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LA SAINTE-CATHERINE — HISTOIRE DE NOS RUES

C’est aujourd’hui la fête de Sainte-Catherine.

Que les temps sont changés!

Dans le bon vieux temps, cette fête était célébrée dans presue toutes les maisons canadiennes. C'était un jour de grande

iesse.

Le travail était suspendu et le plaisir était partout à l’ordre

u jour.

La ménagère passait sa journée à préparer le festin de rigueur.

Dans toutes les familles, c’était une fête à rendre des points aux noces de Gamache.

La soirée et la nuit entière étaient consacrées à la danse. Tout le monde sautait, les vieux comme ‘>s jeunes, au son du violon et de la clarinette.

Dans la maison du pauvre, où l’on ne pouvait se payer le luxe d'un violoneux, on dansait “sur la gueule ” ; c’est-à-dire que la musique ressemblait un peu à celle de la danse des Indiens.

Les danses du bon vieux temps étaient le cotillon, le reel à deux, et le ree/ à quatre, le menuet francais, la jigue voleuse et la jigue frotteuse. Cette dernière danse était aussi tapageuse que les clogs des Américains, Le jour de la Sainte-Catherine on faisait de la tire dans toutes les familles, et le réveillon, après le bal, était d’une magnificence extraordinaire.

Au dire des plus vieux citoyens de Montréal, la célébration de cette fête remontait au temps de leurs ancêtres.

C’est le cas de répéter aujourd’hui que les temps sont changés.

Fouillors encore les archives de l'hôtel de ville. Nous \ trouverons les renseignements suivants sur l’histoire de nos rucs et de nos places publiques.

L'ouverture de la rue Guy remonte à 1815. En cette année les magistrats ordonnèrent “ouverture d’un chemin à travers

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les propriétés d’Etienne Guy, pour faciliter les communications du chemin haut du faubourg Saint-Antoine, ou de celui venant de la Côte des Neiges, avec le chemin bas du même faubourg venant de Lachine.”

En 1817, on légalisa l'ouverture des rues King, Queen, Prince, George, Nazareth et Gabriel, le long du terrain du Petit Séminaire, [c’est-à-dire d' deuxième Collège de Montréal qui, alors, était sis sur le terrain occupé de nos jours par le marché à foin, coin des rues Inspecteurs et Saint-Paul].

Pendant la même année on continua la rue Saint-Paul jusqu'à la rue McGill. La rue Saint-Maurice fut percée en 1817. Cette rue portait autrefois le nom de Saint-Paul. (1)

En 1818, on légalisa l'ouverture des rues Sainte-Hélène, Lemoine et des Récollets formées sur l’ancien terrain des Récollets.

En 1818, on ouvrit la rue Dubord, [maintenant l’Avenue Viger] dont le terrain fut donné à la ville par MM. Louis-Joseph Papineau et Antoine Dubord.

La rue Côté fut ouverte en 1818. (2)

L'année suivante on forma la ruelle Busby.

En 1822, on continua la rue Sainte-Catherine depuis la rue Saint-Der'- faubourg Saint-Louis, jusqu’au chemin Papineau. Pendant la même année, les magistrats firent abattre les peupliers plantés dans les trottoirs de la rue Saint-Jacques.

En 1822, il y eut des négociations entre les magistrats et le commandant du génie pour continuer la rue Notre-Dame à travers la citadelle qui s’élevait à l'endroit où se trouve aujourd’hui la place Dalhousie. (3) Les travaux commencèrent l’année suivante.

En 1826, on continua la rue Visitation et la rue Campeau.

En la même année on perça la rue Saint-Hubert qui s’éten-

(1) Elle est appelée Saint-Pau'. par l’arpenteur Charland dans son plan de Montréal de 1801. Un pian datant de 1830 lui donne aussi ce nom. Cependant, dans l’Almangch des adresses de Doige, publié en 1819, figure une rue Saint-Maurice, au faubourg des Récollets qui peut difficilement être autre. Elle apparait aussi, sous ce dernier nom, dans le plan officiel de 1835, reproduit par Bosworth dans Hochelaga Depicta. Jusqu’alors, cette rue ne communiquait point avec la rue McGill.

(21 Cotte rue n'apparaît pas dans l’Almanach de Doige de 1819. Sur la famille Côté qui a laissé son nom à cette petite rue, voir la 2e série.

(3) Voir page 114.

dait depuis la Petite Rivière (rue Craig) jusqu’à la rue Mignonne sur un terrain donné par M. Lacroix. (1)

En 1828, on forma la rue Desrivières entre le faubourg Saint- Antoine et le faubourg Saint-Joseph.

En 1830, on continua la rue Lacroix (2?) du coin de la place Dalhousie jusqu’au rivage du fleuve.

En 1833, la ville acheta des Messieurs du Séminaire Saint- Sulpice une partie de leur terrain devant l'église paroissiale pour agrandir la Place d’Armes et redresser la rue N otre-Dame.

La place Richmond fut ouverte en 1833.

En 1834, Julius Patrick MeCabe, imprimeur, proposa aux magistrats de se charger de numéroter toutes les maisons de la ville et des faubourgs. (3)

25 novembre 1884.

(1) Hubert dit Lacroix, descendant du colon de ce nom.

(2) Cette rue s’étendait de la rue Craig aux quais. La Cie de chemin de fer du Pacifique Canadien l’a fait disparaître pour installer la gare Viger.

(3) Les maisons portaient déjà des numéros en 1819 et plus tôt, mais le numérotage était loin d’être systématique, d’après l'étude que nous en avons faite dans l’Almanach de Doige,

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