‹ Monuments d'architecture et de sculpture en BelgiqueChapitre 16 sur 39 · ÉGLISE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

ÉGLISE SAINT-PIERRE

Il est peu d’anciens et de beaux monuments auxquels la tradition ou la poésie n’aient prête une origine mystérieuse; selon quelques auteurs, l’église de Saint-Pierre date des premiers temps du christianisme et a remplacé un temple considérable consacré au dieu Mars : MARS PETRO CESSIT, PRO CLAYIBUS HASTA RECESSIT.

Il > a beaucoup a rabattre de cette ancienneté, mais le monument, considéré en lui-même, n’y saurait perdre; l’époque de sa fondation, recherchée dans des temps plus historiques, lui attribue encore un âge fort respectable.

Vers l’an 1000, le comte de Louvain, Lambert I'‘r, dit le Barbu, lit élever sur l’emplacement actuel une église importante, érigée plus lard en collégiale par un diplôme de Lambert II. En ii3o, un incendie détruisit cet édifice, lequel fut bientôt reconstruit et de nouveau consumé par les flammes en iSyS. Le monument actuel, dont on ignore Page précis, appartient tout entier au style ogival secondaire.

I) apres I opinion de certains archéologues, deux siècles environ se seraient écoulés entre les premiers travaux (consacrés à la partie qui s’étend de l’entrée du chœur jusqu'au grand portail) et l’achèvement du transept méridional. Non-seulement ces assertions sont dépourvues de preuves et basées exclusivement sur d’ingénieuses déductions, mais elles n’ont point de corollaires dans le monument même : celui-ci semble construit d un seul jet et forme un ensemble imposant et harmonieux.

A I intérieur, le vaisseau de l’église, long de 3oo pieds et large d’environ 7 5, se divise en trois nefs; vingt-huit piliers, composés de faisceaux de colonnelt.es, s’élancent du sol et vont, en s épanouissant a leur sommet, former les nervures de la voûte. Une galerie finement découpée court autour de la nef, des transepts et du chœur, et se couronne de grandes fenêtres ogivales. A la ligne d’intersection formée par les transepts cl devant le chœur s’élève le jubé surmonté d’une grande croix élevée, peinte et dorée, ainsi que le style l'indique, à la lin du quinzième siècle.

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I) apres le plan el le modèle déposés a I liolel de ville de Louvain, ( extérieur du mon u meut devait être plus remarquable encore : trois tours, dont deux de /,3o pieds ('I la troisième de 535, devaient couronner le grand portail et, en s’élançant dans les airs, dépasser de beaucoup les (lèches des cathédrales de Strasbourg, de Vienne et d Anvers, (belle colossale construction ne s’éleva que jusqu’à la hauteur des toits; soit <pie les ressources eussent manqué alors, soit que l’époque lut moins favorable à la réalisation d une aussi grande entreprise, l’on se borna à surmonter la base d’une deche construite en bois cl couverte d’ardoises. Déjà rudement entamée par les ouragans des années 1070 et 1078, cette tour tomba avec fracas en 1604, et l’édifice décoiffé prit des lors un aspect de dégradation qui n’a lait que s’empirer, mais auquel l’on s occupe enfin de porter remède. Au moment où nous écrivons ces lignes, les travaux d’une complète restauration viennent d’être commencés.

Malgré beaucoup de recherches, on s’était, jusqu’en ces derniers temps, inutilement enquis du nom de l’architecte; toutefois une certaine analogie de style avait permis d attribuer au meme artiste la construction de l’église Saint-Pierre cl celle de l’église Sainte- W and ru de Mous. De récentes découvertes ont établi que Mathieu de Lavens a\ail pris une part importante a 1 édification de ce dernier monument, el, par suite, il y a tout lieu de croire que l’église primaire el l’admirable hôtel de ville de Louvain sont dus à un seul et meme maître.

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