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(1) Sur la cérémonie du “ mai” voir Lalande, Histoire de Boucherville, p. 197.
(2) Une autre loi concernant la milice fut adoptée en 1868,
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LE SERVICE [DES INCENDIES] À QUÉBEC EN 1825 LES POMPES PRIMITIVES — LES “ WATCHMEN” LE TOCSIN.
Aujourd’hui, nous allons parler de la police et du service [des incendies] dans le bon vieux Québec, en 1825.
En ce temps, le guet était composé d’environ vingt-cinq Waichmen sous le commandement du capitaine Pinguette, La nuit, le Watchman de Québec portait, d’une main, un grand fanal allumé et de l’autre une crécelle dont le bruit s’entendait à une distauce d'environ un mille. Pendant que le citoyen du vieux Stadacona reposait la nuit, dans son lit, il entendait toutes les heures les cris des constables du guet. Le Watchman criait toujours en anglais, l’heure et le temps qu’il faisait, par exemple : Zleven o’clock! siormy night, rainy night, moon night, slarry night, all is well! (1)
Lorsque le feu éclatait dans quelques maisons, l’alarme était d’abord donnée au Watchm:n. Celui-ci criait Fire Fire! de toute la force de ses poumons. Ce cri était répété par tous ses Compagnons qui agitaient leurs crécelles et réveillaient tous les habitants, Il n’y avait pas de cloches sur les stations de pomp"3 Gt il fallait courir chez le bedeau O’Neille, (2) qui résidait sur la rue Saint-Flavien. Le bedear: s’habillait à la hâte et muni d’une lanterne, il montait dans le clocher de la cathédrale et frappait une des cloches avec un marteau qu’il tenait à ln main. Ie bedeau restait dans le clocher et faisait résonner le tocsin pendant toute la durée de l’incendie,
Sur lee entrefaites, l’alarme était donnée au poste central du guet, situé sur la côte des Chiens, en bas de l’ancienne porte de la Canoterie, porte Hope. Un des Watchmen sortait alors avec un gong d’un diamètre. de deux pieds et demie qu’il frappait
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avec un maillet. 11 parcourait les principales rues de la ville en remplisant l'air du bruit sonore et sinistre de son instrument.
Les pompiers couraient à leur poste et sortaient les pompes. Mais comme on ignorait alors, le télégraphe d’alarme, il était impossible de préciser l'endroit où le feu avait éclaté. Deux compagnies de pompiers se rencontraient à la bifurcation des rues et s’interrogeaient mutuellement sur la question du quartier où était l’incendie. Souvent, on ne s’accordait pas sur l’endroit et les pompes étaient dirigées à la fois vers deux points différents.
A cette époque, les pompiers étaient sous le contrôle des juges de paix, les compagnies de volontaires ne s'étant organisées que vers 1826, sous le capitaine Sewell.
La loi municipale obligeait les habitants de Québec à garder continuellement dans leur résidence quatre seaux de cuir et un bélier. Les seaux servaient dans la chaîne que formaient les citoyens entre la maison en feu et le puits le plus voisin. Comme le seau devait passer quelquefois par une cinquantaine de mains avant d’arriver à la pompe, il n’y avait que fort peu d’eau dedans lorsqu'on le vidait.
Les boyaux n'étaient pas encore inventés et la lance était fixée au sommet de la pompe. Cette lance était mobile et elle jetait l’eau sur le toit des maisons les plus élevées.
Les pompiers se servaient du bélier pour défoncer les portes ou abattre des murs. En hiver, lorsque les pompes étaient gelées, des charretiers allaient à la brasserie McCallum (la seule qui existait à Québec, en ce temps-là) pour en apporter des tonneaux d’eau chaude pour les faire dégeler.
En 1832, il fut formé à Québec plusieurs compagnies de pompiers volontaires. Les vieux citoyens se rappeilent les compa: gnies suivantes :
Les séminaristes,
Capitaine de Blois.
Les Cœurs de Lion,
Capitaine Parent.
Les Invincibles,
Capitaine Manly.
Les Voltigeurs de Saint-Roch,
Capitaine Garneau.
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LE BON VIEUX TEMrs 45
Il y avait de plus, une compagnie dans le faubourg Saint- Jean, sous le commandement de M. Collerette Belleau. Les Irlandais du Cap avaient aussi formé une compagnie de pompiers volontaires,
comme il n’y avait pas d’aqueduc dans l’ancienne capitale et come il fallait recourir aux puits en cas d'incendie, on peut juger des difficultés qu'on était obligé de surmonter pour obtenir un service efficace des incendies. Québec, sous ce rapport, était alors, de cinquante ans en arrière de Montréal,
18 novembre 1884.
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LES DUELS ET LES BATAILLES IL y A QUARANTE ANS.
Nos grands-pères étaient très chatouilleux sur le point d'honneur et les rencontres singulières étaient. assez fréquentes. De 1834 à 1837, les esprits étaient surexcités par les articles passionnés de la presse libérale et les discussions acerbes entre adversaires politiques amenaïent souvent, soit un duel en règle, soit une rencontre à coups de canne ou à coups de poing.
En 1836, il ÿ eut une bagarre assez sérieuse dans le Théâtre de Molson, situé, comme nous l'avons déja dit, à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'aile Est du marché Bonsecours. Le rideau venait de se baisser à la fin d'une représentation et l'orchestre jouait l'air de God save the King, air de rigueur à la fin de toute soirée dramatique ou musicale. Il y avait, dans le parterre, l'élite de la jeunesse du temps et plusieurs officiers du régiment en garnison à Montréal. Aux premières notes de l'hymne national de la Grande-Bretagne, les militaires s’étaiont décoiffés et, voyant que plusieurs patriotes restaient impassibles aux accords de cette musique loyale, ils voulurent les forcer à ôter leurs chapeaux. Il y eut une véritable mêlée dans le parterre, les coups de canne pleuvaient drus comme grêle, les banquettes furent désarticulées pour fournir des armes aux combattants. Il y eut des yeux au beurre noir, des nez grecs changés en nez camards et plusieurs figures mises en compote,
Un M. Rodolphe Desrivières (1), ur. bel homme au torse herculéen, qui ignorait ce qu'était la peur, était au plus fort de la mêlée et son poing s’abattait comme une massue sur les bureaucrates qui reprenaient un billet de parterre. En cette occasion, il fut provoqué en combat singulier par le docteur Jones, chirurgien de l’armée ar se, Le cartel fut acceptég sur le champ et la rencontre eut lieu sur la rue Notre-Dame,
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(1) Marchand, membre du “ Club des Fils de la Liberté ”.
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devant l’ancienne église anglicane, bâtie à l'endroit où se trouve actuellement le magasin de MM. Lavigne et Lajoie, (1)
Le combat se fit à coups de pdings et dura peu de minutes. L'avantage resta au Canadien qui mit son adversaire en marmalade. Disons, en passant, que Desrivières était renommé par sa force prodigieuse. Plus tard, des propos un peu aigres échangés, au tribunal, entre deux avocats, M. W. C. Meredith, aujourd'hui juge de la Cour Supérieure et M. James Scott, amenèrent un duel sérieux.
Les deux adversaires se battirent avec des pistolets d'arçon, au pied de la montagne. M. Scott fut blessé à la cuisse, blessure qui ie rendit infirme pour le reste de ses jours. (2)
En 1839, M. Robert Sweeney, inspecteur des potasses, provoqua en duel le major Ward, du ?1ème régiment Royal, pour venger l’honneur de sa femme.
La rencontre eut lieu dans un bocage sur la rivière Saint- Pierre, avec des armes à feu.
La balle de Sweeney traversa le cœur du major. Celui-ci, lorsqu'il fut atteint par le plomb mortel fit un saut de trois ou quatre pieds en l'air et retomba foudroyé sur le terrain. Une cinquantaine de personnes, dont plusieurs vivent aujourd’hui ont été témoins de ce duel. (3)
Peu de temps avant la rébellion de 1837, il y eut un duel entre M. Ludger Duvernay (4) et M. C. C. Sabrevois de Bleury. Ce dernier était un patriote qui avait apostasié la cause libérale pour devenir bureaucrate. La Minerve l’avait vertement tancé pour sa défection, ce qui eut pour résultat un cartel en règle. Duvernay accepta le combat et se rendit sur le terrain.
(1) Il s’agit de la “Christ Church”. Ce temple fut incendié le 9 décembre 1856. Ernest Lavigne, musicien fameux et Joseph Lajoie, son joyeux associé, tenaient un magasin d'instruments de musique. trois portes à l’ouest de la rue Saint-Laurent. Tls représentaient surtont 11 fabrique de pianos Sohmer, nom qu’ils donnèrent, plus tard, au pare d’amusements qu'ils fondèrent, coin Notre-Dame et Panet.
(2) L’hon. Meredith est mort en 1894. Quant à l'avocat Scott il a été inhumé le 6 juin 1852.
(3) Ce duel eut lieu le 22 mai 1838 près d’un hippodrome sis à l’ouest de la rue de l'Eglise, ville de Verdun, M. Ward était major du régiment des “ Royals” et M. Sweeney était capitaine dans un bataillon de vo'ontaires.
(4) Ludger Duvernay, l'un des fondateurs de la Minerre et fondateur de la société Saint-Jean-Baptiste. Sur C. CL. de Bleury, voir la note page 34.
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DeBleury avait eu plusieurs années de salle et passait pour un tireur redoutable.
Duvernay, qui était novice au pistolet, manqua son adversaire et reçut une balle dans la cuisse,
Pendant les polémiques ardentes entre l'Avenir et la Minerve, MM. Joseph Doutre et Georges-E. Cartier se rencontrèrent eur le terrain, mais le duel n’eut pas lieu à cause de l'intervention opportune de la police. (1)
Parmi les duels du bon vieux temps où il n'y eut pas de sang versé, nous mentionnons ceux de M. Ramsay et Labrèche-Viger, (2) Dessaulles et Morin, (3) et last but not the least, Globensky et Mathieu. (4)
En 1858, M. Fournier, rédacteur du National de Québec, eut un duel sur les Plaines d'Abraham avec M. Vidal, rédacteur cu
(1) J. Doutre, avocat fameux, né à Beauharnois en 1825, mort à Montréal, en 1886. Sir G.ÆE, Cartier, un des grands hommes d'état du Canada, né en 1814, mort en 1873.
Au sujet de ce duel, ls Patrie a publié en février 1915 la note suivante:
“ Joseph Doutre était un des politiciens libéraux les plus ardents et les plus actifs de Montréal. En 1848, il collaborait au fameux journal l* Avenir ”. 11 publia dans ce journal une comédie intitulée “ La Tuque Bleu:”” et dans laquelle Georges-Etienne Cartier était malmené. Ce dernier, prompt et irascible, rencontra Doutre et le traita assez cavalièrement. Doutre provoqua Cartier en duel,
Les deux adversaires se rendirent avec leurs témoins sur la montagne, près de l'Observatoire de Montréal, pour vider leur querelle. Mais au moment où les témoins allaient donner le signal du combat, un détachement de police guidé, dit-on, par le père de Cartier, fit son apparition. On fut donc obligé de remettre la partie.
Les jeunes libéraux accusèrent Georges-Etienne Cartier d’avoir luimême, par lâcheté, averti la police. Cartier, imbu des fausses idées du temps sur le duel, provoqua à son tour Joseph Doutre.
Cette fois, le duel eut lieu sur la route de Chambly. Au premier coup de feu une balle perca le chapeau de M. Doutre, Les témoins voulurent alors arrêter le combat, mais sur les instances des deux adversaires le combat reprit. Personne ne fut atteint à cette seconde reprise, et on se sépara satisfaits. ”
(2) L. Labrèche-Viger, avocat, rédigea l’Aurore des Canadas pendant quelque temps. 11 est possible que son adversaire ait 6t6 Thomas- K. Ramsay, plus tard juge et qui est décédé en décembre 1886.
(3) L'un des adversaires était l'honorable Louis-Antoine Dessaulles, greffier de la paix de 1870 à 1876 et mort en France, tandis qu'on prétend que l'autre était l’hon. Lonis-Siméon Morin. brillant politicien. né en 1832 et qui, à l’ige de 30 ans, faisait déjà partie du cabinet Cartier-Macdonald.
(4) Nous n'avons aucun renseignement sur ce duel, sinon que les deux adversaires devaient être des dentistes bien connus de l’époque.
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