‹ Monuments d'architecture et de sculpture en Belgique (volume 2)Chapitre 23 sur 26 · NAM U R · texte numérisé non relu

NAM U R

décadence; il semble qu’une pieuse sollicitude ait relevé, chaque lois, ce tpie les désordres, le vandalisme, a\ aient abattu, et, comme aux premiers temps de son élection, la vieille collégiale offre un imposant et poétique aspect. Si elle est dépouillée de quelques-uns de ses ornements et de ses crin res d’art, les ruines amoncelées à ses pieds, les beaux vergers qui l’avoisinent, les humbles habitations bâties autour de son enceinte rehaussent, par contre, son importance par d’heureux contrastes.

Parmi les parties décoratives du monument, celle qui appelle le plus les regards est le jubé placé à l’entrée du chœur. Par son caractère de somptuosité, il offre tant d’analogie avec celui de Dixmude qu’on lui attribue d’abord la même origine, mais un examen plus attentif détruit celle hypothèse. Dans l’un, en effet, l’art ogival, parvenu à son dernier degré de richesse, n’a pas encore dénaturé ses éléments constitutifs; dans l’autre, au contraire, la marque de la transformation est déjà apparente : le choix historique des statues, les médaillons appliqués aux murs, les eolonneltes mêlées aux dentelures gothiques, constatent l’envahissement du style de la renaissance. Encore disposée à la manière ancienne, l’œuvre est déjà habillée à la mode nouvelle, et, grâce à cette anomalie, elle permet d’étudier celle phase si intéressante et si courte de ha transition.

Pour subvenir aux irais d’une si coûteuse production sculpturale, la fabrique de l’église de Walcourt. a dû compter sur les offrandes des fidèles qui s’y rendent, depuis des siècles, en interminables processions, et elle a eu raison, en effet, de compter sur la continuité de celle généreuse ferveur. De nos jours encore plus de vingt mille pèlerins vont, chaque année, adresser leurs prières et leurs vœux à Notre-Dame, la Vierge miraculeuse.

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