LES VIEUX POËLES DE TROIS-RIVIÈRES. — LES MARCHANDS DE
Un des plus riches citoyens de Montréal, en 1820, Ctait M. Pierre Berthelet, père de feu M. le commandeur Berthelet, C’est lui qui possédait, à cette époque, le plus grand nombre de maisons dans la métropole. Il était le propriétaire de plus de cent immiubles. Comme nous l’avons déjà dit, dans une de nos causeries, il n°y avait que la classe riche qui +-e parait le luxe d’avoir un poêle en fonte. La lasse moyenne et les prolétaires loauent les poêles à raison de 84 à 810 par hiver. On rapporte que M. Pierre Berthelet louait ainsi environ 300 poêles par année, ce qui lui donnait un assez joli revenu.
Les poêles en location à Montréal étaient des poêles à deux ponts, ayant une longueur de trois pieds et demi. Un grand nombre de ces poêles sont encore en usage dans les familles canadiennes, particulièrement dans les districts ruraux. [ls sortaient tous de la fonderie de Saint-Maurice, située à environ trois milles en arrière de Trois-Rivières. Un poêle ordinaire coûtait 840. La fonderie appartenait, autrefois, à Messieurs Monroe et Bell. Le premier se retira de la société avee une fortune considérable ct les affaires furent continuées par l’honorable M. Mathew Bell, consciller législatif. (1)
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(1) Les fameuses forges du Saint-Maurice furent louées par le gouvernement, en 1793, à une société composée de MM. Gcorges Davidson, David Munroe et Matthew Bell qui surent les faire fonctionner avec bénéfice jusan'en 1846. Dès 1809, nous apprend M. Hugh Grav, dans ses Letters from Canada, cette société faisait même un commerce d’exportation considérable de poêles et d’ustensiles en fonte. A la mort de l'honorable Bell, dernier survivant de la société, les forges passèrent à M. H. Stuart, avocat de Montréal, qui les loua à l'honorable James Ferrier, un autre montréalais. (G. E, Drummond — Radnor Forges. A souvenir).
Parlons, maintenant, de quelques-uns des principaux négociants de Montréal. Il y avait alors, sur la rue Saint-Sulpice la maison de Handyside Frères qui avaient établi une distillerie à trois milles plus bas que la ville. Les opérations de cette distillerie ne furent pas heureuses à cause de la concurrence du rhum de la Jamaïque qui se vendait à trop bon marché. Un des frères Handyside fut trouvé un matin noyé dans un puits. La distillerie fut achetée par M. Thomas Molson.
Parmi les importateurs de nouveautés les plus considérables de Montréal, mentionnons les noms de M. Alexandre Laframboise, Isidore Roy, Jean Roy et Joseph Roy qui tenaient leurs magasins sur la rue Saint-Paul, tout près du marché Bonsecours. M. Joseph Roy était le père de M. Rouer Roy, C. R. (1) et de M. Euclide Roy, avocat. Il était le propriétaire du Nelson Hotel, Place Jacques-Cartier, hôtel qui fut converti plus tard, en théâtre.
Le théâtre devint quelques années après l'hôtel Saint-Nicolas, puis l’hôtel Richelieu [et de nos jours l'hôtel Riendeau]. Nommons aussi, parmi les marchands importants du bon vieux temps, M. Charles Séraphin Rodier, qui avait le plus grand commerce de détail de Montréal. Il avait une demi-douzaine de magasins sur la rue Saint-Paul entre le vieux marché de la place Jacquos-Cartier et la rue Saint-Sulpice. M. Rodier amassa une fortune brillante dans son commerce, Sur ses vieux jours il fut élu maire de Montréal, de 1858 à 1862 et, en 1867. il était nommé conseiller législatif. (2)
En 1830, il n’y avait, à Montréal, qu’un seul épicier à proprement parler: c'était M. James Ferrier qui tenait un magasin sur la rue Notre-Dame, vis-à-vis du palais de justice. Monsieur et Madame Ferrier, portaient le tablier blanc de rigueur, se tenaient en arrière du comptoir et servaient les clients. Le commerce de la maison Ferrier fut des plus prospères et lorsque le chef se retira, il possédait une des fortunes les plus considérables de Montréal.
M. James Ferrier fut un des sénateurs de la Puissance du Canada et un conseiller législatif de la province de Québec.
9 janvier 1885.
(1) M. J. Rouer Roy, üé en 1821, fut pendant longtemps avocat en chef de la corporation de Montréal.
(2) L'hon. C. S. Rodier, naquit à Montréal le 4 octobre 1796. Après avoir fait fortune dans le commerce, il étudia le droit et fnt admis au barreau en 1841. Il a attaché son nom à diverses œuvres philanthropiques. Mort en 1874. :
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LE BON VIEUX TEMPS ll