‹ Monuments antiques de l'Algérie: Tébessa, Lambèse, Timgad; conférence faite au Palais deChapitre 5 sur 5 · MM · texte numérisé non relu

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fournissait l'eau nécessaire à l'établissement dont le fond se termine en hémicycle. Cette partie demi-circulaire contenant sept boutiques (fig. XXXVI) très bien aménagées était couverte par une charpente que soutenaient quatorze consoles d'un très beau st}'le bysantin trouvées dans les fouilles par M. Duthoit. On voit encore les boutiques rayonnantes du fond avec les tables sous lesquelles on était obligé de passer pour s'installer et opérer la vente des denrées. Le service des monuments historiques vient d'achever les déblais du marché et d'une annexe assez importante dont l'élévation principale donnant sur la grande voie en avant de l'arc de triomphe, était décorée de quatre colonnes. Mais les fouilles à venir nous réservent encore bien dçs surprises et nous sommes loin d'avoir pénétré tous les secrets de Thamugadi dont la renommée nous a valu, au mois de mai de l'année dernière, l'honneur de la visite de M. Léon Bourgeois, alors n\inistre de l'Instruction publique et des Beaux- Arts, visite dont le pays conservera longtemps le souvenir.

Déjà, depuis cette époque, à la reprise des travaux interrompus par l'épidémie qui sévissait cet été en Algérie, nos terrassiers ont mis à découvert (et cela tout récemment) les bâtiments des thermes de la ville avec leurs mosaïques de dallages parfaitement conservées, des statues, vases sculptés, inscriptions établissant la date de l'érection du monument sous le règne de Septime Sévère (198 après

Ici se termine l'énumération des édifices méthodiquement

déblayés jusqu'à ce jour par les soins du Ministère des Beaux Arts ; toutefois nous ne quitterons pas Timgad sans mentionner les cinq basiliques chrétiennes dont on voit les restes, et notamment celle édifiée, sous le patriciat de Grégoire, au vu* siècle, dans la direction sud du Capitole. Nous citerons aussi le fort bysantin, œuvre immense, dont les murs renferment, comme toutes les constructions analogues de l'Afrique, un grand nombre de fragments intéressants enlevés aux ruines les plus voisines. Il mesure 80 mètres sur 120 ; une

tour carrée protège chaque angle ainsi que le milieu des courtines. Après la basilique de Grégoire, c'est l'édifice le plus récent de Timgad : il fut élevé par Solomon après la destruction précipitée de la ville antique par les Maures au début du vi* siècle et, jusqu'à la fin du viii% resta l'un des derniers refuges de la civilisation chrétienne contre les armées envahissantes de l'Islam.

C'est à notre pays qu'il appartenait de faire revivre cette civilisation et de dicter des lois à ces Kabyles dont les ancêtres n'avaient, avant nous, subi aucun joug, pas même celui de Rome qui les vainquit, les refoula, mais ne les dompta jamais.

Parmi les devoirs que comporte la tâche grandiose qui nous incombe, nous avons celui de garder précieusement et de transmettre intacts aux âges futurs les trésors archéologiques qui nous sont confiés et qui sont répandus avec une si merveilleuse profusion sur le sol de l'antique Numidie.

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