbrisson.)
montbrisson, d'un ton furieux.
Ici, comte !
le comte, d’un ton rauque.
Qu’est-ce, Monsieur’
montbrisson, se reprenant.
Je dis, comte, ici, ici, sous ce beau ciel, au milieu de cette verte nature, les pensées doivent vous arriver en foule. ( A part.) Je fais un métier indigne !
LE COMTE
Oui, oui ; mais il m’en arrive partout à moi, ce que je cherche surtout, c’est la concision.
Oui, vous me l’avez déjà dit...
LE COMTE
Je voudrais avoir votre opinion sur... (Ils continuent d par - 1er bas.)
Albert, à la comtesse, un peu bas.
Oui, Madame, vous m’écoutez avec moins d’indulgence que ce matin... vous me regardez avec des yeux moins doux.
LA COMTESSE
Je ne sais ce qui peut vous faire croire à une différence, Monsieur, je vous connais à peine, je ne vous connais pas, et... nous ne devons pas, nous ne pouvons pas nous revoir.
* La comtesse, Albert, le comte, Montbrisson.
STEEPLE-CHASE
i.e comte, à Montbrisson qui s’est assis.
Est-ce que vous dormez ?
MONTBRISSON
Ah ! je le voudrais bien...
i.e comte, vivement.
Comment !
MONTBRISSON
Non, comte... Je dis, que je le voudrais, que je ne le pourrais pas... Ah! elle est étonnante, votre pensée, comte, elle est immense comme l’infini. (.4 part.) Et c’est pour la séduire tranquillement qu’il me charge... je fais un métier stupide ! (Haut, au comte, presque avec colère.) Mais tout cela, comte, c’est votre faute; sans ce duel extravagant, Albert n'aurait pas tant couru la poste et n’aurait pas rencontre la comtesse, et aujourd’hui je ne l’aurais pas pour rival, c’est-à-dire nous ne l’aurions pas, non... vous ne l’auriez pas... ( A part.) Allons, bon ; où vais-je me fourrer maintenant !
le comte, à part.
Quoi! lui aussi! (Haut.) Permettez, Monsieur, vous dites... (Ils parlent bas.)
ai.bert, à la comtesse.
Et j’en sortirai par une affreuse extravagance.
la comtesse, à part.
11 en est bien capable!... (Haut.) Eh bien, oui , vous me reverrez.
ALBERT