PLANCHE XXVII
Buste de Vénus *•
La charmante tête que nous offrons ici, serait un sujet favorable pour ces artistes qui manquent d’une juste expérience , dont nous avons parlé dans le précédent discours. Car ce buste nous montre tous les attributs qui distinguent la beauté la plus parfaite , sans laisser sur ses traits l'empreinte de l’ivresse du plaisir, et je dirais bien plus cette lasciveté qui est particulière aux Laïs , aux Phiincs C’est qu’en effet on ne doit pas voir dans l’effi-
* Cette tête est dans la proportion propre î» une statue de huit palmes y elle est sculptée en marbre grec dur; et n’a été restaurée qu'au bout du ner. Le buste est moderne. On l’a trouvée près des thermes de Dioclétien daus les fouilles dirigées par M. Giuseppe Pclrini.
gie de Vénus céleste aucune trace des passions qui ne sont propres qu’aux mortels. Mais si nous examinons un grand nombre de figures Bacchiques, nous trouverons des expressions plus vives dans la tête des Ménades ou d'autres femmes de la suite de Bacchus, tandis que nous voyons toujours Venus représentée avec une tranquillité et une douceur qui annoncent une divinité aimable. Une tête dont toutes les parties ont été très-bien conservées , dont le style est sublime , qui est admirable & cause de la difliculté qu'offre son travail dans la chevelure, traitée avec une extrême délicatesse , sur un marbre fortdur, mériterait, avec de loDgues observations, de nombreux éloges. Mais comme le docteur Alexandre Viscontia été chargé par S. S. de la description de toutes les antiquités que Ton découvrait dans les fouilles ordonnées par le Souverain Pontife, nous placerons en note la description entière de celte tête si rare , qui a été déjà publiée par messicur Piclro Paolo Montagnard Mirabili , pi XIX des Monum. ined année 1 8o5 , ouvrage , qui renferme un trésor de monumens intéressans, et que nous voyons avec plaisir être continué avec une exactitude très-grande. L’auteur a ajouté à ses écrits, par de nouvelles recherches dans une seconde édiliou.ct il donne connaissance de quelque autre fragment de la statue de Vénus à laquelle avait appartenu cette tête; alors ce que nous dirons ne sera poiut une simple répétition de sa première édition (i).
■ (i) Les artistes les plus habiles de la Grèce et du
;od by GpQflle
a Latium ont travaille aux simulât ic* de celte Dresse, « laquelle fut appelée Venu» parce qu’elle est née avant « tout, et qu’elle préside & tout (<*). C’est la plus belle « des filles de Jupiter qui eutDiouce pour mère, ce qui « fit dire à Virgile (A).
Eccc Dionaci processif Cae taris astrian. m Les anciens lui attribuaient la génération de tous les « êtres et un empire absolu sur toutes choses, empire a bien annonce dans une inscription antique qu’a public a Grutcr (c) s
SOL • CALET • IGNE • MEO • FLAGRAT NF.PTV- NV'S * IN • VN DIS — PENSA • DEDl • ALCIDAE • BACCVM • SERVIRE • COEGI — QVAMVIS • LIBER • ER AT FECI • SERVIRE • TONANTEM — QVAMVIS • LIBER • ERAT • MARTEM • SJNE • MARTE ♦ SV- BEGI •
a Et si Jupiter commanda dans le ciel ; si Neptune fut a souverain des mers ; si Plutôt» régna daus les enfers , a ces trois royaumes étaient soumis à Vénus, comme a l’ime de la nature. Le» Romains en faisant la conquête a du monde , enlevèrent des pays soumis les belles sta- « tues de cette Déesse , étant, comme le dit Lucrèce, Aea neadum Genitrix , savoir comme mère d’Éoée,qui fut a l’origine de la famille Jnlia.
... - V encris ab origine proies
Jnlia descendit cocio t coelumtfuc rc pic vit {d).
a Ils lai consacrèrent la plus belle saison de l’année, a car : Majores nostri Aprilem mens cm V eneri dedicaa verunt (e), et ils lui élevèrent plusieurs temples fort « riches, où ils l’adoraient sous differentes dénominations,
(a) Cic. % lit. i , De J Valur. Deor.
(b) f 'irg. , Egt. 9 , y. $7.
(tj Crut. , pag. 6o , n. 4*
(d) Ma rut. , y. 796.
(c) Macrotr. , Salur. I , «A 9t.
« de Qiha , chauve , parce qu'elle avait inspire aitx da- « mes romaines l'idée de se couper les cheveux pour eu « fabriquer des cordes pour la guerre -, de Céleste , de
■ Cloacioe , d*Er jcine , de Genitrix , de Murtia ou Mjr- « thea , de Rotnana , de V erticordia , de Victrix. Les
• Romains ne furent pas les seuls sensibles pour une di- « vinité si aimable à laquelle ou avait consacré des co- « lombes de préférence aux autres oiseaux:
Et Vtneris domiiuie volucres , mca turba columbae ( a )
« et parmi les plantes le myrtlic toujours vert : Formosae mj-rtus V eneri , seu laurca Phoebo (b)
• et enfin de toutes les fleurs, la rose nce du sang d’Àdo- « nis: mais le monde entier la connaissant comme ho-
• minum divumque voluptas , en conçut une idée si su-
• blime , qu’elle électrisa l’esprit et la main des plus cé- « lèbrcs sculpteurs grecs , de sorte que recherchant avec « soin et réunissant ensemble toutes les beautés éparses çà « et lk> et les plus analogues à la divinité, élevant leur « imagination échauffée au degré le plus sublime, ils en
• formèrent le complément de la beauté divine, telle qu’elle
• convenait k la mère de tons les cires. Les connaisseurs m des sculptures antiques ont cru avoir retrouvé ce chef* « d’oeuvre de beauté seulement dans la Vénus du Capitole « et celte de Médicis } mais nous en admir&mcs une
■ semblable quand le a janvier i8o5 on découvrit dans
• les thermes de l’empereur Dioclétien une tête de femme
■ d’un beau style, bien conservée, dont la chevelure « portait tous les caractères d’une Vénus par son ar- « rangement, par les oreilles percées pour porter des « pendans, par la douce inclinaison de la tête, et enfin « par les traits de son visage qui annoncent certaine- « ment la plus belle des Déesses, la joueuse mère de « l’Amour cl de l’harmonie (c). Homère , dans une de « ses hymnes, l’appelle Vénus Cythérée à cause de sa chc-
(fl) Pi Offert- , U». lit , EL 3 , 9, 3 1 . (A) Firg. Egl. Fil , y. 6a.
(c) Httiud. , q3“.
« veture dorée, et le mystérieux Orphée la qualifie dans « uuc autre hymne de Déesse aux beaux cheveux. Colu* « tus et Épimenide lui donnent re'pilhete de Déesse aux « beaux cheveux KaX/l IXOftoÇj Claudien écrit en sup- « posant que Cupidou son fils, cherchant sa mère, la m trouve enfin au moment où les Grâces sont occupées « à arranger avec élégance ses beaux cheveux :
Caesariem tune forte Venus subnixa corusco Fin g e bat solio ; dextra lcraquc sororcs Stabant Jdaliae : largos haec nec taris imbres Irrigat. Haec morsu numéro si dent i s eburno Multifulum discrirnen arat ; sed tertia rétro Dat varios tiexus , et justo dividit orbes Ordine , neglectam partem studiosa relinqttens.
« Spanhemius, dans ses observations sur l'hymne de Cal» « limnquc k Fallas , rapporte une médaille de Marc-Au- « rele frappée à Laodicée, sur laquelle on voit Vénus « qui dispose sa longue chevelure. Les cocffeuses, Pse~
• chades , recherchaient sa protection à cause du soin que « cette Déesse avait de sa belle chevelure, c'cst ce que a nous atteste l'inscription suivante (a) :
VENERI
SACRVM
CASSIA • 0 • L • PSECHAS.
« Ces coeffeuscs étaient peut-être aiusi nommées du mot « P séchas , qui signifie goutte, parce qu’elles versaient « k gouttes des parfums sur les cheveux, comme au-
• jnurd’hui on employé de la pommade à odeur. La clie- « velure aboudai-tc de notre Vénus est divisée en qua- « tre parties , deux nouées sur le sommet de la télé « forment un groupe agréable, sans avoir besoin d'au- « tre ornement que celui de la nature elle-même, la- « quelle, lorsqu'elle se présente en beau, prouve que
fa) Ruines., p. il 4. Murat. , p. , n. 8.
Musée Chiar. Vol. I.
« tout ce qu’elle produit porte U beauté k la plus grande « pcifcction. Aussi tout autre ornement eut été déplacé « et rut moins bien convenu que le noeud que for-
■ meut les cheveux. Les autres parties, nouées sur l’oc- • ciput, tombent avec volupté sur les épaules en décroisa sant peu & peu, et alors la chevelure se trouve comme « la décrit Apollonius de Rhodes ,
Éparse et partagée sur ses épaules blanches (4). a Les trous des oreilles, que Juvénal appelle molles in m dure fenestrae (5) , sont presque exclusivement un ata tribut de Vénus -, ce qui est prouvé par les vers d’IIoa mère:
. . . Vbi illam Zephjri vis molliter spirantis Tulit per undam muttisoni maris Spuma in molli (c)
« elle fut accueillie avec allégresse par les Saisons lesa quelles , selon le poète ,
. ... In perforatis aulem auriculi :
Florent orùhalci ut i que pretiosi.
a Et dans l'hymne du même poète divin , adressée k celle « Déesse qui courait se jeter dans les bras d'Anckise t a engagée par Jupiter, il fait mention des pendant d’o- « reillcî t ainsi :
llalebat autem fie x ns capreolos indurés. a Les Romains aussi attachaient cette parure aux oreil- « les des plus belles statues de Cythérée , et presque a toutes les têtes de Venus appartenant k des familles « auciennes de Rome étaient ornées de boucles d’oreil- « les. Pline nous l'assure lors que Cléopâtre qui pos-
■ sédait deux des plus grosses et des plus rares perles « connues de son temps dans un souper galant donne « k Marc- Antoine, voulant moutrer qu’elle pouvait con-
(«) JroH Rod. % 111 , P. 45 à 47.
(b) J uvin. , Sal. 1.
W Hrmn. in Ven. !.« laiton de pitu grand prix que V 0 r, F.
Plia. , H. K.tl J4, 5 si.
aay
« sommer en buvant d'un seul coup un million, cen- « ties sestertiâm , en fit dissoudre une dans le vinaigre , « et l'avala devant Antoine. Cette reine amante des rois « qu'elle trompait, ayant clé vaincue ensuite par les Ro-
• mains, la seconde perle étant passée dans les mains « du vainqueur, elle fut partagée; ut esset in utriuujue
■ Veneris auribus Humae in Pantheo dimidia eorum corna s « Mac robe raconte la même chose comme certaine (a), a Lampridius dit que deux perles ayant été données à « l'impératrice épouse d'A’exaudre Sévère , L'niones duos « magni ponderis , et inusitatac mensurae , il ordonna « qu’elles fussent vendues , et ne trouvant personne qui
• put en offrir le prix énorme , pour ne pas laisser in* « troduire le mauvais exemple que l’impératrice fit
• usage d’une chose qui surpassât la plus haute valeur , « il ordonna qu’on en ferait un pre'sent à Vénus , in
• auribus Veneris eos dicavit. Les pendons d’oreille» de
• Vénus étaient ordinairement formé» d’or et de perles a qui lui convenaient parfaitement, ayant eu pour berceau
• la coquille où naissent les perles, étant née dans la « mer, et par celte raison élégamment appelée par Eu-
• ripide ùetrxotpa, tropria, maîtresse de la mer (A);
• Horace la nomme de même (c). Une coquille était son a attribut, ce qui a fait dire à Tibulle
Et faveas c une ha cjrpria vecta tua (d).
« Quaud les Gcans, fils horrible* de laterie, menacèrent
• de faire la guerre aux Dieux, Pisce Venus lutuii (<*), « la belle Déesse se glissa eutre les poissons et les coït quillagcs. Je crois que César elaut né du sang de Vé- « uus avait une si grande passion pour les perle». Suétone
■ dans sa vie écrit qu’il en acheta une Goom. sesterces ,
• [sexagies sestertium ), et qu’il alla jusqu’en Urétague pour
(<r) Maetxtb. , Saturn. , tu-. IJ, ch. 17. {b) Eurip. Hipp. , 1». 5aa.
(v //oral., III , Od- a6-
(d) Tib. , ni, i,v. 34.
(*) Ot -id- , 51 clam. t L. V , p, 33 1 .
aa8 *
« en avoir. Il la dédia dans le temple de Venus Genitrix , « thoracem ex Briitannicis Margaritis factum , dans la « même temple , b ce qu'écrit Appicn, où Cléopâtre envoya « une fameuse image de la Déesse près de laquelle était, « Ef/igiem Cleopatrae , que l'on voyait encore de ses jours. « L'habile sculpteur a marqué dans la chevelure de notre m Vénus le mouvement des ondes, roulant que cette fléxibia lité des cheveux et l'idée de la marine vinssent se réu- « nir dans notre imagination. L'inclinaison de la tête
• annonce son aimable complaisance , mais surtout son m front bas, son oeil, dont la paupière inférieure uu peu a relevée exprime cet agrément appelé par les Grecs
• vypot\ la bouche ayant ce mouvement qui semble appeler « les ébats amoureux, et donner l’ivresse du plaisir, ce « qui la fait nommer par llomcre dans l’Iliade <ptXofi~
• } épithète qui signifie enclin à la gaité, comme « les vers d’Horace :
Sive tu maris Erj-cina riJens Quam J ocm circumvolat et Cupido (a).
« Eu fin ses joues arrondies caractérisent la Déesse reine « de Salamiue et de Chypre. Avec la joie répandue sur « son visage
Omnibus incutiens blandum per pectora amorem {b) « elle ne laisse pas de faire voir celte agréable majesté m ennemie de 1* impudicité , comme a écrit Capella : « Quac qnidem licet amorum , voluptatumque mater om- « nium crederctur , tanien eidem dejerebant pudicitiae
• principatum (ci , et les livres sévères des Sybilles con- « suites par les décemvirs ordonnèrent qu’on élevlt un « simulacre de Vénus dans la via Salaria , quo facilius » y irginum mitlierumque mentes a libidine ad pudicitiam « concerta entur [d) , et celle-là fut nommée Vénus V crli-
• cardia.
(«) L. J, Od. s.
(1) Lucret. , l , «o.
(«) Ma titan. Capella , l. I.
(dj V al. Max., U v. FIJI, c hap. i5, n. n.
« Sons le rapport de l’art, sa béante se fait tant re- « marquer, qu’elle frappe les moins connaisseurs. On j m reconnaît le travail de la troisième manière grecque « qui commença par Praxitèle , et qni réunit si admira- « blcment le sublime avec la beauté. On remarquait dans « la Vénus du Capitole un excellent travail, mais per- « sonne ne ponvait assurer qu’elle IV» t originale , parce « que l’on copiait sans rongir très-exactement les plus « beaux morceaux des artistes les plus excellens. Celle-ci « a dans ses cheveux une taenia ou vitta : mais dans « les cheveux de la tête dont nous nous occupons ici ^ m il n'j a pas de taenia qui aide l'art j mais le marbre « si bien travaillé dans cette riche chevelure nous pré- « sente deux grosses parties de cheveux simplement noués
• sur l’occiput, lesquels bien que fixés dans un seul
• point, laissent voir cette ondulation naturelle et agréa-
• ble, qui dans son exécution , tout en exerçant les qua- « lilés de l’art les plus élevées , sait cacher cependant « l'art , et se montre toute naturelle. Il en résulte une « variété dans les masses , dans les ombres et les lu- « mières , qui excitent la plus grande surprise dans ceux « qui savent connaître la perfection qu'offrent la na- « tare et l'art en même temps dans leur étendue. Deux « autres parties des cheveux faisaient un élégant uoeud
• sur le sommet de la tête, mais étant trop évidé et « travaillé avec beaucoup de délicatesse , le temps la ■ rompu, il en est resté des vestiges au moyen desquelles « on voit qu’il était détaché , et tellement composé, qu’il « serait extrêmement difficile de confier au plus adroit « de nos sculpteurs d’entreprendre de le rétablir, comme « dans un temps le fameux Michel Ange se chargea de « restaurer les pins beaux antiques. Aussi la partie de « la chevelure de cette tête surpasse la coiffure de tou*
• tes les autres Venus. On voit sur la face l’anatomie U e mieux étudiée qu’on a su couvrir agréablement par nue « chair parce des grâces de la jeunesse , et dont les con- « tours naissant les uns des autres insensiblement, rendent
• très-difficile à exprimer 1a jeunesse , en comparaison
■ de la figure mule compose de parties saillantes et an> « gulcnscs. L'artiste liabile en faisant dans celte tcle l'an- « glc de l'os qui couvre l’œil, bien prononcé , a exprima « par-là la finesse des sourcils qui couronnent ses beaux
• yeux j les oreilles , espèces de lèvres qui environnent
• l'ouverture de l’ouie, que la nature a formées avec tant « d'art , et qui offrent le point de difficulté la plus grande « an sculpteur al au peintre , ces oreilles , disons-nous, « sont ici traitées si bien et avec tant de talent, que les « anciens en les perçant les ont cru très-dignes des plus
■ rares orneraens. On les a trouvées percées à cet effet seu- « lement à la Vénus de Médicis, à Leucolhe’e, et k une « tète idéale en basalte dans la ville Albani.
a En un mol celte tète peut être un ouvrage de Pra- « xitèle, non pas parte qu’elle est ornée de pendant d’oreil-
• les, comme cette statue célèbre qu’il forma pour Guide; « niais parce qu'en tout elle lui convient, et qu’elle fait m apercevoir tous 1rs indices de cet original, qui ne se
• rencontrent que dans si peu de statues. Cet original « n'a été certainement jamais reproduit , car s’il l’eut été « avec peu de différence de perfection de l’art, tout ce
• qu'il a de beauté se serait anéanti, comme il arrive à celle « qui tient de très-près à la simple n iture , qui se perd « et s’évanouit pour peu qu’elle souffre d’altération. Pra- « xitèle a sculpté les plus belles statues de Vénus. Aihé> < née nous apprend qu’il prit sou modèle de la Vénus de <i Guide d’après l'iiriiié, que ce fut clic qui enflamma « ce génie supérieur qui le couduisil à l'immortalité, et m qui reiulit si célèbre la ville qui possédait son cbef-d'œu- « vre, comme nous l’annonce Pline,'*/). Cicéron écrivant « contre Verrès dit que les peuples n’eussent jamais vendu « au poids de l’or les clirfs-d’œuvre qu’ils possédaient,
■ il parle de la Vénus de Rcggio, de Cupidou à Thcs- « pies, du tableau de Vénus à Coos, de la Vénus de
• Guide, du Satyre à Tareutc, d’Europe dans la mémo
■ ville: ce simulacre, selon Varron , était en bronze, et
(«) Ai Mot. , Ltb. degli Anim. , Uy. 1 , ch. G.
« y fut place par Pythagoia». Sûrement, à mon avis, le « taureau à face humaine sur le dos duquel est monté « quelquefois Europe , que l’on retrouve sur la plus grande
• partie des médailles de la Grande Grèce , était modelé « d’après ce célèbre simulacre, d’autant plus qu'il a, inala gré ses cornes, l’aspect majestueux de Jupiter. Nous pou* « vous d’après cela conclure que le talent des artistes con- « tribua beaucoup & la célébrité des divinités , et à la « réputation des villes elles-mêmes.
• La tète de notre Déesse est pleine d'une vie tran- « quille , et son auteur n'a pas eu besoin pour l'animer, « de recourir à l'iuvcntion plaisante de l’ingénieux Dédale , « lequel se servit de la mobilité du mercure pour don-
• uer du mouvement à la Vénus eu bois qu’il avait scul-
• ptée (a).
« Il faut donc conclure que notre Véuus sculptée en a marbre grec dur, ait été, à raison de l'cxcellcncc de « son travail, destinée par les anciens à être placée dans a des lieux fort à l’abri , comme en font témoignage les « bijoux qui étaient suspendus à scs oreilles j et comme « on a coutume d’orner d'objets précieux les choses qui a sont elles-mêmes précieuses , cette figure a du avoir « tenu, dans les siècles passés, un des premiers rangs par- « mi toutes les statues de Vernis , elle pourrait bien alors « avoir, eu à ses oreilles une partie des trésors de l'Egypte, « ou le présent iucstimablc d’Alexandre Sévère. Les beaux « arts en ad mirant un ouvrage si étonnant en beautés, ont a à se féliciter qu'une pierre blanche en forme de pya ra mi de adorée à Paplios comme l’image de la plus belle a des Déesses (A) ait etc l’embrion de tous ces chefs-d’œua vrc aujourd’hui si bien connus.
a Les recherches diligentes de M. Giuseppe Pclrini, a qui, comme s'il avait l'art de deviner eu ouvrant la a terre, y découvre toujours des trésors, a encore trouvé, a outre U tète, dont nous venons de parler, une cuisse
(a) Maiiim. Tirio , Dit. FUI , page 8 , § 8. (A) PUn. , ff. , l. 36.
• avec la jambe jusqu'au talon, et un bras depuis le som- « met de l'épaule jusqu’au carpe , tous de forme très* « élégante, qui semblent de la chair, et semblables k « la tête. Le bras dont il est question est placé k pré*
• sent dans le Qnirinal sur une petite base. Si l'on avait « continué les fouilles peut-être eut on retrouvé le reste, a et alors on aurait pu dire avec Plaute
Ab un gui cul a ad cctpillum summum est festhissima (b).
(a) Plant. , in Epidico , acl. V t te. /.