‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 18 sur 50 · PLANCHE VL · texte numérisé non relu

PLANCHE VL

Jupiter couronne *.

Cette pedte tête de Jupiter , quoique d'un tra<^ vail médiocre , mérite cependant l'attention des érudits. Nous pouvons assurer que c'est le premier monument en marbre qui nous offire l'image de. Jupiter avec une couronne de chêne. Cet ar-> bre à la vérité a été consacré à Jupiter par beaucoup de fables* D'après ce que dit Callimaque f Rhée mit au monde Jupiter dans T Arcadie sous un chêne (a). L'antique forêt de Dodone dans le

(i) "Winckelmanii , Eist. de FArt^ page st3o.

* Ce baste de Jupiter couronne est dans la proportion quMl conviendrait pour une statue de sept palmes j il est en marbre grec^ mais d'un style mediocre.

(a) Gallimaque, dans l'bymne à Jupiter , dit en lui parlant^ V. IO y page 39 et suiv.: mBhée te mit (tu monde à Parrana où Von voit principalement un coteau rempli ^arbrisseaux. Mais ils l'appellent le pré Ogygie de Rhée, L'Arcadie était encore desséchée; elle devait cependant bientôt devenir riche de belles eaux fertilisant ses campagnes: car lorsque Rhée détacha sa ceinture pour dépo^ ser le fruit de son sein-, quantité de chênes ouvrant leur écorce épaisse et rude^ donnèrent le cours au fieme Jaon^ »

pays dés Molosses était consacrée, à Jupiter ^ et ses chêoes rendaient des oracles , d'oii Jupiter fut ap« pelé Dodonéen (i). Pyrrhus, qui se donnait le titre de Molosse 9 .fît mettre k ses soldats des courqnne^ de chêne (a) en mémoire de ces forêts sacrées, et par dévotion pour Jupiter (3). On rapportait à Jnpiter les fêtes solennelles appelées Ufedala qui se célébraient tous les sept ans en Béoûe , do même que les autres appelées Magna Dedala , qui arrÎYaient après une période de soixante ans.

Les Argonautes , en passant par cette forêt ^ ^levèrent k ilhe« f c'est-à-dire k la Grande Mère ^ un aatel en mér nioirç d'une si auguste naissance^ et ils se couronnèrent de feuilles de chêne. Ainsi s'exprime ApoU. Rod. , liv. I, y» 1 1210 : « Ils amassèrent dans ce lieu des pierres doni ils firmèfent un autel , et ayant couroitné leurs têtes de bran* ches de chêne , ils commencèrent la cérémonie , appelant la Djradimie Mère adorée Déesse de la Phrjrgie. » . (i) Dodone, ville d'Epire chez les Molosses, est appelée par Stace et nemorum Dodona parens , Teh. , liy. lU ^ V. io6. Stefano Bizantino écrii Dodona urbs Molossidisin Epiro post quam Dodonaeus Jupiter ^ p« a49; £• Voyez Homère , Iliad. , XVI , a33. Plusieurs poètes parlent des cbènes qui avaient la parole ; c'est à eux que Virgile fait allusion^ Oeorg. 11^ y. i6: '

Atque babitae Graiis oracula quercus* Servi us ajoute ici : Nom in Dodoneo nemore arbores dan-tes responsa fuisse dicuntur. On trouve sur les nié4aiUe6 d'Halicarnasse l'image de Jupiter Dodonëen représentée enveloppé dans son palUum y entre deux arhres sur lesquels sont deux colombes., V. Vaillant , Nwn. Impp. a Pop. Graec. loqueftt. cusa^ dansVappend, h. a^num, i, (a) Fintar, dans Pyrro^ page 470 > a^ tome If. (3) ibid. , page 445 , b.

Dans ces fêtes les FlatéeDS se rendûeni à la fo^

rét où étaient d*antiques chênes , Us y suspendaient des viandes bonillies , et observaient sur quel ar« bre allait se placer le corbeau qui venait d'enleirer quelque portion de cette chair, et ib se servaient de ce tronc pour fabriquer la statue appe* lée Dedalon{\\ Cette statue de chêne ne rappelait que la réconciliation de Jupiter avec Junon opérée par les conseik deCythéron roi de Platée (a). Et si Ton a consacré l'aigle à Jupiter parce qu'il

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(i) Pausanîas dang Beotîcb ; liv. IXx ch. 3^ 716: Keft'^ runtur Dedala fludij septàno quoque €mno • • • . certe tali peraguntur ritu. Lucas est in Beotia omnium maxi" mus , non longe ab Ahelçomenis : illic perveteres quercus '^uamplurima^. In eum locum venientes Plateenses car^ nium frustra elixarum exponunt : et sane , çum avihus aliis. minus est negotii : cqrvorunt vero turham , quod omnium maxime in exta involant y quant diligentissime arcent^ Observant autem si qua alitum carnem abripuerit , in qua consederit arbore , nom ex ea sola materia caedunt ad Daedalum fabricandum : hoc enhn nomine signum vo* cant. Ces fêtes sont amplement décrites par Meursius : Graec. Periata ^ Gronov. , tome VII ^ f^g^ 749-

(a) Qa conuait le stratagème qu'employa GithfSron roi de Platee , pour réconcilier Japlter et Jufion. Il Conseilla à ce Dieu de faire oroire qa'il allait épouser Platèa ^ fille d'Asopas. Le jour des noces étant fixé^ il plaça sur- un oliar une figure en bois^ vêtue de riches habits et voilée : Ju'^ non courroucée aocournt^ et déchirant le voile de cette pré^ tendue épouse découvrit la ruse et finit par se réconci-» }ier parfaitement avec Jupiter. C'est à ce fait que les fê« tes y que l'on a indiquées^ se . rapportaient. YoyesPaus., )iv. IX ^ Beotic. y ch* ^, p9ge 7i5y et Euseb. PamphiL| Praep, Pvan^. , liv. II ^ ch. a ^ page 86, ,

est le roi des oiseaux, cm hû a de même consacré le chêne comme le prenoier de tous les arbres qpû fiit vénéré (t). Virgile et Phèdre rappellent arbre de Jupiter (a). Diodore prétend que cet arVe lui fut consacré parce que lorsque Tempire de Saturne cessa , il enseigna le premier aux hommes k faire leur nourriture de son fruit (3)« On voyait à Héraclée dans le Pont , s'élever près de Tautel de Jupiter deux très*hauts chênes , qui avaient été plantés par Hercule (4) ; enfin che% les Celtes un chêne vigoureux et haut était le seul sU «nulacre de Jupiter (5).

(i) Voyez la note 17.

{3) Igieni magna Jovis y antiquo rohore quertus Ingénies tendit ramos.

Vîrg,, Georg, m, v. 33a.

Servins faii îcî cette remarque . • . Omnis quercus Jovi est consecrata. Martial donne an chêne répîlhète de prima fronde} et Gollesséua TattribUe à la ptimàuté qu'avait sur les autres cet arbre consacï^é à Jupiter. V. MavtiaU^ H- ^ vre IV^ 54, V. a^ page 168; Phèdre parlant de^ arhrea qui étaient sous l'iuvocation du Dieu , dit , livre III , fable XVIÎ , V. a ;

DiV» legerunt arbores. Quercus Jovi.

Plutarque donne un autre motif de cette primauté ^ prétendant que le chêne fut le premier arbre crée. "Voye* page 43 > note (a).

(3) Voyex Virgile à la note (3) de la page suiv. Il est bon d'observer que l'on doit comprendre sous la dénomination de chênes tous les arbres qui portent des glands comme YesaduSj l'yeuse, etc.

(4) Jn Ponto , circa Heracleam arae sunt Jovis Stratii cognomento , ubi quercus duae ab Hercule satae. Pline, Bist. Nat., \W. XVI, c. 89^ page 5o8, ai.

(5) Jovem Celtae cohmt , Jovis autem apud eos simur lacrum alta quercia. Max. Tyr., Dis» 38 , page a67.

* Toutes ces dtatîoDS nous pfOiiTeiit qné la couronna dé chêne fat particulière à cette divînitë , et ce qdl aioutè k ia conviction c'est de voir plusieurs testes de Jupiteif dont le front est orné d'une cou- Tonne semblable sur les médailles grecques de la ThessaHe, de la Macëdobe et de rEpirè(i). H y a en outre beaucoup de bronzes de ce simulacre > ainsi couronnés^ dans le Musée d*Herculanum (2). Mais le monument où elle est représentée d'une manière admii^aUe sur la tête de Jtjpiter Egio- -cbus (5), c'est le superbe camée du ch. Zuliani qui est à présent dans la Bibliothèque de S.Marc liTemsêrMalgrë cela nous ne connaissons pas d'autre monument en marbre, que le nôtre , parmi la quantité de ceux qui représentent Jupiter, de sorte que nonobstant sa pelitfesse , et le peu de mérite de la sculpture, nòiis le regardons comme de beaucoup de. valeur à rajson de sa rareté.

Mous espérons qae, quoique nous ayons déjà iparlé assez longuement de ces couronnes (4)) ^

(i) Od peut voir des médailles avec cette im^ge dans G olzia8> iVtfm. Grec. ; pi. ÏV ^ n. 5^ 4; ^ ^t 6 ; pi. XIX^ num. I 1 ti. 4/ 5> pl* XXl£^ num. 8. Voyez Eckel. ^ Doct. Num. Fet. f tome 11^ page i53. Et dans Gesncr , Niim^Pop. et Urbium, tome 11^ EPIROTAE, pL XI, i, page a4o; MA.CEDONES^ pi. XL, Sa , XLÎ, 7, page ago, THESSALÏ^ pi. XXIV, a^ 4, page a63.

(2) Herculanum^ Bronzes ^ tome 11^ pi. Il , n. i.

(3) Visconti^ Osservazioni sopra un antico cammeo rap* presentante Giove Egioco, Padoue 1793, ìd-4*

(4) Jean de Choul | fils du célèbre Guillaume de Choul , <jui a écrit sur la religion et Fancienne milice romaine, émule de son père dans ces sciences, a publié Tbistoire

%era agréable k nos lecteurs qtie ; nons letir eD rappelions d'autres usages postérieurs, en leur indiquant comment, après avoir été réservées aux Dieux^ elles passèrent sur lé front dés mortels; car éUe fut consacrée à Cérès comme à Jupiter (i) et à Hécate (3). Selon ce q[ue nous dit Plutarque (3) ,'le

Wi^i^

étendue du chêne , et i} y a rassemble toute IVruditioa que l'ou pouvait retirer des ouvrages des auciens écrivains grecs et latins: De varia Quercus historîa auctore Io de Choul G. F., Lugduni apud G. RovilHum, i555, în-«.

. (i) Pour resdce à Cérès les honneurs sacrés qui lui sont dus.» Virgile veut que chaque agriculteur avant de porter la faux dans ses ' moissons se ceigne le front d'une couronne de chêne : '

Neque ante

Falcem maturis quisqiuim supponat aristis , Quam Cereri torta redimitus tempora qaercu Det motus incompositos ^ et carmina dicat, Vîrg. ^ Georg, I ^ v. 4? ; P^^ge ^78 , où Servius observe : Id est hahens in memoria victum priorem a quo Cereris reyocatus est henignitate> Nam olim homines glandibus vescehantur,

(2) He'cate, comme Deesse des ténèbres, e'taft couronnée dé chêne ^ parce que cet arbre porle le plus d'ombre. Voye» Paschal. ^ de Coronîs, page 49^*

(3) Plutarque dans lesParalel'es des Vies , Corîol. , t. IT, page 56. If aque Victoria dux potitus j illum (Coriolanum) inter primas corona quercina donavit, Haec enïm ei qui servavit civem de more datur. Sive quercum potissimum. in honore hahuerunt ^ causa Arcadum, qui glandivori sunt ah oraculo divinio appellati, sive quod facilius ubique sit âucibus hujus copia arhoris; sive sacra Jovi urhiumpraesidi, coronam quercinam rite dori , oh servatum civem consueverint. Dans les Questions Romaines , le même Plutarque ajoute d'autres raisons à celles qu'on vient de lire :

chêne fut choisi, pour former la couromie civique que l'on accordait à ceux qui avaient sauvé la vie des citoyens, parce que cet arbre était facile à trou** ver partout, et parce qu'il appartenait à Jupiter PolieuSi c'est«à-dire qui gouverne les villes, et aussi pour Suivre une coutume ancienne des Arcadiens. Cette couronne composée des feuilles fraiches d'/schium ( espèce de chêne ) et de chêne lut queU quefois exécutée en or inutant ces feuilles ( i ). Do* niitien ayant ensuite institué dans Rome des corn* bats en l'honneur de Jupiter Capitolin, consacra la couronne de chêne pour prix à décerner aux poètes et aux joueurs de lyre (a).

Aut prisca e$t Arcaàum consuetudo , qmbus aliqua est cum quercu cognatio. Primi enim e terra enati creduntur y sieut qitercus inter stirpes prima. Quaest. Rom. XGI, p. 60.

(1) Pascalius^ p. 4^> affirme que dans les temps oh régnait le luxe à Rome , on faisait aussi les couronnes civiques en or* La tète colossale de Trajan qui est dans le Musée Capitolin ^ a une couronne de chêne au milieu de laquelle est une pierre , sur laquelle est-sculpte Taigle de Jupiter ; d'où Von peut croire que les feuilles ne sont pas naturelles , mais artificielles. Visconti, Museo Pia- Clément., tome VI, Busti ^ pi. XL.

(là) Suétone j Vie de Domitien , eh. 4 y 9 ^ P^S^ ^^^* Juvénal fait allusion k la couronne de chéne que Ton distribuait aux vainqueurs dans ces jeux. Y. Satyre VI du liv- 11^ V. 386;

An Capitolinus deheret Pallio quercus Sperare , et fidibus promit tere . • .

Lubinus , ancien scoliaste^ interprète ainsi ce passage : Id est sacrificio dato deos interogahat , an PoUio citkaroedus, adidter suus , in certamine quod Joyi Capitolino a Domitiano,institutum , vietar iam sperare , et coronam ex quereli qtia victores omabuntur sperare possit j et fidibui

Ju!901f VOILEE. ..

Quoique la statue que nous donuons dans cette planche ne se distingue pas par sa grandeur m par son travail , cependant elle mérite d^étre considérée à cause de sa conservation , et du parti grandiose de sa draperie* La majesté de ses traits, le diadème placé sous le voile qui couvre sa tête» tous 9^^^ attributs indiquent tme Junon, la reine des Dieux.

Si quelque personne ayant des connaissances de Tart veut examiner le travail de cette figure, elle conviendra avec nous que c'est une copie medio* ere d'une très^beUe statue de cette divinité , exécutée par UQ artiste plus habile que le copiste.

Junon naquit , selon la fable (i) , de Saturne et de Rhée , en même temps que Jupiter {%) , et comme

suis , et cUharae. cordis victoriam polUcerL Martial eu

parle aussi ^ epigr. ff4 du liv. Vf , v. i ;

Oh, Oli Tarpejas UaUt coniigere quercus Ef meritiis prima cingere fronte comas.

* La statue a de hauteur quatre palmes. £lle est de marbre «p^^é grechetto d'un grain fin*. Les bras sont une restauration nu^erne. Le parti pris pour la draperie est très-bon , mais tris-mal ex«^çutë»

(i) Junon fat ainsi appelée a juvando ;=; a jtwando Junonem , et Jovem 4icimus. Mart. Capei. PhiJoL > 1. II, P^S® 4?* ^ossins cherche à donner une. autre étjmologie à ce nom. V. Yoss»^ TheoL Gent. p liv. II ^ ch. XXVI, page i6o ^ b.

(3) 4-utam VancieQne mythologie est d'accord sur Icjs pa-

ce n'était pas par les femmes que l'on savait à craindre que le père fût dépouillé de la souyeraioeté ,

rens de Juoon ^ autant elle l*est peu sur les lieux de sa naissance-. .SlralK>n prétend qu'elle naquît et flit élevée à ArgoSy-k quoi Homère se rapporte lorsqu'il l'appelle Argienne. Strab. , liy. IX^ Boeot., page 4'^' Sign« Mar» Paris, s Alalcomenarum Homerus menUnit , sed non in catalogai

Iliad. a, r. 8. Juno culta Argis^ et AlaUomenla Minerva.

Hahet oppidum hoc vetustum Minervae fanum, religiose admodum cultum : ajimtque ibi natcan fuisse Minerva^ j ut Junonem Argis*

Argos est par cette raison appelée la Yille de Ju-» non : et lea filtes de cette Déesse dites HPAIA^ Herea^ ^ussi Hécatomhées , k cause des cent victimes que l'on y sacrifiait^ sont célèbres^ A propos d'elles nous trouvons une occasion heureuse de présenter à nos lecteurs un monument inédit qui donne une idée de ces fêtes. C'est une grande médaille antique de Faustiae la vieille ; elle était autrefois couverte d'une lame d'argent fort mince , mais elle a e^té un peu endommagée par le temps. On voit sur nne face la tête de l'impératrice avec l'épigraphe DIVA AVGVSTA FAVSXmA. Il y a sur le revers un char tir^ par deux bœufs ^ et dedans sont deux figures assises ^ une de femme et une d'homme. Devant le char est ua militaire , et dans le fond on voit un temple circulaire avec une coupole. Il semble qu'on retrouve ici la pompe sacrée avec laquelle on conduisait pour ces fétes^ dans le temple hors de la ville, la prétresse de Junon^ qui nous est indiquée accompagnée de la jeunesse armée par Enée Xatticus , chap. XVII , Poliercet. , pag« 438. Scrip^orunt de Re Milit. P. Scriverà s In Argivorum urbe die quo^, dam pniflicae solemnitatis , cives pompam pubis fretfuen* tis armatae extra muros duxerunt i^ On menait ordinairer ment la prêtresse dans un char traîné par des bœuis comme

6i JaiiOD' fut êiexée parmi les Nymphes, et eut pour ^compagnes lès Heures , qui la servirent à Samos 4

nons l'assure Palefatus ; de incred. hist. y ch. 5i ^ de Ju-

nòne , page 61 ^ in Opusc. Myth. Gale A Junonem Deam sihi tatelarèm exisiiment Affivi , (Uque ea propter festum in honorem ejus célébrant ; cujus apparatus erant juncti hoves , corpore albi , eoin curra considère opportebat Sa*^ cerdotem , et ita ad templum usque pervehi , erat autem ientplunt extra urbetn. Il est connu que le sacerdoce n'était accorde qu'aux femmes. La figure d'homme représente le cocher du char^ selon l'opinion du Théoa sur Aratus. Fahtdatores vero aurigam dicunt esse ima^ ginem vel Bellerophontae , vel Trochili , qui Jilius fuit Cailitiaef que prinut Argis Sacerdos fuit. De sorte qu'il parait que les auteurs cites donnent la juste interprétation de cette rare médaille. Nous pouvons même j ajou«^ ter qu'à Rome il y avait quelque temple de Junon cir* culaire comme il est ici représenté. On peut le voir représenté sur les médailles de Gallus et de Volusîanui , avec l'inscription lYKONI MARTIALI. Voyez la lettre sur ce sujet ^ Mem, EjìcìcL , tome III ^ psig^ ^'*

Mais pour revenir à ce que nous avons dit des lieux où naquit Junon, nous citerons Pausanias qui assure qu'elle fut élevée prés de Stymphale par Témène qui avait érigé dans cet endroit trois temples sous différentes denomina-* lions ?3 In prisca vero Stjmtphalo Temenum habitasse , a quo fuerit Juno educata , cui fana, iria Deae cognomi^ nibus t'otidem dedicaverit , Puellam vero y dum virgo es* sBtJovi verojam nuptam , Adultam , divortiò a Joye facto ^ cum Stjrmphalum se recepisset , Viduam appellasse. Pausanias^ Arcad. , liv. VEIi ; ch. XXI^ page 64o. D'autre^ auteurs anciens veulent qu'elle fût née et élevée k Samos, où elle avait un temple célèhre y que Pausanias dit avoir été fondé par les Argonautes , qui placèrent dedans la statue de la Déesse , tirée d' Argos s Fanum Junoms quod Santi est , sunt qui dicunt Argonautas ipsos dedicasse. H*

ou elle habita pendant sa première jeoneise , et ofii elle fut ensuite révérée par un culte tout parii« culier. Jupiter sousu'ait à la fureur de Saturne par les Gurèies , crut dans l'île de Créte secrètement , et lorsqu'il fut adulte il devint aiQOureux de sa soeur et l'épousa. Pour arriver k cette fin il prit la forme d'un coucou, sous laquelle il parvitit k plaire à Junon (i). Lorsqu'elle fut son épouse elle devint extrêmement jalouse des jeunes filles qu'il aima , et se rendit fameuse par les vengeances qu'elle exerça contre ceDes qm lui causaient tant d'inquiétudes* Enân elle fut appelée veuVe, parce que Jupiter la négligea et l'abandonna. On réunit par la suite ces deux Divinités (a), et par des fêtes annuel* les on célébra cette heureuse réconciliation.

Si l'on se plait à trouver une signification dans »i% I ■■■■■- a ■■ I « ,1 I II» ^ ■

lac sîgno Dette Argis devecto. Enimvero Samif ipsi notam tradimt ad fluvium Imhrasum sub vitice , qua/e hoc ipsa aetate in JwiotUs sacro solo osteiuUtur» Pausaaîas^ Arcad. , liv. YIl; page 55o. Cette ancienne image véne'rëe de Junon de Samos , que l'on dit être l'ouvrage de Smi» lide d'£gine ; contemporain de Dedale , peut se reconnaître dans la médaille de Samos pabliée par Seguin^ u.XXXIIIy pi 174^ oà l'on voit même représenté hors du temple l'arbrisseau sacré de marais sons lequel la Déesse reçut le jour. Apollonius de Rhodes appelle dans le liv. I ^ V. 184 •

• -t • Lia demeure de Junon Imbrasie . . •

(1) T. Paosan» , Corynth^ ou liv. II p ck^. XVI ( , page 148*

{1) Ces fêtes se célel>ralent dans la Béotie sous le Aom de Daedalaj comme nous l'avons fait observer k la planr che Vl^ p. 54 ^ n. (2).

cette aBégorie obscure, on peut dire que Judoq est l'air placé eutre le ciel et la terre , et comme 3 se réunit au ciel ou à réihérée , on a imaginé par cette raison l'union de Jupiter et de Jnnon , on Ta supposée aussi née & Saroos à cause que cette Tille était distinguée par la pureté de Vbît qu'on j respirait*

Mais il sera plus utile de nous occuper dé cha-^ cnn des attributs que nous voyons dans notre sta* tue. Le voile , quoique convenable aux autres di** vlnités , appartient cependant plus pardculièrement à Junon. Le savant commentateur du Mu-* sée Pie-Glémentin a déjà remarqué (i) que ce voile 5 selon Albricus, indique les nuages qui flottent dans l'air ; ou , selon Fulgence , Junon étant la Déesse des richesses, son voile nous enseigne que nous devons les tenir secrètes et cachées. Mab sans al** 1er chercher ces interprétations , trop subtiles, deS philosophes des âges postérieurs , nous faisons la remarque que les plus anciennes images de Junon sont voilées. Le simulacre de la Déesse sur les mé* dailles de Samos est voUé (a); de même sa tête sur beaucoup de médailles consulaires (3). Notre statue a beaucoup de rapports avec l'image de Junon reine qui se trouve sur les médailles impéiia-

(1) VisconU j Museo Pio-Clementino ^ tome I , pi. III^ page 33.

(a) Voyez Seguin , lieu cit^ , n. 3 ^ k la fin. (3) Morell. , Fam. R. Mamilia , n. 3 ^ et L. B. Mai^ €ia, u l, n. 8.

les (jr), et par* la même raison on a donné cette dénomination à une autre statue d'un style romaia qui existe au Musée PieXlémentin (a). Le voile convenait aussi à Junon comme présidant aux fiançailles, aux mariages , et sur diverses médailles qui représentent l'hymen des empereurs, on voit près de l'autel, entre les deux époux, Junon qui les unit (3). Cette parure est aussi celle qu'elle doit porter comme matrone ; et quand le prince des poètes grecs nous décrit les vétemens de Junon , il place sur sa l6te. un voile blanc brillant comme le Soleil (4). Le diadème qui s'élève sur les cheveux de notre statue est un ornement que l'on voit toujours à Junon , quelquefois sous la forme d'une couronne (5), quelquefois plus simple. Ce u'est pas cependant qu'il lui soit exclusivement propre, car on en voit un pareil aux , images de Cérës , de Y c- Dus., et de plusieurs autres divinités romaines. Paschal (6), Solérius (7), et mieux que tout autre

(i) Ant. Agostini^ DlaL. sopra le medaglie, Diai. V, page 144.

(1) Muse'e t^ie-Clémentin , tome I > pi. III* (5) Le Vaillant, Numis. Max, Mod. et Musée de Champs^ p. 4^» dans la seconde médaille de Commode avec T épigraphe VOTA PVBLIGA , de Camps croit trouver la Concorde dans la figure intermédiaire qui unit les deux époUi* mais il est plus vraisemblable que c'est Junon Pronuba^ qui présidait aux mariages.

(4) Homère, Iliad. , XtV , v. 184:

La Déesse souveraine se couvrit d^un superbe voile blanc comme' là lumière du SoieiL

(5) W{nckelmann,i2i^^ de VArt, tome \, page a4o.

(6) Paschal. , de Coronis , liv. IV , ch. XXI , p. a7o.

(7) Solérius ; de Pileo , page 107.

W idbiMir' Pbaippé BùobaitMi ont'^crfca^eé ém^ dmon sur ieê^nUÊrilae^ Go demie?, «^é par les éctl^ Wùê anciens y nous apprend que la petite utire ou mi^Ma est un ornement pipopre^ ans femmes, lequel est haut vers le milieu ^ et V« eu décroia^ tant sur les ràtés^ qu'il est orn^ de broderies, de pîerperieS) comme on Popeeçoii siif di?er» mo**' numeus antiques jil s-'attuehak par derrière^ arrec de» cordona qu'on nemmttt redimicula ou aHCÊdëma* ta (i>

Les trc^ du visage de Junon ont ponm les |£tea îdëalas ^ comme ceilea de ton» tes oatreaDteux^ lenr eamctère prononcé qui les distingue de ton* tes les antres diTinites. Irons nous bornerons k dire qne la maiestc est ce qui la fait reconnaître (a): c'est pour cela qu'Homère l'appelle très^vénérable, et nous la représente ayant de grands yeux (3), Wlnekelmann nous fait remarquer que dans les yeux de Jupiter , d'Apollon et de Junon ^ les paupières oont arquées comme couvrant un globe , et qu'el* lés sont plus resserrées k leurs extrémités^ ce qui nécessairement les rend plus âevées dans leur cour-

(i) Buonarroti y Osser^ax* sapra i medagHoni, p. ^19..

(a) Winckelm , 1. c.

(S). Bornera , Jliad, , \W. XXIT, v\ i5^:

Junon la vénérable Déeasû , ImfiUèdu (fraaA Saturne . niad. y Ht. I > v. 55i s

Alors la majestueuse et vénérable Junon j la Dé^ssec aux grands reux y répondit* et Ihr. I ; V. 568 :

Ainsi parla Jupiter y mais Junon ^ à P^eU de bœuf majestueux y 9* intimida.

Musée Chiaram,^ VoK i 5

he-^ et il observe' encore h la bdipcbe'cle teê-tiga^] tes uiie'foime'part)oóiiène(i). ToiMê ces caractères sent tròfrtévideos «sur le visage de notre statue, qui daos cette partie amiODce quelque demûuenf du l>eaatalem de rartiaêe {2).

Une double tunique la recouvre ; la supérieure "est courte^ Tauire kmgae, descendant sur les pieda^ on la voit de même dana.la statue colossale de la JuBon , jadis Barberine (S), dans la* Capitoline (4)r dans celle du Musée Florentin (5) , celle de la Ga« lene Giustiniani (6)^ et dans beiuiooiÉp^d!'autre$^7), C'était une coutume cbez les femmes grecques ^ comme nous le voyons dans l'bistoire d'Eliea (8)j'

(x) Wmckélmami , I. c.

(a) On trouve fort souvent dans les scal|)tnrcs a«itîqnes quelque . partie d'un travail ële'garit , quoique le reAe soit mediocre. On devra observer que les sculpteurs de ces t^mps là donnaient toujours anx endroits les pins renar* quables quelque marque de leur grande liabîietë , malgré qu'ils ne songeassent .pas à faire du tout des modièles. . excellens de leur art. Ils sont eu cela dilTërens des morceaux de nos maîtres , ceux-ci lecbânt chaque partie de la figure €1 ne sachaitt pas donner de Tënergie ni de la kimière -ènt aucune.

(3) Musëe Pie-Clëmentîn , tome I^ pi. li.

<4) Musée Gapitolin , tome III , pi. V , Vf.

(5) Gori, Muséum Floren^ , tome III. Judo, pl« IL

•(6) Galerie Giustiniani^ tome I, pi. ia5.

(7) Montfancon , Ant. Expl. , tome I , P- î, pi. XXT / n. 4; 5.

(8) Aelîan. , ^tfri;» ^£,î^ , liv. I^ch. XVIII, pnge 5o. Tunïcarum vero eam partent , qucie est circa humeros usque ad manus non consuehant , sed continuis fibiUis au» reis et argenteîs constringebant.

de tie fias coudre cetie partie des tuniques qui prend de dessus les épaulés jusqu'aux mains, et de les attacher seulement ayeq des petites boucles d'or et d'argent. Nous voyons einsl réunies' ces parties de la tunique sur les bras de notre Junon. En effet c'était à elle que convenait un vêtement qui découvrait presque en entier des bras dont la blaU"» cbeur était remarquable , comme nous les dépeint le divin Homère (i).

L'attitude de la main droite abbaissée, montre que cette statue ne pouvait tenir ' qu'une patere , comme on le remarque sur beaucoup de bas-reliefs et de médailles. Ou mettait une patere dans la main des Dieux pour les représenter disposés il recevoir les offrandes que leui*s adorateurs leur présentaient , et on les voit la plupart inclinant la tête de ce côté , comme voulant se montrer pro« pices aux hommages des mortels.

Presque toujours Junon est représentée s'appu* yant sur un sceptre, qui lui convient comme reine de rOlympe , comme épouse de Jupiter , et comme protectrice des royaumes. On peut voir quelquefois sur les médailles des familles romaines la tête de cette Déesse ornée d^une • mitre et d'un voUe , et ayant près d'elle le sceptre, son attribut distinctif (2).

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(i) Homère , Kad. , liv. XXIV , v. 55 :

Junon aux bras blancs lui répondit en colère* 'd. , liv. I , V. 208 :

Junon la Déesse remarquable par ses bras- blancs ^ Vfi^envoya.

(a) Morel. , Fam, Rotn. Rubria ^ Tium. Ili, IV.

CòiHDie notu a^ODs annoncé, en commençant , que celle siatae lient du style romain , fl n'est pas hors de propos de dons occuper k des recherches sur rhistoîre du culte de Junon à Rome , et principalement sur celui de Janon Reine , laquelle est probablement représentée dans cette figure, comme nous venons de le dtre^

D^jà du lemps de Numa oii institua des rits particuliers pour Junon; on établit k oe sujet, dèa la même époque ^ des k>ix qui regardaient son temple ( t ). fi faut bien se garder de la confondile avec cette autre Junon qui fut appelée Sororia^ k laquelle le jeune Horace fit élever un antèl dans l'endroit où il avait tué sa soeur (j).

Tite Live parle de plusieurs temples dé Junon Matuta^ ou plutôt 'SospUa^ élevés dans le forum OUtorium (S). On éleva , pour remplir un vœu , un

( I ) Peliêx sedem Junonis non tangito : i£ iongat, agnum foemînam crinibus dimissis caedùo. Mat. G>iu. , lîv. II , ch. IV, page i34*

(a) Diobys. flalic. , lîv. ÏÏI , in Tulio Hast. , oh. XXïi; page i53y 54* Cette Junon Sororîa ^. ëtaît comme le Genie de la soear morte; paîf^e^ soît chez les Grecs, sott chez les RomaSns, les Jnnons ne tepréseataient pa« aatre chose qae Fame oo le Genie de la personne da sexe féminin : aussi était-ce un usage chez les femmes anciennes de jnrer par ieur Jtmcn , voulant faire un serment au nom de leur propre vie. Pline dit : Crnumobrem major caelitum populut eikmi qmmi hominwn intelligi poteste cum sinpdi quoque ex semetipsis totidem Deos facùmt Jii^ nonesy Genwsque adopiando nbi. Hist* Nat. , 1. Il, c. Vlf^ tome l^ page 14^, 1 3.

(3) jiedes eo anno aliquot dicatae sunt (l'an de Rome

temple à Snnon Moneta après la guerre Ligusti*

qae (i). Il y avait dans le temple célèbre du portique de Mëtellus, appelé d^uis d'Octavie, des sta-*^ tues de Juoon, ouvrages de Dénis et de Polyclès (s). Cependant , qnoiqiie Junon eut été adorée à Rome sous tant de dénotninadons, notre suMdacre ne pei|i convenir à nuDe autre qn^ h Jiinon Reine , si fré«^ qnente sur les médailles romaines (S), et dont b> culte fat transporté à Rome par Furios CamiUus (4}, aj[irès différens prodiges qui sqivirent la dcstrncûoa de rancienne Yeja,

56 1) una Junonis Sospitae in foro OUttorioyota locataque quadrennio ante a C, Cornelio Cos,. SaOicà beilo. T. Live, Hv. XXXIV, ch. 5}, tome lU, jpage a56. Sigt^ nins ajaiit remarqué que la coaiul Cpraeliua avi^l provai% un temple à Junon Sofipita et non à Matnt^^ changea, comme il a été* indiqué, le passage 4e T. Live. Mais Nar->^ cHni^ liv. ^I| ch. 4 7 P^S^ ^4; ^7 croit, avec l'auto* rite de Victor et de Rufm, qu'il- y avait dans leybfwn OUiorium la tenple de Junon Sbspita et die JuQoa filatuta.

(1) Zie temale de Junon Moneta était sur la lOche Tarpeja : Zf. fofirùis Dictator fnter ipsam dimiqationem ae* idem Jimoni ifònetae vovit^ cujus damnatas voti , quûm Victor Rùmam re¥ertisseij dictsêuru se ahdiea^k ( Fan de. Bone io»). T. livc^^ liv» VII^ ch^XXVm, |om^ ) , p. (^

(a> jnmpyBi^. NaUr liv. XXXVI, «hap, IV, S XQ-^ tome III, page a83. Iniro Octaviae vero portiçus, tn nede Junonis f ipsam Vàam Dionjrsius, et FoUçles atiam . . « Jecerunt. ' *

(3) Vojeâ ci-detsur page 67.

(4) On trouve dans Tite Live , livlT, cli. XXI et XXII , tome I, ^9ge ^ô^ttsxny., et ch. XXXI, tomai, p. 4Ôo, indiques les prodiges, la dédicace de son temple, et la to* Icnnité du transport du simulacre de Junon Reine.

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JUNON ET ThETIS *•

Cette sculpture ne semble pas être un fragment et quelque sarcophage , mais un bas^relief qui aura ceiri d'omemettt h, quelque édifice. S'il parait éu:a tenmuë du côté dé la figure assise , on ne peut s'assurer s'il se prolongeait davantage de l'autre côté. Le lieu oii il était placé , les figures réunies , et les auM'es sculptures qui pouvaient Taccompagner ^ auraient pu apporter des lumières propres à en déterminer le sujet. Mais dans l'état où il est , autant il a de prix par sa composition et par son heu« reuse exécution , autant il est difficile d'en don* ner ^interprétation. Au mérite de la sculpture se Joint celui de la conservation , puisque toutes ses parties , quoique de haut relief, n'ont pas beaucoup souffert des injures du temps, qui détruit tout.

On voit ici deux figures de femmes , Tune en pied et l'autre assise. On reconnaît facilement Jn- Don dans la première à Tair majestueux de ses traits, à son habillement noble de matrone, à la mitel' la très-élevée qui orne sa tète. Cette Déesse , qui tient d'une manière impérieuse sa main gauche appuyée sur ses flancs , prend avec un air d'amitié ,

^ Ce bas-relief a trois palmes deux ooces de hauteur ^ et trois de longueur. Il est.de marbre grec. Les bras de la, (igare de Jçnoa sont modernes ; la tête et le bras droit de Thétis également. Elles sont d'an baut relief très-bien coi|servé dans toutes les parties.

7'- <3e Ut ganche , le bnu ie U Sgnre. qm est.deraM ette. Cette seconde figiùre eftt asùse snr-tia rocher,', elle a tepîedposésurun nurche-jÂed commec'Mt l'usage pour ks Dresses (i). EJle est couTerie d'un peplum trèsTgraod qu'elle rdève de dessus son visage OTeo les deux mains, et elle mcmire par «ene atùtode ses bras qui sont nuds en «Biier.-

11 nous semble que les anciens poètes ,doiw ont -ptaié beaucoup plus des disputes de Junon ^'que de <- «e« entretiens de confiance. On oonndt dans le« fables ses dirute* avec Callisto^ décrites si vive^

(i) Le marche-pied ett appeU par lei Grec* vx03to9lop o» ^O^aâpa, et mIod Homère Stp^ifVÇi, parletLatiiiAst^ pedaneum. WincLelmaiiD ^ Mon. ùtéd. , tome [l , page a3, •]i , i5a , l'attribue aux Divinît^s^ ouàçeux.quilaar appartieDDent ; quoique lui-même accorde quelques exceptions It celte règle, cependant tÎaus ce cas^î ou ne peut peu* ■er difiéremment. On trouvera le marche-pied sons les pfeda dé ^êlqaei mortels qui n'odt pas nue origioe cëles.te, et c'est quand le lien oit te passe l'action exige qu'il y soit comme meublé domestique : mais de le voir au bas d'une roche nous fut croire qu'on ne l'a mis 'que pouc indiquer la qualité de la personne repre'Mntée / - et c'est le motif pour lequel nous ire- craignons pas ider le 'regarder dans ce ^noroeaU comme un attribut .de' divinile', Si cependant on le voit presqvevg^ntfroleBent dans-ks basreliefs des tombeaux des Grecs sons les pieds des^gares des nwrtels, comme on peut s'en »sor«rdaiuPac2iandi, MIon. Péhp. , tome l'y page i lo ; 'tome H , "page' ^^ i 334, :i35^ 337, 273; dansMwgi, JHoR- A^oM. e» Jtfu^. A^. ;.Mon. ffecnl. , pi. XV« , ÏVIH ,- U Étni- r^Û^ ehîr qu'alors lei - metta e'taieoc < ngardéc comme paisse d«na abe obn^ittou tupétifiute , >(» qa'on lié* asrinuUit ans' Dieux. ■,■-'..-

mem piur les poiteg (i); mai» Tair de trtDquSEtS qu'elle fi .dan» 4^9 ha$-t€Ììet est oppose à aea actes da fureur que iKma Moome 0?ide« U éuit possible d'innagjpfrr ifue eemarbre notis.repréiieBtatt Tia^ laul oU JttUQo^ desMadae de FC^Aympe, traversa les ondes pour UOttTitr la Tieîlle Thëûs, afin do lui avouer aes torts eu voyaut CaUîsto elle^nième métamorphosée eu ourse et placée au Ciel (3) ; plais la cooieoaiice tinûde de ia figure assise ^ ue peut eonveuir^ TliétU doouaut des conseils à Junon.

Nous nous rappelâmes tdors les entretiens qu'eut JunOB avec Pallas , et avec Tenus , rapportée par Ifemère et par d'autres poètes ; et quelque nous troufions plttsieurs exemples et de Pallas dësar* mée (3) et de Vénus vêtue (4) 9 nous ue pouvons pas cependant reconnaître . une de ces Déesses dans cene femme.

Nous avons ëié pendant quelque temps dans le

n iiiw

(1) Ovjd., Méiam., liv. II, y. 46a.

(%) Ovid, > Le., ¥• 5o8 :

a Juno posu/uam ituer sidéra peile* Uf ûi 04 canam descendu in meqiEOta Tttkim Oceanu9Hqne eenem, qmQrwn reyerentim mo¥et Saepe Dees.

(3) ^êtlon . jédmùrmda ^ pL 5j, S8^ Sq^ e4 lesA ka (sHtelUft ^u fonun PaiUuUtm y dans leiquek Paliss sii sstt^nt .repcoftiatài taiu aiStei* : .

(4) n y a un. {nstûd usaabre de acalptores «l de me» dsiUei sas kaqudlas on. trouve Taras vêtue -y ou peut les voir dsnsllofi(Ì4acon^ Jnt. Expl. ^ t. I, P* If fl« Cil, u. 6i pL CIV^ n. 3.

doute si ce n'éuU pas reniretieu qui eut lieu

entre Ténus , Junou et Pallas pour k perisuader de porter Jason à être ramant de Médée : selon ApoU lonias de Rhodes (i)« Junon fut la seule qui parla , et ce poumût éire un modf qm ait engagé Tar* liste à ne pas introduire Tautre Déesse, ou bien ce serait un e&t du ravage du temps qui aura dè^ trmi une portion du )>as»reUef. Mais comme le poète nous décrit Yénns surprise' par les deux Déesses, au moment où elle ajustait ses cheyeux , ce trait de la fiible ne peut convenir à notre morceau , et cette attitude d'une personne intimidée serait encore moins convenable pour une Déesse que deux de ses pareilles viennent supplier. Gela est d'au* uot plus probable, que dans la fresque d'Hereur lanum , oh Ton voit le même fait représenté , Tattitude de Ténus se compose avec une singulière

noblesse (2)»

Mais en observant qu'une figure assise de cette façon peut ressembler beaucoup k une des noi|* Telles épouser que l'on voit sur les anciens mo-> numens, nous avons cru devoir nous déterminer k la prendre pour Jason présidant k <pielque mariage céleste ; et comme nous ne nous rsppeQons pad qu'il y en eut de célébré avec un concours plus nombreux des IKeux , que les noces de Tbé-

(O Apollonimi de HWes^ liv. lU, v. 34 et siuv.; et V, 4? •n 5o.

(a) Voycs jfnt. à^JB^rc.j Peinture* , tome II | pi. SI^ ps«gc 67.

tis , nous pensons que la figure en pied est Ju* non qui l'engage à épouser Pelée (i).

'Nous pouvons citer un grand nombre de monumens inléressans , tant de sculpture que de pein* ture, antiques, qui nous oflrent le tableau de ces nèces oii l'épouse est constamment et enûèrement semblable à celle que sous voyons ici. Dans le bas^ l*elief qu'a publié Winckelmann(3), oii les Dieux

ii..fc

(i) Les m^fthologues distiogaent deux Thétis^ qae les écrivains nous rappellent souvent tris-confasément. Les noms de ces denx divinités sont safiisamment distingues dans le latin par la différence avec laquelle oq les écrit. L'ancienne Thëtis est appelée Tethys , et la jeune épouse de Pelée Thé tis. Nous nommerons la première Tethjrs et la seconde Thétis. Tethvs était fille du Ciel et de la Terre , épouse' de l'Océan^ et elle passait aussi pour la mère des DîeuK. Thëtis est supposée par quelques-uns fille de Chiron ^ mais suivant Homère elle est fille de Nërëe et de Doris fille de Tëthys. Cette Thëtis après avoir charmé par S9t beautë Jupiter^ Neptune , et Apollon, fut .destinée aux n4ce» d'un morte}. Pelée Vaima enyain pendant long^teraps, car. elle se métamorphosait de mille manière^ pour fuir ses emhrassemens , mais enfin ayant suivi les conseils de Thëmis j il la surprit et devint son ëpoux.' ToUs les Dieux assistèrent k leurs nAcés y <i^venues cëlèbres par les chaftts des poètes grecs, par Hésiode , et paifmi les lalias^ par Ca* t.uile. Fulgence nous donne la signification allégorique de. cette fable, ch. YII du liv. III ^ page nQ^'et dit que' comme ^bXoq en grec signifie /(irum, et que Thëtis est Teau , leur union indique que l'homme . e&t engendre du limon et de Teau. II ajoute encore que le concours des Dieux à ces nÂcés (kit ëgalement allusion k la generation de l'homme à laiquelle tous les Dieux eurent part , parce'que leà anciens attribuaient à chacun d'eux le soin de conserver quelque partie du corps humain.

(a) 'Winckelmann , Mon* inéd. , tome I ^ num. IIL

donnent des prësens anx époux , Thëtis est par«

fiiitement semMablfi k la nôtre. L^ëpouse dans la célèbre peinture dite AlddiMrandine, oii Winckelmann retronve arec raiscm le même sujet, ne diffère pas de la nÂlre (i). On doit remarquer dans cette st»* tue que le pied est chaussé d'un soulier, et non d'une semeUe simple. Ce soulier doit élre cdui qui se .fÎBÛsait de couleur jàuneÇ luteus) consacré à l'Hymen , dont - parle Catulle dans ces vers célèlMres qui commencent ainsi Collis o HeUconU (a). • Mais pour parler des m onumens que l'on sait avec certitude appartenir à Thétis, nous dirons que sur le bas-reHef Capitolin , oh sont - représentés tout autour la naissance et les actions d' AchiUe (3), Tbéûs est enveloppée d'un grand manteau , dans l'in*stant oii elle confie sou fils au centaure Chiron, et elle parafo vêtue absolument de même que danii notre statue; il n'y a de différence que par l'attitude. Homère en parlant d'elle dit toujours qu'elle

(i) Bottari^ in Jppend. Veter. Musiv, e Pieu ad Bellor. Piet. Crjrpu Rom. y pi. XYIII, n. i ^ page 102 , décrit très-an-long cette figure^ toujours cependant d'après les TJts romains, il dît que son péplum est couleur de lait, qnand elle est vêtue d'un manteau blanc , et WîncLel. ^ 1. c. ^ tome 11^ page 60^ i5a.

(2) Hue veni, niveo gerens Luieum pede spccum:

CatnlL , LXII , y. 10 ^ page 84*

(3) Foggmi , Mus. Càp. , tome IV, pi. XVU j, num. 4;, page 8ò*

est cùwrert^ d'up umfle péplum (i) , de Mrce<|oe nous devons regarder ce TètemeM comme une dis* thictioD qui lui est particuKère.

Nous ne nous rappelons pas qu'aucun poète nous indique Junoa employée dans les pAcea de Thé-* tisj et même nous la Toyons représentée à uns placé dbtiocte sur les bas-reKeft ok Varliste a esécute Tacdon de Pelée surprenant la Déesse des ondes (a). JunoD y est assise conune une sour^ratae ; elle a la tête voilée , et s'appuy e delà droite sor son sceptM f tandis que toutes les autres divinités semblent seulement spectatrices de cet événement Winckeimann, sebn le témoignage que lia fournit Phocius» dit que Junon fit présent à Pélëe d'une chlan^yde pour ses noces (3). On peut égale*^ ment suppeser que Junon veut hiter cette nnîoo». poiv se débarasser d'une rivale aimée par Jupiter, depuis long.temps. Car û n'abandonna Thétis qu'après que Promethée l'eut averti que ^ selon l'ora* eie, il devait naître d'elle un fils qui serait plua fort que son père, ce qui' fit craindre à Jupiter

(1) Homère, //. XVIII , v. 385,

Pourquoi f Thétis vint à nous enveloppée d'un grand "voile superbe.

Et quelques vers après il dît:

Pour cela , Thétis^ vêtue d*un long et ample manteau j viens chez nous ^ ó Déesse.

(a) Winckelmann , Mon. inéd., t. I, n. iio. Ce n'est pa» sur ce bas-relief seul,. mais sor t>cettconp d'autres semblables que Tpn voit ipnoa arec un nHimiça nu|estaettx présider à cette surprise de Thétis^ voulant montrer sa volonté pour que ces noces fussent accomplies.

(5) Le même, 1. c, tome If , page i53.

d'être par lui éncpre une fins chasse de l'Olym* pe (i). Janoo, comme reiiïe etconmie époase de ce EKeu , pouvàtt partager ses craintes h cet égard .^ et par cette raison presser les noces dé Pelée , qui étant on mortel ^ ne pouvait donner naissance qu*à des mortels quoique époux d'une immortelle, et alors les Dieux de l'Olympe étaient afiranchis' de tout danger qui pût les menacer.

Nous ayons proposé cette conjecture asâez vraisemblable sur les convenances de cette &ble,par la comparaison que nous en avons faite avec d'autres monumens. Les lecteurs jugeront si nos idées sont justes , mais ils ne pourront pas ne pas reconnaître dans cet intéressant bas-relief une Junon Pronuba avec une jeune épouse si^érietore à de» mortelles.

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