LA NAVIGATION DE 1830 À 1840 — LE PREMIER STEAMER —— LES QUAIS
De 1830 à 1840, le voyage par eau, entre Montréal et Québ: ne se faisait pas en dix heures comme aujourd'hui, sur les :teaux de la compagnie du Richelieu et Ontario. La navigation à vapeur existait depuis une quinzaine d’années, (1) mais elle n'avait pas progressé à pas de géants. Les vapeurs étaient loin d'offrir le confort de ceux qui existent aujourd'hui. Ils n’avaient qu’un pont et ne tiraient que huit pieds d’eau... Il n'y avait qu'une dizaine de pieds d’eau dans le lac Saint-Pierre, avant le creusement du chenal, en 1844.
Parmi les bateaux à vapeur qui faisaient un service régulier entre Montréal et l’ancienne capitale, nos ancêtres se rappellent l’ancien Montréal, le John Bull, le Saint-George, le John Molson, le Queen, le Charlevoix et autres. Ces vapeurs remorquaient les goélettes en même temps qu’ils transportaient les passagers. (2)
Le Hart était un singulier vapeur. Lorsqu'on s'embarquait sur le /Jart, on n'était jamais sûr du jour où l’on arriverait à sa destination. Il avait été construit à Trois-Rivières, pour son propriétaire M. Moses Hart (3) un riche commerçant de l’endroit. Il faisait un service irrégulier entre Montréal et Québec. Souvent, M. Hart était à bord de son vapeur et lorsqu'il était arrivé à un port, les passagers étaient informés, par le propriétaire, que la “ steamboat ” était fatigué, et qu'il n'irait pas plus loin. Il lui fallait un repos de quelques jours. Les malheu-
S . . . , (1) Ceci est inexact, car on voyageait en bateau à vapeur depuis 1809. Voir la note de la page 95,
(2) L'auteur, dans un article ‘suivant, donne des renseignements plus exacts.
(3) Fils d’Aaron Hart, israélite, premier du nom au Canada, et frère d’Ezéchiel Hart qui fut député des Trois-Rivières: M. Sulte, dans Pages d'histoire du Canada, pp. 401-432, a raconté d'intéressants souvenirs sur cette famille,
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reux passagers étaient alors obligés de recourir à d’autres moyens de locomotion pour continuer leur voyage,
Nous reviendrons sur la question de la navigation du bon vieux temps, parce que aujourd’hui, nous n'avons pu recueillir toutes les informations que nous cherchions.
Un mot sur la navigation océanique à vapeur. Le premier steamer d'outre-mer est arrivé dans notre port le 11 mai 1853. C'était le Genova, un steamer en bois avec des roues à aubes. Il jaugeait 350 tonneaux et tiiait 14 pieds d’eau. Il venait de Liverpool.
Le deuxième steamer a été le Lady Eagleton, 355 tonneaux, arrivé le ler juillet de la même année.
Dans l’automne de 1853, on a enregistré l’arrivée du Sarah Sands.
Le mur de revêtement de la commission du port a été construit il y a environ trente-six ans. (1)
Avant ce temps-là, Montréal n'avait que deux quais érigés au pied de la rue Saint-Sulpice. Les goélettes chargées de bois qui arrivaient à Montréal plaçaient leur proue vers la grève et les charretiers reculaient leurs voitures dans l’eau pour recevoir leurs charges. Les navires qui avaient un plus fort tonnage s’ancraient à une certaine distance Cu rivage et on improvisait une passerelle sur des mâtereaux.
11 novembre 1884.
(1) Ce mur fut commencé vers 1841.
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NOTES SUR LA NAVIGATION — LE PREMIER VAPEUR QUI SAUTA LES RAPIDES — LE PREMIER STEAMER OCEANIQUE.
Encore quelques notes sur la navigation, entre Montréal ct Québec. De 1824 à 1826, M. John Molson avait établi la première ligne régulière de vapeurs entre les deux villes. Le service était fait par le Lady Sherbrooke et le New Siwiftsure. Chaque vapeur faisait deux voyages par semaine. prix de passage venait de $8 à $9. (1)
De 1827 à 1828, il y eut une opposition à la ligne Molson. Le vapeur de la concurrence était le Laprairie, commandé par le capitaine Morin qui a été plus tard maître du port de Montréal.
L'autre ligne, pour résister à l’opposition du Laprairie fit courir un autre bateau nommé le Lady of the Lake.
Sur ces deux bateaux on avait diminué le prix du passage jusqu’à 15 sous.
Ces bateaux étaient loin d’avoir les proportions de ceux de la compagnie du Richelieu et d’Ontario, ils avaient les mêmes proportions que le Belmont, le petit vapeur qui fair le service de l’île Sainte-Hélène.
On ignorait alors, ce que c'était que des cabines sur les vapeurs. La chambre des dames était située sur le premier pont. Les lits étaient à deux étages, sur chaque côté du salon. Les hommes couchaient dans des lits placés dans la cale du bateau.
(1) C'est en 1809, que l’hon. Molson lanca l’'Accommodation, le premier navire À vapeur qui ait sillonné le Saint-Laurent. Le tarif, en 1810, était de $12, lit compris.et de $6, sans lit. Chaque passager avait droit à 60 livres de bagages. Le prix du passage était payable à 8 heures du matin, une heure avant le départ, pour permettre à l'équipage de se procurer les provisions nécessaires. (D’après une annonce du ('anadian-Courant de 1810, reproduite dans le Canadian-Antiquarian, Vol. VI). Le New-Swiftsure avait remplacé le Siwiftsure.
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En 1828, la bouilloire du Lady of the Lake fit explosion au quai de Québec tuant plusieurs immigrés.
Les chroniques privées de 1820 nous apprennent qu'un vapeur, nommé le Malsham, très probablement le premier sur le Saint-Laurent, voyageait entre Québec et Montréal. Ce vapeur appartenait à M. John Molson. (1) Plusieurs vieux citoyens se rappellent que les restes du duc de Richmond, mort enragé à Bytown, des suites de la morsure d’un renard, avaient été transportés à Québec sur le Walsham.
Nos lecteurs sont peut-être curieux d’apprendre le nom du premier vapeur qui sauta les rapides du Saint-Laurent. Affronter un naufrage dans la cataracte du grand fleuve était un acte de témérité qui mérite d’être consigné dans les annales de la navigation. Le navigateur ignorait la profondeur de l’eau dans nos rapides et tenter de les sauter, c’était faire preuve d’autant d’audace que l’homme fort dont parle Horace :
Ille robur et aes triplex.
C’était avoir trois fois la force de l’airain.
Un guide de Kingston en descendant les rapides en avait fait des sondages partiels, lorsque M. Tate de Montréal résolut, en 1810, de lancer dans ces courants dangereux, un vapeur qu’il avait acheté dans le Haut-Canada
Ce vapeur, qui s'appelait l’Ontario, prit le nom de Lord Sydenham, et descendit, le premier, les rapides du Long Sault, de Beuuharnois et de Lachine. Le Lord Sydenham a été le premier bateau à vaperr à trois ponts qui a fait le service entre Montréal et Québec. Peu de temps après, M. Tate construisit le Lady Colborne sur le même modèle.
(1) Nous avons précédemment donné le nom du premier bateau qui a navigué sur le Saint-Laurent ; le second, construit par M. Molson, se nommait le Siwiftsure et date de 1812. En 1818, outre le Malsham, il y avait le Caledonia (mentionné par M. de Gaspé dans ses Mémoires) et suivan: le Journal de M. Talbot, le Telegraph, le Quebec, le Car of Commerce, et le Lady Sherbrooke, le plus beau de tous.
Le Canada peut se vanter d’avoir construit le premier steamer qui a traversé l’Atlantique, ce steamer s’appelait le Royal William et avait été bâti à Québec, vers 1838, par M. Black. Le FRoyal William était destiné à voyager entre Halifax et Québec. I1 fut acheté par des armateurs d'Angleterre et on lui fit traverser l’océan. (1)
12 novembre 1884.
(1) Sur ce navire, voir Massicotte, Anecdotes canadiennes, p. 167.
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NOS HÔTELS DE VILLE LE SERVICE DES INCENDIES À MONTREAL IL Y A CINQUANTE ANS.
La première séance du conseil de ville de Montréal, après son acte d’incorporation, a eu lieu le 26 août 1840 (1) sous la présidence du premier maire, l’honorable M. Peter McGill, M. J. P. Sexton agissant comme greffier,
Les séances du conseil se tenaient alors, dans une maison en pierre de taille appartenant à Madame de Beaujeu et située sur la rue Notre-Dame,entre les rues Saint-François-Xavier et Saint-Jean. Il n'existe, aujourd’hui, aucune trace de cette maison qui a été démolie en 1858, lors de l'élargissement de la rue Notre-Dame.
Notre conseil municipal siégea dans cette maison jusqu’en 18H. Les bureaux de la corporation n’étaient pas bien considérables à cette époque ; le service civique se faisait par les chefs de département, assistés par trois ou quatre commis,
En 1844, les bureaux de la corporation furent transportés dans la maison de l’aqueduc Hayes qui était devenue la propriété de la ville. C’était une maison en pierre de taille, à trois étages, bâtie sur le site où est actuellement, l'atelier de carrosserie de M. Mercier. (2).
Les bureaux municipaux occupaient le rez-de-chaussée et le premier étage. I’étage supérieur renfermait le réservoir de l’aqueduc, réservoir d’une capacité de plusieurs milliers de gallons. L’ex-échevin Homier nous dit qu’en pleine séance du conseil, une partie du réservoir, placé au-dessus de la salle des séances, creva accidentellement et fallit noyer le maire et tous les conseillers.
M. J. B. Homier était alors représentant d’un des quartiers de Montréal. Le 24 janvier 1852, le conseil municipal eut