‹ Monumens des grands-maitres de Saint-Jean de Jérusalem ... Accompagnés de notices historiques sur chacun (volume 2)Chapitre 35 sur 84 · LES I · texte numérisé non relu

LES I

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Quinjième Grand-Saître,

A ACRE

Le magistère de Guérin ‘, dont le nom véritable et la patrie sont inconnus, nous donnera encore lieu de déplorer linextricable chaos dans lequel sont tombés les historiens. Tout est confusion dans les dates, et par conséquent dans les faits. Selon le père Sébastiano Pauli, qui a recherché toutes les chartes et les vieux monumens de l’ordre, Guérin , ou par abdication ou par mort, avait cessé de gouverner dès le mois de septembre 1236. Nous allons suivre cette chronologie , en rapportant à ce Grand-Maître ce que les historiens attribuent, sans le nommer, au chef des Hospitaliers.

# Gérin, Garin ou Guarins,

Vertot et Naberat nous paraissent être tombes dans l'erreur en faisant vivre Guérin jusqu’en 1243 et 1244. Le premier assure qu'il périt dans une bataille contre les Corasmins ; l’autre dit seulement qu'il y fut fait prisonnier. Ils ont confondu ces événemens avec ceux qui concernentPierre de Ville bride.Quoiqu'ilensoit, à l'avénement du successeur de Bertrand de T'exi, la Terre-Sainte était en proie à la plus violente anarchie. L'empereur Frédéric II avait promis de prompts secours que devait conduire en Palestine son fils Conrad, héritier direct de Godefroy de Bouillon, par sa mère.Mais ces secours n’arrivèrent point, et pendant la vaine attente où se trouvaient les chrétiens, Alix, sœur de l’impératrice, voulut, en l'absence de son neveu, se saisir de cette pourpre royale dont chaque jour les Sarrasins enlevaient quelques lambeaux. Les deux Grands-Maîtres soutinrent les intérêts de Conrad, et l’empereur, prévenu à temps, fit passer des troupes en Syrie; mais, sans chef influent , elles enfreignirent toutes les lois de la discipline, et se Men tellement odieuses par leurs exactions ,

ue le peuple soulevé lés aurait exterminées, sans Mteisention de Guérin êt du M-Mitre du Temple que le pape avait invités à les protéger. En réconnaissance de ce service, Frédéric IT leur rendit les biens dont il s'était emparé.

La lettre du pape est datée du 29 juillet, neu-

vième année de son pontificat , par conséquent de l'an 1236, époque où l’on place la mort du Grand- Maître des Hospitaliers.

Ce n’est pas la première fois que nous signalons l'intervention du souverain pontife comme arbitre des actions de l’ordre. Les chevaliers de l'Hôpital étant uniquement destinés, comme le dit Raymond du Puy dans sa règle, « à combattre pour la gloire de Jésus-Christ, pour maintenir son culte et la religion catholique, aimer, révérer et conserver la justice, favoriser, soutenir et défendre ceux qui sont dans l'oppression, sans négliger les devoirs de la sainte hospitalité, » il était naturel que des liens étroits rattachassent ces soldats-religieux à la chaire apostolique, d’où émanent pour le monde chrétien les sublimes exemples et les paroles d'encouragement du serviteur des serviteurs de Dieu; il existait donc une sorte de filiation entre l’ordre de l'Hôpital et le souverain pontificat. Indépendamment de ce motif, le pouvoir moral du pape s'élevait, dans ces.siècles de foi, au-dessus même de celui des rois et des empereurs ; dans l'intérêt de l'unité religieuse , que l’on confon trop souvent av è fit de Rome, les centrait à son tribunal la conn

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