‹ Monumens des grands-maitres de Saint-Jean de Jérusalem ... Accompagnés de notices historiques sur chacun (volume 2)Chapitre 37 sur 84 · X VI · texte numérisé non relu

X VI

BERTRAND DE COMEPS,

Geiième Grand-Saître,

A JÉRUSALEM

Bertrand de Comps , d’une famille illustre de la Provence , ou plutôt du Dauphiné, et parent du Grand-Maître Arnold, succéda à Guérin en 1236. L'année suivante , il adressa une citation aux chevaliers d'Angleterre, afin qu’ils vinssent remplacer leurs frères morts en Palestine. Obéissant à la voix de leur chef, on les vit abandonner leur maison de Clarkenwille, à Londres, ayant leur robe pour cuirasse et leur épée à la ceinture. « Ils allaient, dit un auteur contemporain , inclinant la tête à droite et à gauche, le capuce abaissé, se recommandant aux prières du peuple, accouru à leur passage. »

Les courageux chevaliers virent encore l'envie

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s'acharner contre eux, malgré leur ardente charité et une valeur incomparable. L’évêque d’Acre, sur le territoire duquel l’ordre possédait quelques revenus dont il ne payait point la dîme, se rendit à Rome, accusa les Hospitaliers, et obtint du pape de nommer pour arbitres trois prélats de la Palestine même; mais ceux-ci, quin’ignoraient pas que le courage des chevaliers était le seul rempart des chrétiens , n’hésitèrent point à condamner les prétentions de l’intrigant évèque.

Il paraît néanmoins que les excès de la guerre avaient fortement relâché la piété qui brillait dans l’ordre pendant le siècle dernier. Dans une bulle, datée de l'an 1248, Grégoire IX reproche aux chevaliers : «De vivre avec des courtisanes, de fournir des secours aux hérétiques, de posséder en propre d'immenses richesses, malgré leur vœu de pauvreté; » enfin, il va jusqu'à dire «qu’ils recèlent les assassins, et qu'ils ont ae en leur faveur de faux testamens: »

Toutefois, à cette époque même, l’ordre fournissait plusieurs saints et bienheureux à l'Église.

Ptolémaïde avait vu arriver, avec une nombreuse armée, le frère du roi d'Angleterre, Richard de Cornouailles, et elle l'avait vu repartir sans exploits dignes de mémoire. Mais du moins il conquit, par un traité, presque tout ce que les chrétiens avaient possédé jadis en Palestine. Jérusalem leur fut ren-

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due, et aussitôt que les églises eurent été purifiées, le Grand-Maiître vida les trésors de l’ordre pour aider à relever les remparts de la sainte cité. Il mourut vers 1241, avant de voir cette réédification terminée.

Quatre inscriptions décoraient le mausolée de Bertrand de Comps ; le sens de la première est :

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