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BIRAUTOU, seul.
[La sonnette du n° 3 n'a pas cessé de tinter et de s'agiter. Birautou monte sur une chaise et la tamponne avec un journal.) La fille pourrait entendre et venir... tamponnons... (Il descend de la chaise.) Une veuve! lanière des Gracaues est veuve! miellé occasion, moi qui voudrais me marier! [La sonnette s'agite de nouveau sans bruire.) Oui, va, sonne!... sonne!... C’est que je n’ai pas de temps à perdre ! La vie est comme une montagne qui a deux versants et un plateau : j’ai franchi le versant oriental, le versant de la florissante jeunesse... et me voilà, à l’heure qu’il est, sur le plateau de la verte maturité... mais, dans huit ou dix ans, je descendrai le versant occidental, le versant des ganaches,.. je dégringolerai, comme mon voisin de Pontoise, fabricant d’ardoises, Seine-et-Oise.., et alors, je me ferais un scrupule de me marier, parce que, moi, j’ai des principes, et qu’après tout...
Air de Colelto.
Quand uue femme, alors qu’on n’est plus vert,
Subit, hélas ! nos heures décrépites,
Et tous les maux de notre pauvre hiver :
Gastrites, enrouements, catarres et pituites,
A cette femme, il flfut, en d’autres temps,
Pour la trouver envers soi douce et bonne,
Avoir donné les fleurs de son printemps,
Ou tout au moins les fruits de sou automne.
Ou fleurs, ou fruits, donne/, pour qu’on vous donne.