‹ Monument à la gloire de MarieChapitre 64 sur 69 · AGNEAU DE DIEU OUI EFFACEZ LES PÉCHÉS DU MONDE, AYEZ PITIÉ DE NOUS · texte numérisé non relu

AGNEAU DE DIEU OUI EFFACEZ LES PÉCHÉS DU MONDE, AYEZ PITIÉ DE NOUS

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MEDITATION IVII.

AGMS DEl QL'I T0LLI5 PECCATA MUNDI , MISERERE NOBIS.

Ici nous insistons encore pour obtenir le pardon de nos péchés, et nous conjurons l'Agneau divin d'avoir pitié de nous. Cette fois nous n'ajoutons pas le titre de Seigneur: nous voulons, pour ainsi dire, que le divin Jésus oublie sa grandeur et sa majesté, tant offensées par nous, pour ne se souvenir que de son infinie miséricorde, de cette adorable compatissance qu'il s'est donnée si vive et si tendre, en dai- « gnant passer par toutes sortes d'épreuves^. » Ainsi, nous faisons auprès du cœur adorable de notre divin Sauveur un dernier effort qui ne saurait rester inefficace. N'est-ce pas, en effet, comme si nous lui disions : 0 vous qui « vous êtes livré à la mort pour « nous ^, qui vous êtes chargé des péchés de tous les « hommes ^, ah ! sans doute , nous ne méritons nullement d'être exaucés quand nous vous demandons pardon de ceux que nous avons eu le malheur

* Hébr., IV, 15. — *Ephés., v, 2. — M Jean, n, 2.

de commettre; mais nous en appelons à cette pitié ineffable que vous ressentez pour nous ; sauvez-nous, sauvez-nous , Agneau divin ; sauvez-nous du moins par pure compassion, par pure miséricorde!...

Si David disait autrefois à Dieu, avec une sublime confiance basée sur un sentiment sublime de la miséricorde infinie : « Vous serez propice à mon péché, car « il est bien grand ^ ; » si avant l'Incarnation et la Rédemption (mystère oii a tant éclaté cette même miséricorde), il avait une idée si haute , si large, de cet abîme de bonté qui aime à se répandre sur le pécheur pénitent en rosée de grâce et de pardon, quelle idée, quels sentiments devons-nous donc avoir nous-mêmes, quand nous nous adressons à cette bonté infinie manifestée à nous dans la nature humaine d'un Dieu devenu notre victime!... Ah ! voulons-nous comprendre quelle puissance a sur le cœur si tendre et si dévoué de cet Agneau divin tout appel à son adorable compassion? ouvrons l'Évangile. Quel est celui, pendant sa vie mortelle, quel est celui qui lui a jamais dit: Atjez pitié de moil sans obtenir le fruit de sa demande? Deux pauvres aveugles le suivent en criant: «Fils de David, ayez pitié de « nous 2 ! » Il touche leurs yeux, et leurs yeux s'ouvrent à la lumière. Une femme Chananéenne, dont la fille est misérablement tourmentée par le démon, crie à son tour : « Fils de David, ayez pitié de moi ! « Qu'il vous soit fait selon votre désir, lui répond Jé- « sus ^ ; » et sa fille est guérie à l'heure même. « Ayez

1 Ps. XXIV, 11. — 2Matth., IX, 27. — 2 Matth., xv, 22, 28.

« pitié de mon fils, lui dit un père affligé : il souflre « beaucoup ^. » Jésus le délivre au même instant. Prés de Jéricho, un aveugle nommé Bartimé implore aussi sa compassion : « Fils de David , ayez pitié de « moi 2 1 » Jésus commande, et l'aveugle recouvre la vue. Dix lépreux, de loin, élèvent la voix: «Jésus, notre « Maître, ayez pitié de nous^! » et ils obtiennent leur guérison. Cette sympathie admirable pour toutes les misères humaines, cette tendre compassion qui a fait dire de lui par saint Pierre « qu'il n'a semé que des « bienfaits sur son passage ^, » se pourrait-il que, glorifié, Jésus eût cessé de la ressentir? Ah! voyez plutôt comme il se plaît à nous la témoigner de plus en plus, par le prodige continuel de l'adorable Eucharistie ! Dans ce mystère ne met-il pas son sang et tous ses mérites à notre disposition? Ne s'offre-t-il pas tous les jours, et à toute heure, comme victime de propitiation pour nos péchés, et d'impétration pour toutes les grâces dont nous pouvons avoir besoin? JN'y fait-il pas sans cesse pour nous le sacrifice de sa gloire, qui est comme anéantie sous d'humbles espèces; le sacrifice de sa liberté, liée en quelque sorte à la volonté de ses ministres ; le sacrifice de faction de sa justice, si souvent provoquée par les attentats des pécheurs, et suspendue par la longanimité admirable de sa miséricorde? Voilà près de deux mille ans que cet Agneau de Dieu prolonge ainsi, sans intervalle, en ajoutant sans cesse miracle à miracle, son incomparable dévouement à notre salut; et nous pourrions douter de

' Matth., XVII, 14. — - Marc, x, 47. — ' Luc, xvii, 13. — '■ Âct., X, 38.

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la vivacité, de la tendresse, de la générosité de sa compassion pour des cœurs touchés de repentir et désireux de son amour?... Disons-lui donc en nous abandonnant à la plus douce confiance :

« Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde ^ ,» ayez pitié de nous, qui sommes tant à plaindre et si indignes des regards de votre bonté. Ah! si vous ne considériez que votre justice infinie, vous devriez frapper les ingrats qui vous ont rendu le mal pour le bien, la froideur, l'outrage pour l'amour. Mais nous implorons cette pitié, cette inépuisable miséricorde dont votre cœur surabonde envers les pécheurs pénitents; nous implorons ce sang adorable dans lequel s'éteignent tous les feux « de la colère divine ^, et par lequel s'opère « la rémission des péchés ^ ; » et pour que notre voix trouve encore plus sûrement accès auprès de vous, nous l'unissons à celle de la trèssainte Vierge , notre si bonne et si douce mère , et par ses lèvres sacrées nous vous offrons ce pieux gémissement que l'Église place sur celles de ses enfants, à quelque condition qu'ils appartiennent :

Agneaa de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez piiié de nous! Agnus Dei qui tollis peccata mundi , miser-ere nohis !

»Jean, i, 29. — ^Apoc, xv, 7. — ^ Col , i, 14.

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