‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 36 sur 55 · PLANCHE XXV · texte numérisé non relu

PLANCHE XXV

La charmante statue que nous voyons ici, convient fort bien à la mère de l’Araour , & la Déesse

voir à la pl. L, num. aa, 34. La couronne que l’on voit dans Ici autres médailles sur la tête de Neptune , peut être faite de toute espèce de feuillage en usage parmi les vainqueurs des jeux équestres, comme l'ache, le laurier; l'olivier. Pascalio , page 44o , assigne k Neptune , particulièrement, une courounc de pin, mais nous ne nous rappelons pas d'avoir vu d'anciens monumens qui nous la montrent telle. Quoique le très-savant Spanhemius ait répandu tant de lumières sur la numismatique , et dans tous les genres d'érudition , il s’est cependant trompe en prenant ponr une tête de Neptune un hermès de satyre , page 5y6 du tome I du liv. précieux , de usu et praest. Aumism.

(1} Beaucoup de médailles des familles romaines qui portent la tête de Neptune se trouvent dans Morctli , The s. fam. Rom. CREPEREIA, n. I , page »43 ; POMPEIA , pl. II, n. IV, page 358. Vaillant offre différentes figures de Neptune parmi les médailles des colonies romaines , comme dans celles de Patras, de Corinthe, de Bcrytu , de Troas, etc. On les voit spécialemeut dans les médailles romaines sur les revers de celles d’Agrippa et d'Adrien.

(a) Winckelmann , Pierr. grav . de Siosch.f du u. 4^ü au 43i.

* Cette statue a de haut six palmes. Elle a été formée par la réunion de trois morceaux antiques , c'est-à-dire

Musée Chiar. Vol. L 27

des Plaisirs , k la souveraine des Grâces. On a rétabli ce simulacre par une restauration adroitement faite, qui n’a ni outré l'action, ni altéré le mouvement dans aucune partie. Aussi nous allons en parler comme si elle était entièrement antique ; puisque les parties qui la composent le sont, et que toutes avaient appartenu, avant d’être placées ici, à d’autres statues antiques de Vénus (i).

d'une tête en marbre grec, d'un torse, et d'une base en marbre penlélique , à laquelle étaient jointes des cuis» scs, des jambes, et une draperie: tous ces fragruens appartenaient à des statues de Vénus. Les bras sont modernes ainsi que les pieds , et il reste des tasseaux à la draperie. Elle appartenait k M. Camille Pacctti, sculpteur académicien, et directeur de l'académie royale de Brcra k Milan.

(i) Noire opinion est que ce marbre ue représente pas Vénus naissant de la mer, car Vénus Anadyomèue est ordinairement représentée ayant les cheveux entièrement épars, et non en partie ajustés comme dans cette statue. Les ancien» poètes nous ont dépeint tous les soins que cette Déesse apportait k sa chevelure, et nous en avons indiqué quelques-uns k la page- 55 de ce volume. Nous avons beaucoup de monuntens antiques qui la représentent occupée de sa chevelure. Il y en a dans la Collectanea de Borioni , pi. 53. Dans le Recueil des Antiquités de Caylus, daus le tome IL, pl. XLIII, n. II, on trouve une très-belle gravure d’uu travail grec , daus laquelle Vénus, sortant du bain, arrange scs cheveux, devant une basa qui soutient un vase de parfums. Gori, dans le tome se coild des Gemmae Musei Florentini , a donné daus la pl. XL! , nutn. III, une Vénus nue, qui a%*ec les deux rnaius pare «a chevelure, tandis qu'un Amour lui présente uu bracelet , et un autre vase k parfums.

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Dans celte figure la Déesse est représentée sortant d’un bain, et répandant des parfums sur ses cheveux, qui étaient ornés avant par des bandelettes, et peut-être même s’occupe-t-elle à répandre ces parfums sur ses membres délicats (i). Un retrouve sur sa figure ces traits aimables , sous lesquels les artistes grecs sc plaisaient à la représenter (a). Les cheveux, noués sur le haut de la tête, conservent le même ajustement qui lui est particulier , quoique plusieurs tresses tombent sur ses épaules; et elle en soidcve une agréablement , pour la couvrir du jiarfum odoriférant dont est plein le vase qu’elle tient de la main gauche (5).

(t) Athénée, liv. XV, p. 687, dit que Sophocle appelle Venus: Lnguento perfusam : et observe de plu» que Vénus sc distingue en cela de Fallu* t puisque celle-ci ne sc frottait pas d'huile , comme le» athlètes , et que l'autre ne se servait que de parfums odoriférans.

(a) On donnera dans l’explication de la pl. XXVII plusieurs notions générales sur Vénus et sur ses images.

(5) On appelait les vase» qui renfermaient des parfums alabastra, parce que très-souvent ils étaient fabriqués avec ce marbre que l’on croyait plus propre k les conserver, comme dit Pline , Uist. Xat. , liv. XIII .sect. XII, t. III, page Go , I. s»5. Unguento optime servaniur in alabastris. Le même en parle plus longuement, liv. XXXYI, sect. XII, tome V , page agô, 1. 9, en traitant de l’Onycbite; non la pierre précieuse, mais le marbre. Ilunc ali qui la pi * tient alabailriien votant , y uem cuvant ad vasa utigucnlaria quoniam optime servare incorrupta dicitur. Sirabon parle de ce marbre au liv. XII , p. j$o. Dicitur citant crj-italli tabulas, et Oitj chitis lapidis , prope Galatiam in-

Son corps est entière ment nu; mais une draperie flottante, qu’agite un léger zéphir lui couvre par derrière les cuisses et les jambes, et en avant elle est rattachée par un noeud , qui rend la flgurc décente , sans rien ôter aux formes des hanehes, des cuisses et des jambes , qu’elle recouvre à peine. Cette draperie (i), sert aussi de support

yen tas fuisse àb iis, qui Archelao metalla effodieban, 4 Il semble cependant que les carrières de ce marbre étaient en Égypte ; aussi le trcs-savant Blasius Cariophilus dans sa dissertation de antiquis marmoribus , V indubonae 1738, page r>3, lé met au nombre des marbres de l'Egypte, et note que les vases d’albâtre étaient regardes comme une chose trés-rcchcrchéc , puisque Cambise , selon Hérodote, liv. III , cb. 30 , mit parmi les dons qu'il envoya au rot d'Ethiopie un unguenti alabastruni. Il y avait dans la Troade une ville appelée Alabastrum , qui donna, selon Pline, son notn à celte pierre. Cependant la Grèce et même l'Italie, de nos jours, donnent de très-beaux albâtres, et pour indiquer seulement ceux qui sont tirés dans les environs de Rome , nous parlerons de celui d’Ortc qui peut rivaliser en beauté tout l'albâtre qui vient de l'Orient ; celui du mont Circce, qui est propre â la sculpture : celui de Civitavccchia , qui produit des masses d'une trèsgrande étendue. Ou voit dans le Musée du cardinal Borgia beaucoup d’animaux et de coupes d’un albâtre trèsbrillant, mais barbarement exécutés en Orient. Mais pour en revenir aux vases d'albâtre destinés à conserver les parfums , nous ajouterons que le voyageur tres-éelaire M. Edouard Dodwcll a apporté avec lui, de ses voyages en Grèce et en Asie, beaucoup de ces petits vases d'un très-bel albâtre, qu’il a fait retirer des tombeaux antiques près «l'Athènes et ailleurs , cl peut-être y avaient-ils été enfermes avec des cadavres de femmes grecques.

(1} Celte draperie parait, suivant la manière dont elle

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k cette statue , sans qu’on ait eu besoin d’autre , et la grande quantité de plis fait ressortir davantage les contours du nu. La masse de la draperie, en s’élargissant vers la partie inférieure , donne un air de légèreté bien plus grand aux bras , qui sans cela sembleraient un peu lourds.

Les statues de Vénus sont très-multi pliées et variées entre elles; mais toutes se trouvent répétées par les anciens artistes mêmes, qui se sont disputes entre cui pour représenter la Déesse de la beauté, et pour faire briller tout leur talent. On en trouve un si grand nombre , que l’on peut croire qu’en outre de celles qui ornaient les temples , chacun avait le désir d'en avoir une dans son habitation ou dans les Lararia particuliers ( 1 ). La nô-

est nouée , de forme carrée , d'où elle se rapporte avec celle qu’oni cru semblable ceux qui ont écrit sur les vêtement des anciens. Selon Ferrari t de Re Vcst.t liv. I, c. XXXI j in Graey. T7tes.t tome VI, page Gna , on l'appelait Synthères, qui était un habit ccnatorium , et qui se confondait avec le pallium } la lacna , la lacema , la ç<utsapa , r endromides , la sindon , etc. Ces vetemens, dont on se servait autrefois pour les soupers étaient très-riches et ornés de la pourpre , spécialement selon le luxe des Romains, puisque Pe'tronc, page g?, les appelle vestimenta Tyria sine dubio : ceux qui cependant servaient k s'essuyer devaient être plus simples, quoique de la même forme que les habiltcmcns cenatori , et on peut les comparer k nos draps.

(i) Dans le traité érudit d'Emundus Figrelius on parle de la quantité de* statues, même des Dieux, que les anciens Romains avaient 1’ usage de placer dans leurs maisons et dans les lararia domestiques. Cicéron dans le IY livre

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ire n’est pas ordinaire ; nous n*cn connaissons qu’une seule de ce genre, une petite en plomb assez ressemblante , que Caylus publie dans son Recueil d’ Antiquités (i). La grâce particulière qui brille

contre Verre* dénombré le* chefs-d’œuvre de* arts grec* qu’il avait enlevé* à C. Ilju» Mamertinus pour les avoir en sa possession. Pline dans le XXXVI livre de YUist. nat. , ch. 4 et 5, décrit beaucoup de belles statues existant chez de* particuliers daus les maisons et dans les campagnes. Vénus mère d’Enéc était uue divinité particulière aux Romains , cl par cette raison on avait pour elle une graude vénération. Dans la maison antique que l’on trouva dans la ville Ncgroni , il y avait deux chambres ornées de peintures qui sc rapportaient à Véuus ■, on peut en voir la description daus lu Rome antique de Venuti au tome 1 , page i?5 de la seconde édition. Il est à remarquer que dans la meme maison on trouva une /' énus sculptée si parfaitement , et d’un style si gracieux , que MEJSGS, en étant amoureux, voulut à toute force en restaurer de sa propre main les parties manquantes. Oe uvres de Mengs publiées par I). Giuseppe Xicola d’ Azara , page LU de l'édition de l’arme. Tacite aussi dans le livre I des Annales , ch. ^3, tome I, p. 139, prouve l’usage qu’un avait d'orner les campagnes et les maison* de statues des hommes illustres et des Dieux. Il raconte que Falanius fut mi» en accusation pour avoir vendu ensemble une statue de l’empereur, avec celle d'uu mime, et un jardin, et Tibère répondit : Nec contra religion es feri , tjuod effigies ejus , et alia numinum simulacra, vemliiioni bus hortorum , et donttmm accédant.

(i) La figure citée ici est en plomb, haute de deux pouces, trois lignes. On peut la voir dans Cajlu* , ficcâeil d'Antiq. Egjpt. El rus. Graeq. Rom. Gaul. , t. III , pl. XLIV , num. II. Il pense que cette image avait servi â un Ltrarium d’enfant y. page rüb.

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dans cette figure , nous fait juger quMle provient d’un original grec antique qui a été parfaitement bien imité par des sculpteurs romains.

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