‹ Montre perdue, recompense honnete comedievaudeville en un acteChapitre 97 sur 113 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

birautou, à part , charmé.

Ça vient d'elle. [Haut, et descendant à gauche.) Depuis quelques instants.

Rolande, se retournant. *

N’étiez-vous pas cette nuit, de Bayonne ici, sur l’impériale de la diligence ?

bibautou, à pari.

Elle m’aurait remarqué? (Haut, gracieux.) Oui, Madame, la diligence Gargaillo et compagnie.

ROLANDE

Eh bien, Monsieur, nous avons voyagé ensemble.

BIBAUTOU.

Madame était dans le coupé?

ROLANDE

Oui, Monsieur.

bibautou, à part.

Dire que je l’ai eue sous mes pieds ! j’ai bien envie de me jeter aux siens.

ROLANDE

On est très-mal dans ces voitures.

birautou, tombant à ses pieds.

Oh ! Madame !

Rolande, stupé faite et effrauée.

Monsieur?

birautou, o part, au public.

Trop tôt! (Haut.) Je voulais vous montrer ma position sur l’impériale, tant la capote est basse. (Il se relève et remonte.) Rolande , rassurée , parlant à sa droite.

Ah ! je comprends, et je vous plains, Monsieur... vous avez dû bien souffrir.

birautou, descendant à droite.

Le martyre; moi surtout, si vif, si impatient.

Rolande, se retournant.

Les eaux vous remettront de vos fatigues. On les dit trèscalmantes.

birautou, soupirant.

J’en aurais bien besoin!

Rolande, pliant sa lettre.

Là, j’ai fini.

bibautou , à part.

Déjà!

Rolande , menant l'adresse.

Et je n’en suis pas fâchée.— Il est tard. (Cherchant sur la table.)

birautou , vivement.

Les pains à cacheter? Voici.

(Il les prend sous des papiers et les lui offre.)

" Rlrantou, Rolande.

UNE PASSION DO MIDI

Je vous donne bien de la peine, Monsieur.

birautou, galant.

C’est un plaisir. L’homme d’ailleurs n’est-il pas en ce monde aux ordres de la femme? Si Dieu l’a créé le premier, ce n’est pas nu’il lui soit supérieur, au contraire ; c’est que Dieu a voulu que la femme, en paraissant sur la terre, dans son domaine, y trouvât un serviteur.

rolande , à part.

C’est très-gentil, ça. (Haut.) Vous ôtes dans les bons principes, Monsieur, et maintenant (elle cherche sur la table) je voudrais...

BIRAUTOU.

Sonner, Madame?. . . ( Mettant la sonnette dans sa poche sans cire vu.) il n’y a pas de sonnette... mais je puis suppléer à son absence, si... (Il tend la main.)

Rolande, se levant. ,

Oh! Monsieur, ce serait abuser...

BIRAUTOU.

Et mon métier de serviteur?...

rolande , donnant la lettre.

On n’est pas plus obligeant.

birautou, tombant à ses pieds après avoir lâché la lettre.

Je suis...

rolande, reculant.

Monsieur !

birautou, à part.

Trop tôt. (Haut.) Je suis. un maladroit, j’ai laissé tomber votre lettre. (Il se relève.)

ROLANDE

Vous ne vous êtes pas blessé ?

BIRAUTOU.

Du tout. (S’acheminant vers le fond. — Rolande passe à droite.) Il y a des jours comme cela , où l’on est gauche , troublé ; on est ébloui. (Criant.) Garçon ! (Plus fort.) Garçon !... garçon ! ! !

ROLANDE

Vous allez vous faire du mal, Monsieur.

BIRAUTOU.

Je suis (Calme.) Garçon. (A part.) Ça lui fait savoir

(Criant.) Garçon ! garçon ! ! !

le garçon , arrivant par le fond. * *

Pas si fort! tout le monde est couché; Monsieur pouvait bien sonner.

ROLANDE

Oui, quand il y a des sonnettes.

' Birautou, Rolande.

** Birautou, le garçon, Rolande.

Page 1